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Critique à nonfiction.fr

La phrase

Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 

Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.

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Patrick Boucheron : "établir des rapports entre l'histoire savante et l'enseignement secondaire''
[lundi 13 octobre 2008 - 15:00]

 

nonfiction.fr : Est-ce votre première participation aux Rendez-vous de l’histoire de Blois ?

 

Patrick Boucheron : C’est la troisième fois.

 


nonfiction.fr : Que représentent les Rendez-vous de l’Histoire pour vous ? Pourquoi y participez-vous ? 

 

Patrick Boucheron : C’est essentiellement pour établir des rapports entre l’histoire savante et l’enseignement secondaire, les rendez-vous de l’histoire permettent ce lien entre les universités et les enseignants. Avant on avait d’autres structures de contacts mais elles n’existent plus désormais.

 


nonfiction.fr : Vous avez participé à la conférence revenant sur l’affaire Gouguenheim ? Quel bilan pouvez-vous tirer de cette affaire et comment expliquer le succès important d'Aristote au Mont-Saint-Michel dans le public malgré les critiques importantes dont il a fait l’objet ? 

 

Patrick Boucheron : Cette affaire montre que la méthode historique ne fait pas consensus chez les historiens. Le livre  a connu un succès chez les journalistes et le public car il était facile d’en faire un "pitch" comme l’on dit dans les milieux de la presse. Il était formaté pour répondre à une demande sociale de manière simple. Or, l’histoire académique ne peut répondre de manière simple à cette demande sociale. L’enjeu pour l’histoire scientifique c’est de faire des contre-récits intelligibles et informés à un discours qui est là sur l’islam depuis le 11 septembre. Pour moi, l’affaire est une épreuve au sens sociologique du terme, dans un an on aura des ouvrages historiques revenant sur le rôle de la civilisation arabo-musulmane dans la transmission du savoir grec, au-delà d’une simple réfutation des thèses de Gouguenheim.

 

 

nonfiction.fr : Pour vous il y a donc bien eu une transmission arabo-musulmane du savoir grec à l’Occident ? 

 

Patrick Boucheron : Indiscutablement.

 

 
* Propos recueillis à Blois le 10.10.2008.

 * À lire également sur nonfiction.fr : 

 

- "Rendez-vous de l'histoire de Blois 2008 : choses vues"

- l'entretien avec Élie Barnavi ;

- l'entretien avec Joël Cornette.

 

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