Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 
Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.
Bientôt de nouveaux résultats !

Cet article a initialement paru le 27.07.2008.
"L’économie est la science de ceux qui n’en ont pas". Ce détournement de l’appréciation lapidaire portée par Balzac sur la diplomatie vient souvent à l’esprit de qui ne se résigne pas à ne plus lire ni écouter les commentaires des "économistes" ou des éditorialistes… Dans le concert de ces prétendus "experts" (qui ont fait profession d’annoncer sur un ton péremptoire le temps qu’il a fait hier…), la voix de Patrick Artus vient régulièrement nous rappeler quelque vérité robuste et éclairer notre propre raisonnement. Directeur des études de Natixis, professeur à l’Ecole Polytechnique et professeur associé à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne, son audience n’a, fort heureusement, cessé de croître au gré de ses tribunes et diverses publications. Il nous livre cette fois avec Marie-Paule Virard un essai décapant qui met à jour la nature véritable de ce qu’il est convenu de désigner, par un néologisme euphémique, la "globalisation" - autrement dit le capitalisme financier, internationalisé et sans vergogne qui s’est imposé depuis 1989.
Établi avec rigueur, le constat des auteurs est aussi inquiétant que simple : la globalisation est entrée dans un nouvel âge, un nouvel âge dangereux, marqué par l’explosion des inégalités, la vampirisation de l’économie par la finance, le gaspillage des ressources rares et l’épuisement de la planète ; un nouvel âge portant, à terme, le risque d’une dislocation des ensembles politiques et singulièrement de l’Europe.
Cri d’alarme puissant, lancé avec le concours de force démonstrations chiffrées, ce livre n’est pas pour autant une remise en cause totale de la globalisation ni un plaidoyer pour un improbable retour en arrière. Plutôt un appel pressant à la responsabilité, celle des gouvernements nationaux et des institutions internationales, qui doivent s’engager dans une nouvelle coopération internationale, seule en mesure d’instaurer la vigoureuse régulation sans laquelle le capitalisme deviendra un danger des plus graves pour la survie même de la planète.
Reprenons les cinq moments du diagnostic posé par les auteurs en autant de chapitres de leur livre.
Une machine inégalitaire qui écartèle les sociétés et attise les tensions protectionnistes.
Depuis le milieu des années 1980, le transfert d’activités productives et d’emplois industriels des pays développés vers les pays émergents s’est accéléré. Concernant d’abord des produits de bas de gamme, ce phénomène s’est peu à peu étendu à des biens à forte valeur ajoutée. Il en a résulté d’importantes pertes de parts de marchés des industries européennes et américaines.
Dans un premier temps, cette perte de compétitivité a été masquée par l’action contra-cyclique des politiques budgétaires et monétaires expansionnistes menées jusqu’en 2006. Mais, depuis cette date, les niveaux insoutenables d’endettement public ont conduit à un retournement de ce "policy mix" ; lequel, combiné avec l’éclatement de la bulle immobilière américaine à l’été 2007, a révélé crûment le rééquilibrage en cours entre le Vieux et le Nouveau Monde.
Pour reprendre la formule quelque peu triviale mais imagée de Warren Buffet, icône de la finance mondiale : "Quand la mer se retire, on voit ceux qui nageaient sans maillot"… Pour le dire autrement : "Le roi est nu".
La globalisation fait donc, de façon désormais indiscutable, des perdants et des gagnants entre les nations. "[…]Loin d’être le ciment qui rapproche les économies et les peuples, la globalisation est devenue une formidable machine inégalitaire» qui tend à désarticuler le monde.
Cet écartèlement entre riches - de plus en plus riches - et pauvres - de plus en plus pauvres - s’opère aussi au sein de chaque société, car les conséquences microéconomiques de ces transferts d’activités diffèrent grandement selon le degré des secteurs d’activité considérés, ainsi que selon les niveaux de qualification des salariés concernés.
1 commentaire
Pierre
Il n'y a pas d'égalité dans les lois fondamentales de la C r é a t i o n.
Il y a le plus souvent C o m p l é m e n t a r i t é...
L'égalitarisme et les droitS de l'homme sont né des négationiste de la foi en Dieu
Dans les commandements donnés par Dieu il n'y a que des D e v o i r s
IL N'Y A PAS DE SOIT-DISANTS D R O I T S