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Rédacteur

Critique à nonfiction.fr

La phrase

Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes.

Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.

Les idées sur le Web

Sous le règne de la divine économie qui nous gouverne
[mardi 07 octobre 2008 - 05:00]
Philosophie
Couverture ouvrage
Le Règne et la Gloire. Pour une généalogie théologique de l'économie et du gouvernement. Homo Sacer II, 2
Giorgio Agamben
Éditeur : Seuil
443 pages / 24,70 € sur
Résumé : Giorgio Agamben révèle l’archéologie théologique du système économique.
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D’autres que Giorgio Agamben ont cherché une généalogie du pouvoir, où le règne et la gloire se confondent, sous le jour tout puissant de l’économie. Mais personne n’avait encore remonté le paradigme théologique de l’oikonomia aussi loin, tout en instruisant un passage entre des concepts religieux autant que politiques. Celui qui fut l’apôtre Philippe, dans L’Évangile selon Saint Matthieu de Pasolini, a engagé depuis longtemps une historiographie de la profanation du système économique dominant. Il est d’ailleurs étonnant que personne n’ait véritablement entrevu cette archéologie, qui met désormais en lieu et place du divin, la "démocratie spectaculaire marchande". Cette formule de Guy Debord sur la démocratie de consensus, qui rappelle la tyrannie de l’opinion décrite par Tocqueville, est ce qui se rapproche le plus de ce que désigne Giorgio Agamben dans son dernier livre Le Règne et la Gloire – Pour une généalogie théologique de l’économie et du gouvernement. Pour Agamben, comme pour Debord, qui lui déclara un jour qu’il était un "stratège" et non un philosophe, le "Spectacle" est en fait une métaphysique de la marchandise, qui induit croyance, adoration et servitude.

Pour démontrer ce parallèle, Agamben revient sur cette oikonomia latine, parvenue au stade suprême d’une économie moderne qui intègre le règne, la gloire, jadis dévolues à la sphère théologique, pour aujourd’hui se présenter en tant que "machine gouvernementale" inféodée à l’économisme mondial. Il écrit : "En 1967, avec un diagnostic dont la justesse nous apparaît aujourd’hui évidente, Guy Debord constatait la transformation à l’échelle planétaire de la politique et de l’économie capitaliste en une "immense accumulation de spectacles", où la marchandise et le capital lui-même prennent la forme médiatique de l’image. Si nous rapprochons les analyses de Debord de la thèse de Schmitt sur l’opinion publique comme forme moderne de l’acclamation, le problème de l’actuelle domination spectaculaire des médias sur tous les aspects de la vie sociale apparaît sous un nouveau jour. Ce qui est en question, ce n’est rien de moins qu’une nouvelle et inouïe concentration, multiplication et dissémination de la fonction de la gloire comme centre du système politique."

 L’économie dont l’étendue du spectre hante la moindre régulation de ce monde n’a pu prendre ce pouvoir sans limites qu’à travers une série de glissements sémantiques empruntés aux ordres de la théologie. Ceux-ci se font dès les premières gloses, peu après l’apparition christique. La trinité chrétienne embraye une "machine providentielle" qui sépare les pouvoirs, ceux du Père, du Fils à qui revient le logos, et du Saint-Esprit. Si l’on voulait simplifier à l’extrême, on désignerait ce mode opératoire par, un dieu "qui règne, mais ne gouverne pas", selon la célèbre formule, mais qui prédit déjà cette "main invisible" du libéralisme, qu’Adam Smith décrira dans La richesse des nations. Puis vient le Fils, qui en se détachant du Père se trouve en position de "bras armé" terrestre, celui qui accomplit par l’incarnation le programme gouvernemental du monde, et enfin le Saint-Esprit qui réunit par la "gloire", ces deux entités de la Providence, du salut et de la rédemption. 

Titre du livre : Le Règne et la Gloire. Pour une généalogie théologique de l'économie et du gouvernement. Homo Sacer II, 2
Auteur : Giorgio Agamben
Éditeur : Seuil
Titre original : Il Regno e la Gloria
Nom du traducteur : Joël Gayraud et Martin Rueff
Collection : L'odre philosophique
Date de publication : 25/09/08
N° ISBN : 2020961938
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2 commentaires

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Tietie007

01/07/09 14:31
Schmitt revient à la mode chez les anti-impéralistes de gauche ! Je pense le terme droite-gauche ne veut plus dire grand chose, dans une société du consensus, comme Alain de Benoist, les concepts de Centre et Périphérie me paraissent pllus juste. Il y a ceux qui adhèrent au système du consensus, consommateur-citoyen sans complexe, et ceux qui sont férocement contre ce système consensuel, compromis mou, dépolitisé, qui tend à araser les différences et à s'étendre à l'infini, asservissant de nouvelles populations au consumérisme ambiant. Dans cette périphérie nous retrouvons un spectre de radicalité qui va des léninistes du PRCF, aux mouvances d'extrême-droite, en passant par les trotskystes et les souverainistes.
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BYzance

12/10/08 13:12
Sur Schmitt et l'extrême gauche, celui que j'ai vu devant moi le reprendre était un certain Daniel Bensaïd. Et s'il pensait contre Scmitt, c'était tout contre...

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