Rédacteur

Rédacteur en chef

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

C N L

CNL
La rentrée des plagiats
[mercredi 07 septembre 2011 - 17:00]

Le raccourci qui consiste à associer les crises de l’édition et de la presse n’en est peut-être pas un quand il s'agit de plagiat. Suite aux révélations d’Acrimed et de L'Express sur le goût de Joseph Macé-Scaron pour le roman plagié, l’hebdomadaire dirigé par Christophe Barbier accuse le directeur adjoint de la rédaction de Marianne d’user des mêmes méthodes dans ses articles. Jérôme Dupuis, le reporter qui avait déjà révélé l’affaire PPDA, donne un exemple flagrant de copier/coller dans un article de Macé-Scaron, "Catulle, le Rimbaud de Vérone", publié le 8 juillet 2006 dans Marianne : "Il se passe toujours quelque chose chez Catulle : une noce, une danse, des ragots d'alcôve et de caniveau, un copain cocu, des blagues de potaches bourrés au falerne pur. (...) Mais après la bonne fortune viennent les chagrins d'amour, la mort d'un frère, un voyage au loin pour oublier et la beauté des mythes grecs traduit avec une infinie tendresse : 'Bien que le lourd chagrin qui sans trêve me ronge/Me tienne loin, mon Ortalus, des doctes vierges.' Catulle a gardé intacte sa veine sarcastique, mais il est atteint au plus profond. C'est le roman d'un homme blessé qui donne à voir ses plaies sans forfanterie. On est touché au coeur."

Ce passage est copié quasiment mot à mot d’un article de Laurence Liban publié par le magazine Lire   en juillet 2004. Et Jérôme Dupuis de citer d’autres emprunts directs à des articles de Lire ou au journal suisse Le Matin. De la pratique communément répandue à l’emprunt en passant par l’intertextualité, Joseph Macé-Scaron semble avoir épuisé tous ses moyens de défense.

 

A lire en exclusivité sur nonfiction.fr :

- Nos révélations sur une biographie plagiée de Mishima chez Gallimard

- "Un Mishima emprunté", par Thomas Garcin. 

- Les suites de notre enquête

 

A lire aussi :

- Jérôme Dupuis, "Plagiat : Macé-Scaron le journaliste aussi...", L'Express.fr.
 

Commenter Envoyer à un ami imprimer Charte déontologique / Disclaimer digg delicious Creative Commons Licence Logo

2 commentaires

Avatar

lecok

25/09/11 11:15
Plagiez, plagiez toujours, on s’en rendra bien compte un beau jour ! Enfin, peut-être...

"Il avait (...) beaucoup écrit (...), gonflé qu’il était [par] l’enthousiasme, l’inspiration et les [belles] illusions du néophyte… Sur [plusieurs] sujets, il avait produit des dizaines de textes qu’il avait proposés (...) à différents organes de presse (...), toutes tendances confondues (...).
Des articles, il en avait écrit de tous genres et de toutes les longueurs : interviews, enquêtes, reportages, articles de fond, billets d’humeur, éditoriaux…
Sa détermination à se battre pour l’obtention d’un emploi de journaliste avait [à la longue] commencé à être ébranlée par la mention portée sur tous les journaux : « l’envoi non commandé par écrit de tous documents (illustrations, textes…) ne saurait en aucune façon engager la publication et n’entraîne aucune obligation. »
Imputant (...) l’indifférence vis-à-vis de ses écrits à cette disposition, il ne trouvait pas anormal après tout qu’un journal ou un autre, ancien surtout et à réputation établie, dédaignât d’employer d’autres journalistes que les journalistes-maison ou des personnalités de notoriété nationale et internationale confirmée.
Cependant, l’impression de relire ses propres textes dans certains journaux (...), de reconnaître des idées qu’il avait ruminées, ordonnées, couchées sur le papier, toutes ses analyses personnelles de l’actualité, ne l’avait pas peu exaspéré ! … Il avait retrouvé parfois jusqu’à ses tournures caractéristiques et pas du tout classiques dans des paragraphes entiers extraits, eût-on dit, de ses articles !
[Mais], comment croire [un quelconque rédacteur en chef] capable de se livrer à la capitalisation de ses écrits à son seul profit, comment insinuer qu’il l’avait vampirisé sans remords, qu’il en avait été un tant soit peu capable ? (…) Comment, sans se couvrir de ridicule, aurait-il [pu] accuser des périodiques (...) d’avoir plagié et parfois piraté ses textes (...) ? Lesdits articles n’ayant jamais paru dans les mêmes journaux ni avec les mêmes signatures, il avait craint en outre de passer pour un mythomane.
Pourtant, dans son entourage familial et amical, (...) on n’avait pas été sans remarquer non plus que certaines de ses observations et réflexions pertinentes à l’occasion de discussions avec lui sur l’actualité nationale et étrangère avaient toujours paru quelque temps plus tard, telles quelles, dans des magazines à grande diffusion ! (...)"

Cet extrait provient de "Dossier de Presse", une des 18 nouvelles contenues dans un recueil, "Le bogue réparateur", paru chez L’Harmattan en 2006.
Et l'on réalise, encore une fois, que la réalité rattrape et dépasse souvent la fiction!
Avatar

ghislainhammer

10/09/11 00:06
LMS : un looser, Pauvre Marianne !

Déposez un commentaire

Pour déposer un commentaire : Cliquez ici