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La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Vers la démocratie numérique ?
[lundi 27 avril 2009 - 23:00]
Décryptage du web
Couverture ouvrage
De la démocratie numérique
Nicolas Vanbremeersch
Éditeur : Seuil
104 pages / 13,30 € sur
Résumé : Comment le web transforme-t-il l'espace public ? Le blogueur Nicolas Vanbremeersch répond dans ce bref essai.
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La description des dynamiques du web est assez claire et convaincante. Si Nicolas Vanbremeersch est (incontestablement) optimiste, il n’est pas pour autant naïf : on ne s’affranchit pas totalement sur le web de ses marqueurs sociaux et par ailleurs on y prolonge plus souvent sa vie sociale "réelle" qu’on ne s’en crée une "virtuelle".

Ces évolutions, succinctement résumées, soulèvent au moins trois questions politiques qui, à ce titre, auraient mérité une plus grande place dans cet essai sur la "démocratie numérique".

La première, que Nicolas Vanbremeersch aborde, peut être formulée en détournant le titre d’un livre célèbre de Ferdinand Tönnies : communauté ou société ? En effet, l’agrégation d’internautes par centre d’intérêts, en grappes, en "communautés" ou encore le contournement des grands médias généralistes au profit d’agrégateurs de flux rss se font-ils dans une logique communautaire et ce faisant, contre (ou à côté de) la société ? L’espace public numérique ne serait-il pas en fait un lieu de repli sur l’entre-soi ? C’est une des interrogations exprimées notamment par Cass Sunstein dans Republic.com 2.0 . Pour l’auteur, cette menace est à nuancer tant l’appartenance aux "communautés" sur le web est à la fois non-exclusive et souple (l’individu garde la capacité de réviser librement ses choix).

La deuxième interrogation touche à l’articulation de la vie publique et de la vie privée. À travers leur participation accrue sur le web, les internautes rendent public, de fait, une part importante de leur vie. La question de l’ "e-reputation" devient donc d’autant plus cruciale qu’on ne réfléchit même plus avant de "googliser" quelqu’un : c’est devenu une pratique usuelle. Et si ces différentes traces ne sont pas forcément laissées au même endroit, les recoupements sont toujours possibles, comme l’a montré l’ "affaire Marc L." (qui témoignait par ailleurs du rôle encore majeur des médias institutionnels dans l’établissement d’une hiérarchie et d’une légitimation de l’information, comme l’ont pointé certains observateurs attentifs). Or on regrette que ce point ne soit qu’à peine effleuré à la toute fin du livre.

Le troisième point de discussion sur lequel aurait pu se pencher Nicolas Vanbremeersch concerne l’égalité des acteurs sur le web ou – pour le dire autrement et peut-être mieux – la "neutralité du réseau" et, de façon connexe, la "fonction […] vitale" , donc incontournable, de Google pour le web . La technique est-elle vraiment neutre ?

En dépit de ces petites frustrations, l’intérêt de ce livre est bien réel. On en recommandera donc la lecture. "[É]crit comme un blog" , l’objectif de cet essai n’est-il finalement pas rempli puisqu’il nourrit, précisément, des discussions ?.

 

* À lire également sur nonfiction.fr :

- Nicolas Vambremeersch, De la démocratie numérique (Seuil), par Maxime Drouet.

* Lire le dossier complet de nonfiction.fr sur le numérique

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