On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.
Ed Miliband, 40 ans, a été élu à la tête du parti travailliste britannique le 26 septembre dernier en battant d'une courte tête, avec 50.654% des voix, son frère aîné David Miliband alors favori du scrutin. Son élection a été placée sous le signe du changement : changement de génération, changement de ligne politique, en rupture aux années du New Labour de Blair et Brown, avec à la clef un exercice d'inventaire.
Ed Miliband, de par son parcours, son cercle d'appartenance et son discours politique, outre son irréprochable intégrité qui l'a tenue à l'écart des scandales liées aux dépenses des parlementaires, est considéré comme appartenant à l'aile gauche du Labour, proche des syndicats et opposée aux blairistes emmenés par son frère David Miliband. Tony Blair disait d'ailleurs qu'une victoire d'Ed Miliband serait « catastrophique ». Sa victoire est violemment critiquée par les Tories comme une gauchisation archaïque du Labour. Ses contempteurs du Sun le surnomme « Red Ed ».
I. Dans l'ombre de Brown
Ed Miliband est issu d'une famille d'intellectuels marxistes. Il s'est engagé au Labour à l'âge de 17 ans tout en faisant de brillantes études (Oxford, LSE). Pendant sa jeunesse, il est notamment critique de films sur LBC Radio et membre d'un membre d'un groupe de musique amateur formé avec deux amis entre 1992 et 1996, nommé « Squashed Psyche ». Son parcours politique commence comme stagiaire auprès de Tony Benn, ancien secrétaire d'Etat à l'industrie (1974-1975), puis à l'énergie (1975-1979) dans le cabinet Callaghan. Ce dernier fut considéré comme l'une des principales figures de l’aile gauche du Labour dans les années 1970 et 1980, et connu comme l’une des rares personnalités politiques à s’être radicalisée au gouvernement plutôt que dans l’opposition, notamment par réaction avec le fonctionnement et l’action de la Communauté européenne.
En 1993, Ed Miliband devient rédacteur de discours pour Harriet Harman, Shadow Chief Secretary to the Treasury, puis en 1994 pour Gordon Brown, Shadow Chancellor of the Exchequer, et devient son conseiller spécial lorsque celui-ci entre au gouvernement en 1997. Ed intègre ainsi le premier cercle des « brownites » en étant la plume attitrée de Brown. En 2004, après une année de césure à Harvard, il prend la présidence du comité des conseillers économiques du Trésor royal. En 2005, il est désigné comme candidat du Labour contre Michael Dugher, un conseiller spécial du secrétaire d'État à la Défense Geoff Hoon, pour la circonscription du Doncaster North, un fief travailliste de longue date. Recevant le soutien sur place de Gordon Brown pendant sa campagne, il gagne avec 55,5% des voix. En juin 2007, avec l'arrivée de Gordon Brown au 10 Downing Street, il est nommé Ministre du Cabinet Office et Chancellor of the Duchy of Lancaster (ministre sans portefeuille). Puis, d'octobre 2008 à mai 2010, il occupe le tout nouveau poste de Secrétaire d'Etat à l'énergie et au changement climatique. Il participe à ce titre au Sommet de Copenhague sur le changement climatique et se distingue avec des positions fortes : il fait part de son intention de légiférer pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80% d'ici à 2050, contre 60% précédemment annoncés ; et accuse la Chine d'avoir fait capoter le sommet. Le 6 mai 2010, il est réélu député avec 47% des voix. Le 15 mai 2010, il se lance dans la course au leadership du Labour.
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