Joël Cornette : ''un contact avec ceux qui vivent l'Histoire comme un désir''
[lundi 13 octobre 2008 - 16:00]
nonfiction.fr : Est-ce votre première participation aux Rendez-vous de l’histoire de Blois ?
Joël Cornette : C’est la deuxième fois.
nonfiction.fr : Que représentent pour vous les Rendez-vous de l’Histoire ?
Joël Cornette : C’est l’occasion de rencontres, ça concerne beaucoup de monde, on a un contact avec le public, avec la vraie société, avec ceux qui vivent l’Histoire comme un désir, un besoin, un public assez spécialisé. Regardez les 20 exemplaires de mon livre sont déjà partis (ndlr : Le marquis et le régent, ouvrage sur la tradition orale bretonne, qui sort le 16 octobre en librairie).
nonfiction.fr : N’a-t-on pas aujourd’hui une accentuation du décalage entre le public et les historiens ? je prends pour exemple votre ouvrage sur Louis XIV par rapport à celui de Max Gallo - qui est loin d’être spécialiste - et qui connaît pourtant un succès certain auprès du public ?
Joël Cornette : Joker. Non, ce que je peux dire c’est que comme il y a des publics, il a aussi plusieurs histoires, il n’existe pas une vérité. Le public a la liberté de choisir, moi je fais une histoire que je revendique scientifique, je ne veux pas jeter d’anathèmes contre les autres, il y a des histoires. Et ce qui est justement intéressant ici, à Blois, c’est qu’on est au carrefour de ces différentes histoires et des différents publics, on a plutôt des rendez-vous des histoires en fin de compte.
Joël Cornette : Pour moi, il faudrait vraiment une explication de Sylvain Gouguenheim, j’ai été très surpris que le débat se tienne sans lui, il faut qu’il s’explique.
nonfiction.fr : Vous avez participé ce matin à un débat intitulé "Pourquoi tant de guerres en Europe ?", vous avez évoqué notamment le rôle de la concurrence entre États à l’époque moderne, des conflits comme facteur de progrès de la civilisation européenne et de son expansion. Pouvez-vous revenir sur cette idée ?
Joël Cornette : Oui, les guerres entre les États européens ont eu un rôle essentiel dans le progrès de l’Europe. Je ne donnerais qu’un exemple : à l’Académie des sciences sous Louis XIV, quasiment toutes les recherches étaient tournées vers l’amélioration de l’outil militaire au sens large, que ce soient la ballistique, les méthodes de consolidation de citadelles,…

* Propos recueillis à Blois le 11.10.2008
2 commentaires
Ludwig Speter
Quant à Monsieur Urvoy, je pense avoir exprimé assez largement son sentiment dans le résumé de la conférence, mais pourquoi pas s'il, l'acceptait, un entretien avec lui.
Si par ailleurs vous possédez des informations que vous jugez dignes d'intérêt, il vous est possible d'en faire part au site. Cependant, je ne pense que les autorités de l'ENS n'auraient jamais dû s'impliquer ainsi, ce n'est pas un problème qui les regarde mais un problème qui se déroule au sein de la communauté des historiens, cette affaire a pris une démesure qu'elle n'aurait jamais dû prendre.
Je le rappelle une nouvelle fois: la question est le livre de Gouguenheim est-il ou non un livre historique ? Toutes les controverses annexes n'ont aucun sens à mes yeux.
BYzance
M. Cornette pour chacun de vos bouquins passables vous passerez vous expliquer auprès du proviseur et ensuite vous battrez votre coulpe en public devant les autres élèves. Sinon c'est une tape sur les doigts...
Nonfiction ce serait bien une interview de Dominique Urvoy, vous ne trouvez pas. ça donnerait un coté moins uniforme aux opinions exprimées. Qu'en pensez vous ?
Et au fait dites nous ce qu'a dit ENS Lyon Sciences Humaines à SG ? Rien ou pas grand chose, j'ai le pdf. Mais ça c'est trop demander, le feu oui mais l'eau pour l'éteindre...