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L'existence même de la réunion du 28 juillet sur les Roms était indigne d'un gouvernement qui se réclame de la République, les annonces faites par Brice Hortefeux sont dans la continuité. 
Pouria Amirshahi, secrétaire national du PS aux droits de l'homme

À quoi mènent les développements de la pensée de Christine Delphy ? Se limitent-ils à approfondir, depuis près de trente ans, ce que les dix premières années de son travail nous avaient déjà fait comprendre : la nécessité d’une déconstruction du système patriarcal par le matérialisme féministe radical ? Ce deuxième volume (qui reproduit un choix d’articles “plus théoriques” publiés à partir du début des années 80) aboutit-il à autre chose qu’à épingler l’oppression des femmes moins par un système capitaliste que par un système profitant d’abord et avant tout aux hommes ?
En un sens, non. Delphy reprend et étaye les thèses qu’elle avait déjà exposées dans la première partie de L'ennemi principal, sans doute de manière plus claire, sans doute avec une verve encore plus pointue, mais sans rien changer non plus à son hypothèse de base qui consiste à déconstruire un système d’oppressions économico-politiques en révélant les mythes qui le fondent dans sa pseudo-naturalité et en décortiquant les rapports de pouvoir qui le forgent. Les femmes sont l’objet d’une oppression constante qu’il s’agit de dénoncer en ce qu’elle profite au groupe des hommes et en ce qu’elle va jusqu’à déterminer leur identité : être une femme, c’est avant tout être sujet à l’oppression.
Toutefois, avec le temps, à force d’être répétées, explicitées, voire même, parfois, un peu rabâchées, les analyses de Delphy gagnent en précision et en fluidité. La lecture de ce second volume s’avère donc non seulement plus plaisante que celle du premier, mais aussi, si possible, plus convaincante. Il a aussi l’avantage de pouvoir être directement utilisé dès sa préface comme une boîte à outils pour s’emparer des “contradictions du réel” et les interpréter. À plusieurs reprises les mises en garde du livre contre les aliénations aux mythes, aux hommes, aux lois ou à la nature offrent des pistes concrètes pour rester vigilant dans la recherche de libertés pour tous. Ainsi dès sa préface, Delphy invite-t-elle à employer la plus grande prudence face aux revendications identitaires qui aboutissent souvent à un enfermement conduisant certes à la différence, mais pas à l’égalité. Delphy questionne les droits attribués aux minorités et ceux qu’elles revendiquent : comment faire en sorte qu’ils ne corroborent pas les hiérarchies existantes ? Avec la simplicité d’une artisane du savoir, elle tend de quoi scier les certitudes : “(…) les oppressions sont uniques comme les individus”.
Si le livre de Delphy contient des outils pour la pensée, la boîte dans laquelle ils se rangent n’est faite que d’une matière : la préséance du social sur l’être humain. On rassemble les outils de Delphy en acceptant que les catégories de notre pensée et de notre perception de la réalité, même les plus évidentes, soient toutes issues du social. Tout y passe, de la maternité, aux enfants, sans oublier la division du travail, la distinction public / privé, les valeurs... Bref, la boîte à outils de Delphy vient déboulonner le mythe de la naturalité.
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