Rédacteur

La phrase

Quand vous avez vu effectivement des paysans pendus à leurs chambranles par leurs propres tripes sous les couteaux de jeunes ukrainiens engagés dans l’armée allemande, et que vous revenez trois mois plus tard au lycée Carnot et dans une famille où il y a un valet de chambre qui sert à table et où il manque simplement quelques membres de la famille qui sont morts ici ou là, il y a en effet un décalage complet entre ce que vous avez vécu et la vie normale.

Pierre Nora, France Inter, le 25 janvier 2012.

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

C N L

CNL

Les idées sur le Web

Bientôt de nouveaux résultats !

Pourquoi protéger l'environnement ?
[mercredi 18 juin 2008 - 09:00]
Le réchauffement climatique, la pollution, le manque de ressources vitales - telles que l'eau et la nourriture - ou primordiales - telles que le pétrole - nous amènent à reconsidérer notre rapport à la nature. Doit-on tout mettre en œuvre pour protéger la nature parce qu'elle est constituée d'être vivants qui ont les mêmes droits que nous ou, de manière plus pragmatique, parce que nous avons besoin de cette nature pour nos besoins vitaux et notre qualité de vie ?

L'éthique environnementale, telle qu'elle s'est constituée en tant que champ d'investigation philosophique au début des années soixante-dix, et dont Holmes Rolston III est une des principales figures, vise à déterminer les conditions auxquelles il est légitime que les hommes se reconnaissent des devoirs envers les êtres vivants, de la forme de vie animale la plus frustre jusqu'à l'ensemble des écosystèmes qui composent notre environnement naturel. Ces questions nous amènent à dépasser une simple mise en application des diverses théories normatives disponibles pour toucher aux problèmes des  fondements de la "méta-éthique", où tous les présupposés, tous les énoncés, toutes les hypothèses constitutives de la philosophie morale sont mis à plat et examinés.

À travers les éléments de ce dossier, les valeurs qui règlent le rapport de l'homme à son environnement naturel son systématiquement étudiées.

Au sommaire :

- L'entretien que Holmes Rolston III a consacré à Hicham-Stéphane Afeissa et Thierry Hoquet.
Le patriarche de l'éthique environnementale anglo-américaine livre une réflexion stimulante sur les enjeux et les attentes d'un champ de recherche en plein développement.

- La critique de l'ouvrage collectif coordonné par Christopher J. Preston et Wayne Ouderkirk, Nature, value, duty. Life on Earth with Holmes Rolston, III (Springer), par Thierry Hoquet.
En attribuant à la nature une "valeur", Rolston pense fonder une "éthique". Une thèse que discute ce volume difficile mais passionnant.

- La critique de l'ouvrage de Lester Brown, Le plan B. Pour un pacte écologique mondial (Calmann-Lévy), par Laurene Chenevat.
Un livre se distinguant par la force et la lucidité de son analyse statistique et la volonté de proposer les solutions les plus viables à la crise environnementale.

- La critique de l'ouvrage d'Al Gore, Urgence planète Terre. L'esprit humain face à la crise écologique (Alphée), par Jérôme Cuny.
Al Gore présente dans ce livre un état des lieux de l’environnement et des menaces majeures que nous représentons pour l’environnement.

- La critique de deux ouvrages de Dale Jamieson, Morality's Progress (Oxford University Press) et Ethics and the Environment. An Introduction (Cambridge University Press), ainsi que d'un ouvrage collectif qu'il a dirigé, A Companion to Environmental Philosophy (Wiley-Blackwell), par Catherine Larrère.
Trois ouvrages qui nous convaincront que la globalisation de la crise environnementale ne condamne pas pour autant la réflexion développée par les éthiques environnementales.

- La critique de l'ouvrage de Robert P. Weller, Discovering Nature. Globalization and Environmental Culture in China and Taïwan (Cambridge University Press), par Frédéric Keck.
En Chine et à Taïwan, Robert Weller s'interroge sur une autre forme de rapport à la nature et à l’environnement.

- La critique du l'ouvrage de Bryan G. Norton, Sustainability. A philosophy of Adaptive Ecosystem Management (University of Chicago Press), par Hicham-Stéphane Afeissa.


