La phrase

Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS.

Jacques Julliard, entretien à  nonfiction.fr

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Arctique : Pékin met le cap au Nord
[mercredi 19 septembre 2012 - 08:30]
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 Le 17 août dernier, le monde apprenait que pour la première fois, un brise-glace chinois venait de traverser l'océan Arctique par la voie maritime la moins aisée : la mer de Barents. Cette expédition n’était pour autant pas la première opération arctique de l’empire du milieu, qui a multiplié ces derniers temps les initiatives polaires : expéditions, recherche sur le l'écosystème de l'Arctique, construction d’une station de recherche…

Historiquement contrôlé par les États-Unis, le Canada et la Russie, l'Arctique est en passe de devenir le nouveau terrain de jeu de la puissance chinoise. Pékin s'intéresse en effet de plus en plus à cette région, riche en matières premières, stratégique à la fois commercialement et militairement, et dont le contrôle lui confèrerait une influence sans pareil sur le commerce mondial et les relations internationales de demain.

Ce nouvel expansionnisme chinois n’a pas manqué de susciter les craintes des riverains de l’océan Arctique et l’hostilité des autres grandes puissances traditionnellement tutrices de la région. A tel point que nombre de publications évoquent ces derniers temps "une nouvelle Guerre froide"  , montrant toute l’importance que revêt aujourd’hui cette région dans les luttes entre grandes puissances puisque son contrôle pourrait façonner les relations internationales du XXIème siècle. Retour sur les raisons précises qui poussent Pékin à s’implanter dans une zone et sur la stratégie que met en place l’empire du milieu pour atteindre son objectif.


Une motivation essentiellement commerciale

La première explication de l’implantation chinoise en Arctique est militaire. Point de contact entre les continents américain, européen et asiatique, "l'Arctique est un hub qui dessert tous les océans. Si la Chine parvient un jour à y installer un sous-marin nucléaire, elle pourra alors dissuader l'Europe, la Russie et les États-Unis", a déclaré au Point un expert militaire en poste à Pékin  . Pour autant, si cette situation militaire stratégique peut en partie expliquer le choix de l’empire du milieu, actuellement lancé dans un grand programme de développement de ses capacités offensives et défensives, de prendre pied dans la région, elle n’est pas non plus sa principale motivation.

Quid des ressources naturelles ? La course aux matières premières explique souvent les ressorts de l’expansionnisme chinois. On peut ainsi penser que le fait que près de 30 % des réserves mondiales de gaz naturel et 13 % des gisements de pétrole non découverts dorment dans le sous-sol arctique, selon une étude publiée en 2008 par l'US Geological Survey, constitue un enjeu stratégique pour l’empire du milieu, prêt à tout pour sécuriser son approvisionnement en énergie, moteur de sa croissance économique. Toutefois, cette richesse en matières premières ne fonde pas elle non plus l’intérêt de la Chine pour l’océan Arctique. Frédéric Lasserre, professeur de géographie à l'université Laval au Québec, explique en effet que les gisements, quoiqu’importants, ne sont pas colossaux et surtout, qu’ils sont situés pour près de 95 % dans les mers territoriales des États côtiers et ne sont donc pas accessibles à la Chine. Pour les exploiter, cette dernière devrait acheter des permis d'exploitation et la technologie permettant des opérations d'extraction en eau profonde, qui lui fait aujourd'hui défaut. C’est pourquoi les entreprises chinoises préfèrent se concentrer sur des gisements avérés et plus faciles à exploiter. Mieux vaut alors, pour expliquer le moteur des ambitions chinoises, chercher ailleurs, du côté des routes maritimes notamment.

Jean-François GUÉRIN
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