Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS. 
Jacques Julliard, entretien à nonfiction.fr
Frédéric Dufoing, dans son ouvrage L’écologie radicale, expose avec une certaine clarté pédagogique les fondements de l’écologie, mouvement omniprésent qui tend à se disséminer dans tous les domaines, mais dont les origines, l’étendue et les conséquences sont mal connues du grand public. Cet ouvrage bref et concis explicite avec précisions les idées, les valeurs et la spécificité de l’écologie en exposant ses ancrages théoriques, ses caractéristiques, et ses influences politico-sociales. L’auteur insiste tout particulièrement sur les courants dits radicaux de l’écologie, courants qui connaissent un attrait particulier depuis quelques années en France.
Frédéric Dufoing insiste dès son introduction sur l’inscription idéologique des théories écologiques en examinant la vision contextuelle du monde partagée par le groupe social, ses valeurs et ses référents. Il ne se contente pas de décrire un courant mais l’inscrit dans un cadre conceptuel. Cette approche en profondeur permet de mieux appréhender l’écologisme et ses variantes.
Introduction à l’écologie radicale : naissance d’un mouvement
Si l’écologie comme science naît officiellement en 1866 avec la définition qu’en donne Ernst Haeckel, l’écologie radicale, ou la deep ecology est, elle, un courant encore mal connu en France, qui a du mal à rompre avec le cartésianisme anthropocentrique dont elle ne s’affranchit qu’avec précaution tant dans le domaine de la protection de l’environnement que dans celui plus spécifique de l’éthique animale, .
L’ouvrage de Frédéric Dufoing constitue une introduction parfaite tant par sa présentation des différents courants de pensée liés à l’écologie que par sa bibliographie qui s’étoffe depuis moins d’une décennie en France, notamment sous l’impulsion de philosophes comme Catherine Larrère , la première en France à avoir publié en 1997 un ouvrage consacré à la philosophie de l’environnement , rejointe ensuite par Hicham-Stéphane Afeissa qui a réuni aux Éditions Vrin des textes fondamentaux de l’éthique de l’environnement en 2007 et a ouvert la collection Dehors aux Editions MF consacrée à l’éthique environnementale et à l’écologie politique avec son ouvrage La communauté des êtres de nature en 2008.
Ancrage théorique de l’écologie radicale : l’éthique de l’environnement ou le renouvellement du rapport de l’homme à la nature
L’écologie radicale ou deep ecology est un courant étroitement lié à l’éthique environnementale. Elle implique en effet ‘‘une nouvelle manière de se rapporter à la nature, (…) une nouvelle vision du monde qui conduit à s’interroger de manière originale sur ce qu’est la nature, sur ce qu’est l’homme et sur la façon dont ce dernier devrait vivre au sein de son environnement naturel’’ changement qui n’apparaît pas dans la définition traditionnelle de l’écologie en tant que science — discours (logos) sur l’habitat (oïkos). L’éthique de l’environnement a pour finalités, entre autres, de déterminer les communautés des êtres envers lesquels l’homme a des devoirs (moraux, juridiques) et les critères conditionnant cette attention morale, comme par exemple la caractéristique d’être vivant, élargissant alors les entités concernées au biosystème dans son ensemble. Cette extension de la communauté à laquelle l’éthique accorde son attention, et l’analyse des raisons de leur valeur intrinsèque, sont initiées par Aldo Léopold dans son Sand County Almanac (cf. Aldo Lépold, Almanach d’un comté des sables, Paris, Flammarion, 2000).
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Pauline Milon
Alessandro Grassi