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Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes. 
Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.
Comme chaque année depuis leur création en 1998, Les Rendez-vous de l’Histoire de Blois, qui fêtaient donc leur dix ans, ont réuni historiens spécialistes et grand public animé par "un désir d’histoire" (Joël Cornette). Or, comme c’est le cas depuis leur naissance, les Rendez-vous ont de nouveau attiré un public nombreux puisque le nombre de participants dépasserait cette année les 25 000 personnes de l’an passé.
Pour cette édition 2008, le thème développé du jeudi 9 octobre au dimanche 11 était "Les Européens". Parmi les plus de deux cents débats et conférences qui étaient proposés, la majeure partie traitait bien entendu directement du thème directeur du festival mais certains traitaient d’événements d’actualité.
Retour sur "l’affaire Gouguenheim"
Un débat a particulièrement attiré notre attention car il revenait sur la polémique née de la parution du livre de Sylvain Gouguenheim - non celui sur les Chevaliers teutoniques (Tallandier), mais Aristote au Mont-Saint-Michel (Seuil) - qui a ébranlé la communauté historienne cette année. Le principal intéressé ayant refusé de participer au débat organisé par Le Monde des livres, les quatre participants étaient Roger-Pol Droit, philosophe et chercheur au CNRS, journaliste au Monde, qui avait en quelque sorte lancé la polémique par son article dans Le Monde des livres le 4 avril 2008, Patrick Boucheron, maître de conférences d’histoire médiévale à l’université Paris-I, Annliese Nef, maître de conférence à l’université Paris-IV, spécialiste de l’islam médiéval et Dominique Urvoy, islamologue et professeur à l’université de Toulouse-Le Mirail. Jean Birnbaum, journaliste au Monde des livres, fut chargé de l’animation d’un débat qui fut assez tendu, aussi bien entre les différents intervenants que lorsque le public, au sein duquel s’étaient notamment glissés des médiévistes, échangea avec les quatre personnalités présentes.
Patrick Boucheron a regretté l’absence de Sylvain Gouguenheim, qui a empêché toute controverse entre deux thèses opposées et qui correspond, selon lui, à une stratégie de victimisation du professeur de l’École normale supérieure de Lyon. En admettant qu’il y ait stratégie, on peut dire que celle-ci fonctionne, au moins chez une partie du public présent. Dominique Urvoy nuança parfois certaines positions prises par les historiens présents, Roger Pol Droit se plaçant plutôt sur un autre terrain (qui n’avait rien à faire selon nous dans un débat historique) : celui de la légitimité d’écrire sur l’islam ou plutôt et surtout de critiquer celui-ci. Or, comme l’ont montré Anneliese Nef et Patrick Boucheron, le livre, qualifié de "pamphlet déguisé en livre d’histoire" par ce dernier, n’a rien d’un livre d’histoire, ne respectant pas la déontologie et les méthodes très rigoureuses propres au travail historique. Ainsi, quand on sait l’importance de l’appareil critique d’un ouvrage historique, Anneliese Nef fit remarquer qu’ici les notes étaient parfois utilisées à contre-emploi . Figurent dans la bibliographie des éléments qui n’ont rien à y faire et inversement, ce qui amena Annliese Nef à la conclusion laconique sur l’ouvrage : "Tout est faux, rien n’est juste".
8 commentaires
JJG
Je cherche un historien qui pourrait me donner des renseignements sur le chemin d'Etampes à Blois qui ne passait pas par Orléans mais par Pussay, Orlu, Léthuin, Allaines, Baccon, Cravant et Séris.
Merci de nous aider.
JJ Gaudion
Maire Adjoint de Pussay (Essonne)
Byzance
Anonyme
Lien vers une critique du livre de SG par Rémy Brague bon connaisseur du sujet.
Pas un livre d'histoire Point ? Point, point... Trois petits points....
Voici la conclusion en clair :
"L’affaire Gouguenheim aura eu au moins le mérite d’attirer l’attention d’un vaste public sur une question historique de grand intérêt. Elle était jusqu’alors, soit confinée aux monographies savantes, soit au contraire abandonnée aux bateleurs médiatiques qui en présentent des caricatures tendancieuses. Le livre de S. Gouguenheim, se plaçant sur le terrain de la bonne vulgarisation, se proposait de rectifier les secondes en puisant dans les premières. Il n’est pas l’ouvrage définitif et exhaustif dont on pourrait rêver. Mais tant que ce livre parfait restera au pays des rêves, celui de S. Gougenheim a l’avantage de contester quelques certitudes trop rapidement acquises."
Au fait c'est quoi le projet caché de Brague ?
jayavarman
sur Telerama.fr
http://www.telerama.fr/idees/les-historiens-en-colere-lancent-l-appel-de-blois,34646.php
Byzance
"Le problème dépassait ici de loin le problème de la médiocrité ou non de l'ouvrage". Et c'est quoi le problème ? Pouvez vous nous en dire un peu plus ?
Sinon pouvez vous nous dire sur quel point Dominque Urvoy nuança les propos des autres historiens ?