On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Les quatre articles prennent donc aujourd’hui acte des controverses et des différences rhétoriques, argumentaires ou, enfin, des positionnements des multiples acteurs (États, organisations, partis, etc.) pour découvrir et analyser ce que cela révèle de l’Europe en tant qu’espace géographique, politique et culturel. On notera alors que les auteurs possèdent des vues quelque peu divergentes sur l’Europe, montrant que dans l’espace scientifique, également, rien n’est vraiment résolu même en atténuant l’aspect émotif de cette candidature qui ferait pourtant basculer le fonctionnement même de l’Europe. Car, curieusement, les contributions de Politique européenne ne présentent aucunement cet angle, certes technique : avec le traité de Nice, la question démographique est devenue la règle de l’attribution des sièges de députés au P.E mais également dans le système de vote – par répartition – lors des Conseils. Cette donnée est capitale pour comprendre les réticences de la France ou de l’Allemagne, autant que l’intérêt d’autres pays.
On pourra enfin regretter, bien que la piste ait été évoquée , que L’Europe au miroir de la Turquie ne comporte aucune entrée proprement turque. La relance de la dynamique du processus d’intégration européenne depuis le sommet d’Helsinki a contribué à développer en Turquie un nouveau champ d’investigation sur les études européennes, en particulier au sein de la science politique turque, concernant les relations entre la Turquie et l’UE. Il aurait été intéressant de connaitre le regard turc sur l’Europe, les modalités du processus d’européanisation, ou les formes de convergence sociales, politiques, culturelles en Turquie. Ces convergences et divergences, ainqi que les débats et arguments nationaux auraient également contribué à éclairer l’Europe sur ce qu’elle est ou bien comme elle est perçue. Il faudra alors lire les livres de Jean Marcou et Jean-Paul Burdy, La Turquie à l’heure de l’Europe (Presses Universitaires de Grenoble, 2008), et de Alexandre Mirlesse, En attendant l’Europe (La Contre-Allée, 2009)![]()
* À lire également sur nonfiction.fr :
- Michel Rocard, Oui à la Turquie (Hachette Littératures, 2008), par Riva Kastoryano.
- Michel Rocard, Oui à la Turquie (Hachette Littératures, 2008), par Diego Melchior.
- Jean-Frédéric Schaub, L’Europe a-t-elle une histoire ? (Albin Michel, 2008), par Xavier Carpentier Tanguy.
- Jean-Frédéric Schaub, L’Europe a-t-elle une histoire ? (Albin Michel, 2008), par Christophe De Voogd.
- Olivier Ferrand, L’Europe contre l’Europe (Hachette-Terra Nova, 2009), par Yves Bertoncini.
- Olivier Ferrand, L’Europe contre l’Europe (Hachette-Terra Nova, 2009), par Éric L'Helgoualc'h.
- Hamit Bozarslan, Conflit Kurde : le brasier oublié du Moyen-Orient (Éditions Autrement, 2009), par Théo Corbucci.
- Alexandre Mirlesse, En attendant l’Europe (La Contre-Allée, 2009), par Alina Girbéa.
- "Bruno Cautrès et Nicolas Monceau : Europe et Turquie, jeux de miroirs", par Nicolas Leron.
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