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Critique à nonfiction.fr

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Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 

Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.

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Coopération économique et réindustrialisation au Nord
[lundi 15 février 2010 - 05:00]
Economie
Couverture ouvrage
Sorties de crise. Ce qu'on ne nous dit pas. Ce qui nous attend
Patrick Artus, Olivier Pastré
Éditeur : Perrin
330 pages / 17,10 € sur
Résumé : Un ouvrage qui donne une vision un peu décapante sur la crise et, en tout cas, fait réfléchir.
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Si le déroulement de la crise financière et l’analyse de ses causes ont suscité de nombreux ouvrages au cours des quinze derniers mois, les livres consacrés à son développement dans l’économie réelle et aux mesures qu’il conviendrait de prendre pour en limiter les effets ont été pour l’instant beaucoup moins nombreux. La discussion sur ces questions reste cantonnée aux publications scientifiques et aux comptes-rendus des journaux, qui, passant sans arrêt d’un sujet à un autre, finissent par dissuader le lecteur d’essayer de se faire une idée un tant soit peu cohérente.

Ce livre fait alors exception et mérite ainsi de retenir l’attention, même si l’on ne partage pas la phobie du protectionnisme qui semble animer ses auteurs (qui sont à peu près les seuls aujourd’hui à percevoir ce risque). Celle-ci nous vaut une première partie consacrée à l’histoire du libre-échange et du protectionnisme dont il n’est pas sûr au demeurant qu’elle remplisse son objectif de nous mettre absolument en garde contre celui-ci.

La deuxième partie de l’ouvrage se penche sur la vraie nature de la crise. Les auteurs y expliquent que, même si un certain nombre de bugs menacent toujours la planète financière, les causes principales de la crise incombent bien à l’économie réelle. Et consistent notamment dans le mode de croissance dangereux adopté par la plupart des pays développés, avec d’un côté des services sophistiqués engendrant des emplois hautement qualifiés et de l’autre des services domestiques utilisant des emplois peu qualifiés, et entre les deux un véritable effondrement de l’industrie et des emplois industriels. Dans ce contexte, “l’insuffisance de la taille des secteurs sophistiqués […] explique que la proportion d’emplois peu qualifiés augmente, d’où la faiblesse des hausses moyennes de salaires et l’accroissement des inégalités, effet accentué par l’utilisation du crédit comme substitut aux salaires.”  Une situation qui tient principalement à l’insuffisance d’investissement dans les pays développés, qui s’explique elle-même par une rentabilité exigée du capital anormalement élevée. Se rajoute ensuite à ces causes l’absence de contrôle de la liquidité mondiale, qui résulte des déséquilibres en termes d’épargne entre les pays.

Comment évaluer alors les réponses à la crise qui ont été adoptées depuis plus d’un an maintenant ? Sur un plan macroéconomique, elles sont globalement de type non coopératif, commentent les auteurs : les pays à faible taux d’épargne ont substitué un accroissement de la demande publique à la baisse de la demande privée, mais sans réduire leur déficit global, tandis que les pays à fort taux d’épargne (comme la Chine ou l’Allemagne) n’ont accru leurs déficits que de manière modérée. “Le monde semble, à ce jour, avoir spontanément basculé vers l’équilibre non coopératif de réponse à la crise.” 


On voit ainsi se profiler un scénario noir : “les gouvernements semblent, en effet, prêts à mener les réformes d’ordre microéconomique (transparence sur les produits financiers, contrôle accru des risques, correction des réglementations déstabilisantes…) et institutionnel (rôle accru des pays émergents dans les institutions internationales, ressources plus importantes pour ces institutions) nécessaires. Mais on ne voit à ce jour aucune possibilité d’amélioration de la situation macroéconomique ; les déséquilibres globaux s’accroîtront encore et conduiront à un excès de liquidité mondiale encore plus important, alors même qu’aucune volonté de coordination des politiques monétaires, budgétaires ou de change n’existe.” 

Titre du livre : Sorties de crise. Ce qu'on ne nous dit pas. Ce qui nous attend
Auteur : Patrick Artus, Olivier Pastré
Éditeur : Perrin
Collection : Synthèses économiques
Date de publication : 22/10/09
N° ISBN : 2262030170
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1 commentaire

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Fred

15/02/10 23:17
Je suis d'accord avec les auteurs qu'il faut éviter le retour du protectionnisme qui a causé tant de problèmes à la suite de la crise de 1929. L'origine de la crise que nous connaissons aujourd'hui me semble essentiellement financière, en ce sens qu'elle résulte d'une tentative par les marchés financiers de placer au mieux des excédents de liquidité en inventant, sous l'œil bienveillant ou endormi des régulateurs, de nouveaux instruments financiers qui devaient en principe assurer une meilleure gestion des risques et partant permettre de faire des investissements plus risqués mais plus rémunérateurs, comme les fameux subprimes. Ces tentatives ont conduit à une spirale spéculative, provoquant une bulle financière qui a finit par éclater. Heureusement, grâce aux mesures énergiques mises en place par les dirigeants des principaux pays mis en cause, je pense qu'on a réussi à éviter le pire et à réduire considérablement l'incidence de la crise sur l'économie réelle, beaucoup mieux en tout cas qu'en 1929, notamment en gardant ouvert les frontières. Maintenant trois problèmes majeurs subsistent me semble-t-il. Premièrement il faut gérer au mieux la sortie de crise et retrouver un équilibre budgétaire dés que la situation économique le permettra. Ça veut dire pour des pays comme la France, résorber le déficit structurel qui plombe notre économie. Deuxièmement, il faudrait tenter de résorber les déséquilibres financiers internationaux, notamment ceux qui sont liés aux excédents commerciaux asiatiques et qui ont joué un rôle non négligeable dans la crise actuelle. Enfin, il faudra se pencher sur les inégalités qui ont tendance à s'aggraver de façon inquiétante dans un grand nombre de pays. En dehors des questions politiques et éthiques que cet accroissement des inégalités engendre, il est claire qu'il est néfaste sur le plan économique car il encourage une création excessive de crédit (encore les subprimes) et nécessite de mettre en œuvres des mesures de redistribution du revenu qui créent des distorsions fâcheuses dans le fonctionnement de nos économies. Malheureusement ce n'est pas un problème facile à résoudre car il semble lié à la nature du progrès technique qui permet de remplacer de plus en plus des emplois non qualifiés par des machines alors que notre système éducatif ne semble pas en mesure de relever suffisamment vite le niveau de qualification effective de ceux qui rentrent sur le marché du travail.

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