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Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 

Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.

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Des solutions nationales à la crise mondiale?
[vendredi 27 mars 2009 - 09:00]

Dans un article du 12 mars dernier paru dans The Economist l’économiste Dany Rodrik fait entendre une opinion qui tranche avec le consensus régnant quant aux solutions à apporter à la crise financière mondiale. Contre le sens commun qui voudrait qu’à un désordre globalisé on réponde par une régulation internationale, Rodrik soutient que cette solution n’est ni faisable ni souhaitable. Pas faisable parce que peu d’Etats accepteront qu’une instance internationale s’immisce dans le fonctionnement de leur système financier. Pas souhaitable parce que les solutions choisies en commun risquent d’être inadéquates dans des situations particulières à chaque Etat. Plutôt que la création d’une nouvelle instance de régulation financière mondiale, Rodrik plaide pour l’adoption de très larges principes de contrôle des flux et des produits financiers que chaque Etat respecterait à sa manière. Plutôt qu’un FMI doté de pouvoirs supranationaux, la stabilité financière serait atteinte par une suite d’engagements volontaires et mutuels à la manière du GATT de 1947 qui a conduit à une abolition progressive des barrières au commerce international.

Pour Rodrik la meilleure solution à l’instabilité financière est une solide régulation nationale. Comme le montre l’ambitieux projet de l’administration Obama, c’est à ce niveau que le volontarisme politique peut le mieux produire ses effets. Les politiques peuvent exprimer les préférences nationales, par exemple dans le sens de plus d’innovation financière aux Etats Unis ou de plus de stabilité en France ou en Allemagne. Sans compter que des politiques différentes seront  adaptées dans les pays dont le secteur financier est peu développé, et où la régulation financière passe en priorité par des banques contrôlées par l’Etat. Rodrik rejoint ici les thèses développées dans ses précédents ouvrages sur les politiques économiques qui permettent aux Etats de se développer et de tirer profit de la mondialisation. Contre les recettes uniques préconisées par les grandes institutions internationales (Banque Mondiale ou FMI) Dani Rodrik montre que des dispositifs politiques industriels et financiers très variés peuvent mener à la stabilité et à la croissance.

 
* Dani Rodrik, "A Plan B for global finance", The Economist (12/03/09)
  
À lire également sur nonfiction.fr :
- Dani Rodrik, One Economics, Many Recipes. Globalization, Institutions and Economic Growth (Princeton University Press), par Eric Monnet.
 

 

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2 commentaires

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SEL

31/03/09 13:54
SYSTEME D ECHANGES LOCAUX

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actimem

28/03/09 05:07
Il faut dire que la seule certitude qui nous reste est que le monde occidentale a foutu le bazar dans le monde et qu'il veut que les autres en subissent les conséquences. A l'image des instances instaurées après la guerre mondiale, tout ce qui peut se faire sera fait au détriment des pays pauvres et au profit des puissants.
L'autre certitude que l'on a du mal à avouer est que la crise actuelle produira d'autres crises qui sonneront la fin de la domination des puissances actuelles.

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