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critique à nonfiction.fr

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On parle souvent des victimes directes des printemps arabes mais rarement des 2000 morts migrants, tués par non-assistance à personne en danger qui, abandonnés par l’Europe, se sont échoués dans des conditions épouvantables. L’Union européenne a fait des printemps arabes une tragédie qui a été celle des migrants tragiquement noyés, dont les oppresseurs ne sont ni Moubarak, ni Ben Ali mais les responsables européens.

Bertrand Badie, sur nonfiction.fr, le 31 janvier 2012. 

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Christine Delphy : principale ennemie d’une pensée majoritaire
[vendredi 06 mars 2009 - 05:00]
Féminisme, Politique sociale
Couverture ouvrage
L'ennemi principal , L'économie politique du patriarcat, tome 1
Christine Delphy
Éditeur : Syllepse
276 pages / 19 € sur
Résumé : Vrai bonheur pour ceux qui souhaitent comprendre les motivations concrètes du féminisme, la publication des articles de Delphy risque d’en agacer plus d’un.  
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Depuis près de quarante ans, Christine Delphy reprend avec patience et opiniâtreté la lutte contre ce qu’un de ses maîtres aura épinglé d’une expression célèbre - selon elle, sûrement trop tard, trop facilement et de façon irrémédiablement trop fermée - “la domination masculine” . Précis et rigoureux, parfois même un peu austères, les articles de Delphy témoignent d’une pensée qui, à chaque ligne, essaye de réfléchir à contre-courant, de s’opposer aux évidences qui empêchent les opprimés de s’apercevoir du poids qui pèse sur leurs épaules et qui, parfois, les pousse même à apprécier leur propre oppression. Bref, autant d’invitations à penser autrement. Son travail est republié en deux volumes. Cette première partie (qui reprend des textes allant de 1970 jusqu’à 1978) se limite à tracer la carte du patriarcat : l’auteure y définit les contours de l’exploitation des femmes par l’homme.

La sociologue et féministe, chercheuse au CNRS, n’épargne personne : bien pensants et défenseurs du politiquement correct, passez votre chemin. Delphy a choisi de prendre la parole pour dénoncer l’exploitation des femmes, et elle porte ses raisonnements jusqu’à leurs conséquences ultimes sans la moindre intention de prêter l’oreille à ce qu’Ils (les hommes mais aussi ses collègues sociologues et les femmes qui se satisferaient de leur condition) pourraient dire de sa remise en question des vérités a-historiques, naturalistes, biologistes, essentialistes ou soi-disant neutres. Les années n’ont pas fait pâlir la rage de la féministe et, contrairement à ce que le “bon sens commun” voudrait trop vite nous faire croire, la lecture de ses textes nous enseigne que les choses ne sont peut-être pas si fondamentalement changées que cela concernant les modalités d’exploitation et d’oppression des femmes et des autres minorités.

En effet, l’un des écueils critiques à éviter serait celui de considérer les textes de ce premier volume, en particulier ceux sur la succession du patrimoine ou sur la question du travail domestique des femmes en milieu rural, comme “vieillis”. L’analyse matérialiste proposée par Delphy est certes rattachable à un contexte et à une époque encore très marqués par mai 68, mais ce qu’elle dénonce du point de vue du fonctionnement, la manière dont elle dégage des structures, et la façon dont elle signale les oppressions ne manquent pas de nous remettre face à notre quotidien. En cela, son “matérialisme féministe” n’a rien perdu de son efficace. Avec cette dernière expression, il faut entendre : l’analyse du système abstrait qui est déterminé par un ensemble de rapports de production visant à exploiter, voire exproprier, les femmes de leur travail.

Les analyses de Delphy renversent systématiquement le rapport de cause à effets. Elle s’empare des évidences partagées de tous pour montrer comment, en réalité, celles-ci ne s’agencent pas de façon naturelle mais selon une logique qui justifie l’exploitation de telle ou telle minorité. Elle pointe bien comment les rapports sociaux entre les classes ne fonctionnent pas indépendamment de la constitution des classes. La domination, ou plutôt l’exploitation, n’existe donc pas naturellement entre deux groupes donnés mais  est à la base de la constitution de ces groupes, de leurs rapports et de leur identification.

Titre du livre : L'ennemi principal , L'économie politique du patriarcat, tome 1
Auteur : Christine Delphy
Éditeur : Syllepse
Collection : Nouvelles Questions Féministes
Date de publication : 22/01/09
N° ISBN : 2849501980
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4 commentaires

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John Mullen

01/04/09 07:00
J'ai tenté de répondre aux analyses de Christine Delphy d'un point de vue marxiste dans cet article "Vivons-nous dans une société patriarcale"

http://pagesperso-orange.fr/john.mullen/s8patriarcat.html

JM
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pierreeu

25/03/09 12:26
N'oublions pas que, comme disait Lacan, "LA femme n'existe pas"
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La Rédaction

08/03/09 19:48
Vous avez tout à fait raison concernant le pluriel qui devrait être utilisé pour parler de cette journée. Nous n'avons fait que reprendre la terminologie officielle (Unesco, etc.), à tord peut-être.
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grouchenka

07/03/09 10:11
Mon commentaire ne concerne pas - que son auteur veuille bien m'en excuser - cet ouvrage mais la page d'accueil, où on lit la Journée de LA femme! Non, le 8 mars est la journée DES femmes. De ce singulier à ce pluriel, il y avait le refus - essentiel - d'inféoder toutes les femmes à un modèle unique, répondant - même si c'est désormais tu - à la définition que donnait de la femme un médecin du début du XXème siècle: " un appareil génital phonogène et locomobile"...
Cette Journée de la femme, comme on le lit à peu près partout, un troublant retour du refoulé????? Pas dans nonfiction, please!!!

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