La phrase

Le désespoir me paraît éminemment raisonnable et ennuyeux. Je n’ai aucune patience face à des artistes dont la fonction première est de formuler l’impossibilité de leur art, qui en un sens font de la mélancolie un produit de consommation – tout comme je ne m’intéresse pas aux artistes qui sont exclusivement affirmatifs et qui ont fait de la stupidité de la culture un fétiche commercial. Les ballons en forme de chiens, etc. Je crois que le plaisir sexuel, la couleur étrange du ciel après un orage, le flot des feux arrière des voitures sur un pont ou la façon dont le silence s’affine ou s’épaissit avant que la musique ne commence – le politique doit harnacher tout cela. Le politique doit poser un harnais sur le libidinal.  

Ben Lerner, The Believer, septembre 2014 (traduction de nonfiction)

C N L

CNL
SÉNAT - La vente à distance des livres
[vendredi 10 janvier 2014 - 12:00]

La proposition de loi concernant la vente à distance des livres a été adoptée par Le Sénat ce mercredi 8 janvier 2014. Un texte visant à rétablir une égalité de la concurrence entre les librairies et les sites de commande en ligne.

Le 26 Juin 2013, Christian Jacob, Bernard Accoyer, Yves Albarello, Hervé Gaymard, Christian Kert, Guy Geoffroy et Julien Aubert présentaient une proposition d’amendement à la loi du 10 août 1981 (relative au prix unique du livre) stipulant que la prestation à domicile ne puisse plus être incluse dans le prix initial fixé par l’éditeur lors d'un achat sur la toile.

Votée le 3 octobre par l'Assemblée nationale et validée par la commission de la Culture le 18 décembre 2013, la loi a été adoptée ce mercredi 8 janvier à l’unanimité par les sénateurs.

À l'initiative de Bariza Khiari, rapporteuse du texte, les sites de vente en ligne de livre ne pourront désormais plus proposer leur acheminement gratuitement. Certains détenteurs d’e-commerce proposaient une double offre (livraison gratuite et remise de 5%), déséquilibrant le marché en défaveur des points de vente physique.

Si la loi Lang est adaptée désormais au marché du numérique par l’interdiction de la livraison non-tarifée pour les sites internet, reste aux librairies de nos quartiers à faire face à la concurrence (loyale) du livre numérique qui bénéficie par la loi du 26 mai 2011 de la même politique du prix unique.

*À lire sur le même sujet :

- Loi "anti-Amazon" : pourquoi les livres vont vous coûter plus cher à lire sur L'Express

- Enquête sur les librairies sur Nonfiction.fr de Julie Urbach

- L’e-commerce ne connait pas la crise sur Nonfiction.fr de Julie Urbach

- Renaissance numérique, le lobby de la lutte contre "la fracture numérique" sur Nonfiction.fr, entretien avec Christine Balagué de Pierre Testard

 

Adrien POLLIN
Commenter Envoyer à un ami imprimer Charte déontologique / Disclaimer digg delicious Creative Commons Licence Logo

3 commentaires

Avatar

totoro

29/01/14 16:33
On va donc pénaliser les plus pauvres, pour satisfaire le lobby des libraires incapables de faire face à l'évolution du marché... C'est merveilleux...
Avatar

lachrira

18/01/14 14:00
J'ai toujours privilégié les achats chez mon libraire, jusqu'à ce que j'aie dû constater ceci :
- les prix pratiqués chez Amazon sont bien moins élevés.
- la livraison est bien plus rapide et toujours garanti.
- Je n'ai pas à me déplacer.
Le principe de réalité a fait le reste. Mesdames, Messieurs les libraires, si vous ne tenez pas compte de la réalité économique actuelle, vous êtes condamnés à moyen terme.
Avatar

Aristote

16/01/14 17:25
Je résidais à 500 mètres d'une FNAC. En pratique, je me suis mis à acheter de plus en plus mes livres sur Amazon, où je trouve bien des références indisponibles à a FNAC, livrées très rapidement. Je m'imagine à la campagne, ou dans une petite ville de province. Que faire sans Amazon ?

Encore une loi à la française, protectrice des positions acquises, coûteuse pour le lecteur et au prétexte culturel bidon !

Déposez un commentaire

Pour déposer un commentaire : Cliquez ici