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Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes. 
Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.

D’autres que Giorgio Agamben ont cherché une généalogie du pouvoir, où le règne et la gloire se confondent, sous le jour tout puissant de l’économie. Mais personne n’avait encore remonté le paradigme théologique de l’oikonomia aussi loin, tout en instruisant un passage entre des concepts religieux autant que politiques. Celui qui fut l’apôtre Philippe, dans L’Évangile selon Saint Matthieu de Pasolini, a engagé depuis longtemps une historiographie de la profanation du système économique dominant. Il est d’ailleurs étonnant que personne n’ait véritablement entrevu cette archéologie, qui met désormais en lieu et place du divin, la "démocratie spectaculaire marchande". Cette formule de Guy Debord sur la démocratie de consensus, qui rappelle la tyrannie de l’opinion décrite par Tocqueville, est ce qui se rapproche le plus de ce que désigne Giorgio Agamben dans son dernier livre Le Règne et la Gloire – Pour une généalogie théologique de l’économie et du gouvernement. Pour Agamben, comme pour Debord, qui lui déclara un jour qu’il était un "stratège" et non un philosophe, le "Spectacle" est en fait une métaphysique de la marchandise, qui induit croyance, adoration et servitude.
Pour démontrer ce parallèle, Agamben revient sur cette oikonomia latine, parvenue au stade suprême d’une économie moderne qui intègre le règne, la gloire, jadis dévolues à la sphère théologique, pour aujourd’hui se présenter en tant que "machine gouvernementale" inféodée à l’économisme mondial. Il écrit : "En 1967, avec un diagnostic dont la justesse nous apparaît aujourd’hui évidente, Guy Debord constatait la transformation à l’échelle planétaire de la politique et de l’économie capitaliste en une "immense accumulation de spectacles", où la marchandise et le capital lui-même prennent la forme médiatique de l’image. Si nous rapprochons les analyses de Debord de la thèse de Schmitt sur l’opinion publique comme forme moderne de l’acclamation, le problème de l’actuelle domination spectaculaire des médias sur tous les aspects de la vie sociale apparaît sous un nouveau jour. Ce qui est en question, ce n’est rien de moins qu’une nouvelle et inouïe concentration, multiplication et dissémination de la fonction de la gloire comme centre du système politique."
L’économie dont l’étendue du spectre hante la moindre régulation de ce monde n’a pu prendre ce pouvoir sans limites qu’à travers une série de glissements sémantiques empruntés aux ordres de la théologie. Ceux-ci se font dès les premières gloses, peu après l’apparition christique. La trinité chrétienne embraye une "machine providentielle" qui sépare les pouvoirs, ceux du Père, du Fils à qui revient le logos, et du Saint-Esprit. Si l’on voulait simplifier à l’extrême, on désignerait ce mode opératoire par, un dieu "qui règne, mais ne gouverne pas", selon la célèbre formule, mais qui prédit déjà cette "main invisible" du libéralisme, qu’Adam Smith décrira dans La richesse des nations. Puis vient le Fils, qui en se détachant du Père se trouve en position de "bras armé" terrestre, celui qui accomplit par l’incarnation le programme gouvernemental du monde, et enfin le Saint-Esprit qui réunit par la "gloire", ces deux entités de la Providence, du salut et de la rédemption.
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Tietie007
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