--
Crédit photo :
photo polution :  dbTM  / flickr
photo enfant : Guylaine2007 g.brunet  / flickr
conception graphique : Julien Collin  (JUL1COL1) pour Nonfiction.fr
Commenter Envoyer à un ami imprimer Charte déontologique / Disclaimer digg delicious Creative Commons Licence Logo

7 commentaires

Avatar

faizathwinni

02/01/12 15:44
environment c'est d'abord quoi?! c'est tous ce qui nous entoures . je pense que nous devons protéger notre environnement parceque dabord le plus important dan la société.
Avatar

ben

27/10/09 18:58
Si sa continue la terre deviendra une vraie décharge publique voila pourqoi j'ai décidé de protéger l'environnement.



je suis q'un enfant de 9 ans.
Avatar

Florian OLIVIER (bug-in)

15/08/09 14:22
Je me suis rendu compte que mon commentaire était plus ou moins absurde et que tu ne pouvais pas avoir lu le livre :) a ce moment. Désolé
Avatar

Florian OLIVIER (Bug-in)

02/08/09 02:48
Je ne suis pas d'accord Fabrice! A la lecture de ton commentaire on se demande si tu as lu le livre d'Arn Naess traduit récemment. Les questions que tu y évoques sont clairement posé. Y compris le problème de la difficulté d'une emprise politique par une soit disante "éthique de l'environnement" (peut on parler d'éthique de l'environnement avec des auteurs dont la première démarche est de rapeller qu'il n'y a pas l'humain d'un côté et l'environnement de l'autre, mais que l'humain n'est qu'un pli dans un réel dont il n'est pas séparé mais qui participe de sa constitution).
Voir le commentaire en fin du livre traduit. Dans le livre récent paru aux ed.VRIN Ethique de l'environnement, il y a aussi des textes qui indiques des voies pour être efficace politiquement. Notamment la reconnaissance possible par le droit d'une valeur intrinsèque aux vivants, qui permettrai la nécessité à chaque destruction de certains d'entre eux de se justifier (discussion sur la valeur intrinsèque de Calicott). Dommage donc, lire un peu plus permet d'éviter des critiques qui tombe dans l'eau et peut-être d'en proposer des nouvelles :)
Dans un complément à ton ouvrage nature justice et liberté ?
Avatar

Hicham-Stéphane Afeissa

27/06/08 08:31
Il faut tout d’abord remercier F. Flipo d’ouvrir le débat de si belle façon. Tâchons à présent de lui répondre brièvement. L’éthique environnementale n’est pas du tout un courant philosophique homogène, unifié autour d’un certain nombre de principes ou de problématiques dans lesquels tous les penseurs de l’environnement outre-Atlantique se reconnaîtraient. Il s’agit au contraire d’un champ de recherche complètement éclaté, qui se présente à la façon d’une « nébuleuse » en expansion permanente traversée par de nombreuses tendances de sens opposées, en compétition les unes avec les autres. Par conséquent, l’une des principales difficultés qu’il y a à parler en termes généraux de l’éthique environnementale consiste à ne surtout pas écraser toutes les différences. De ce point de vue, il nous semble que la présentation de F. Flipo ne procède pas avec toute la prudence nécessaire. Outre le fait qu’il est impossible, sans la caricaturer, de réduire l’entreprise des éthiciens de l’environnement à la protection de la faune et de la flore charismatique (les faucons à Paris, etc.), il y a quelque chose d’assez paradoxal à leur faire un reproche de négliger la problématique du développement durable, alors même qu’elle est tout bonnement au centre des préoccupations de l’un des penseurs majeurs de l’éthique environnementale anglo-américaine contemporaine, à savoir Bryan Norton, ainsi que je l’ai montré dans le compte rendu du livre de ce dernier disponible sur le site de Nonfiction.fr. – pour ne rien dire des autres acteurs du courant, aujourd’hui majoritaire, du pragmatisme écologique, qui développe depuis 25 ans à l’encontre de certaines tendances de l’éthique environnementale quelques-unes des critiques auxquelles F. Flipo fait allusion. Il faudrait évidemment évoquer, pour être complet, les nombreuses réponses que ces critiques se sont attirées, par exemple celle de Mark Sagoff qui fait valoir que les méthodes économiques d’évaluation de la nature, quelles qu’elles soient, sont incapables d’apporter une solution aux problèmes environnementaux que nous rencontrons. Selon lui, le meilleur moyen de trouver un compromis entre les intérêts de ceux qui exploitent les systèmes naturels et ceux qui luttent pour leur préservation n’est certainement pas de s’en remettre en toute confiance aux mécanismes de régulation du marché, mais bien plutôt à une procédure de délibération politique à laquelle les citoyens sont invités à participer activement, comme cela se fait en temps ordinaires lorsque des valeurs esthétiques sont en jeu.

Déposez un commentaire

Pour déposer un commentaire : Cliquez ici