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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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"Heureux comme un Juif en France ?"
[mardi 05 avril 2011 - 09:00]
Histoire
Couverture ouvrage
Face au pouvoir
Pierre Birnbaum
Éditeur : Galilée
197 pages
Résumé : Dans un recueil d’articles passionnants, l’auteur parvient à traiter des sujets délicats comme ceux de l’identité juive ou de la nature profonde du sionisme.
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Avec une trentaine de livres à son actif, Pierre Birnbaum est un historien du judaïsme reconnu. Son ouvrage portant sur Les Fous de la République, sous-titré "Histoire politique des Juifs d’État de Gambetta à Vichy" (Seuil, 1992), fait depuis longtemps figure de référence dans l’historiographie de la Troisième République. Plus récemment, il s’est intéressé à la période de l’Empire, avec L’Aigle et la Synagogue : Napoléon, les Juifs et l’État (Fayard, 2007). S’appuyant sur ces deux ouvrages et les complétant par des recherches supplémentaires, il a publié entre 2003 et 2009 une dizaine d’articles qui se trouvent à présent réunis dans ce livre, Face au Pouvoir. Comme il l’annonce en ouverture, il entend "en finir une fois pour toutes avec la conception ‘lacrymale’ de l’histoire juive qui ne veut voir que malheur, persécution et tristesse accablant sans cesse les Juifs au cours de leur histoire", une perspective que l’on peut sans peine rapprocher de celle d’Esther Benbassa dans La Souffrance comme identité (Fayard 2007)  .

Comme souvent dans un recueil de textes, certains lecteurs pourront regretter l’absence de transitions entre les chapitres. Il n’y a pas non plus véritablement de texte permettant de saisir l’unité, pourtant bien réelle, de ces écrits : les deux pages d’avant-propos n’y suffisent pas et le texte proposé ‘en guise de conclusion’, intitulé "Autour d’Habermas : l’État-nation et l’Europe après Auschwitz", ne remplit pas non plus vraiment ce rôle. Toutefois, pour aborder ce livre qui n’en demeure pas moins passionnant, on pourra ici évoquer deux thèmes, l’identité juive et le sionisme, avant d’ouvrir le débat autour de quelques points qui méritent discussion.

Des évolutions dans l’identité juive ?

Birnbaum traite tout d’abord la légendaire question de la double allégeance, véritable puits sans fond dans lequel des antisémites trouvent de quoi nourrir leur prose nauséabonde : pour des Juifs religieux, la question qui se pose est "Comment reconnaître la légitimité d’un roi en demeurant fidèle au Roi des Rois ?"  . Alors que l’on aurait pu s’attendre à ce que Birnbaum s’intéresse à l’abandon de la religion, suite par exemple à la diffusion de l’esprit de la Haskala (les Lumières juives), il préfère s’en tenir essentiellement à la période contemporaine en abordant les identités ‘traits d’union’  . C’est en effet le développement d’identités transnationales qui va rendre les multiples allégeances plus faciles à assumer  . Dans ce cadre, l’Europe a bien sûr son rôle à jouer et l’auteur aborde le sujet par une question qui peut sembler étonnante : "L’Europe contemporaine peut-elle devenir un lieu d’épanouissement de la vie juive, un nouveau ‘pilier’ qui complète les États-Unis et Israël, un continent de cocagne pour les ‘Nouveaux Juifs’ ?"  . Certains lecteurs rétorqueront que la question n’a pas à être posée puisque de facto, l’Europe a permis depuis quelques décennies l’épanouissement d’une vie juive (notamment sur le plan culturel).

Ces ‘Nouveaux Juifs’ auquel Birnbaum fait référence sont ceux qui ont été décrits par Diane Pinto dans les années 1990. L’auteur les évoque ainsi :  "les ‘nouveaux Juifs’, tout à la fois des ‘insiders’ et des ‘outsiders’, revendiqueraient leur identité, serviraient de ‘pont’ vers les autres dans cette Europe multiculturelle où ils connaissent de nos jours une véritable ‘success story’."  . Pour autant, la construction européenne pourrait selon l’auteur mettre en danger l’identité juive puisqu’il écrit : "la conception habermassienne de l’espace public européen qui présuppose le déclin de l’État-nation et le transfert de loyauté vers les instances européennes qui pourraient se transformer en un État fédéral pose de redoutables problèmes aux Juifs, en particulier à ceux qui, comme les Juifs français, sont tellement attachés à la logique de l’État-nation." (pp. 176)). C’est dans cette perspective qu’il aborde la ‘Shoah’   et Birnbaum fait part ainsi d’une hypothèse : "devenue un ‘pont’ entre Juifs et non-Juifs, un peu dans l’esprit d’Habermas, la Shoah connaîtrait une sorte d’inscription européenne."  

Titre du livre : Face au pouvoir
Auteur : Pierre Birnbaum
Éditeur : Galilée
Date de publication : 18/03/10
N° ISBN : 9782718608143
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1 commentaire

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mao

05/04/11 14:55
les deux thèmes abordés dans la recension me laissent perplexe par rapport au titre du livre!
je ne l'ai as lu,mais il me semble tellement riche en documentation
que je perds un peu pied quant à la trame qui fait sûrement son intérêt
le titre choisi pour en rendre compte me laisse aussi pensive!

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