La phrase

Il me semble qu’il y a aujourd’hui une confusion entre espace public et espace privé : les gens parlent des œuvres comme si elles étaient dans leur salon, chacun se croit chez soi face aux espaces de création. Or, le terrain de l’art doit permettre aux artistes de casser les choses, les démonter, les observer et les exposer autrement. L’opposition entre liberté de parole et liberté d’expression se répète un peu trop souvent, et je ne vois pas de limite à ce type d’actions.

Diane Ducruet au sujet son oeuvre censurée au Mois de la photo, Le Monde , 4 novembre 2014  

DOSSIER - Les mémoires de Yerushalmi
[samedi 29 décembre 2012 - 00:00]

Le 8 décembre 2009 disparaissait l’historien new-yorkais Yosef Hayim Yerushalmi. Spécialiste des Marranes et du rapport de la culture juive au passé, il fut parfois regardé comme l’homme d’un livre, Zakhor , rapidement promu au rang de titre de référence sur la question de la place de l’histoire et de la mémoire dans la reproduction de l’identité juive.

Moins connus du grand public, ses travaux sur l’histoire de l’Europe médiévale et moderne , qui renouvelèrent considérablement l’image d’un peuple érigé en observatoire des consciences européennes, résonnèrent dès le départ avec le présent de l’historien, qui s’opposa partiellement mais publiquement à la thèse de l’ "Alliance royale" développée par Hannah Arendt pour expliquer les effets de l’antisémitisme de l’époque contemporaine par un rapport multiséculaire et privilégié au pouvoir.

L’année dernière, les éditions Allia publiaient le texte d’une conférence dans laquelle Yerushalmi revenait à mots couverts sur les positions assumées dans ce débat. Un an plus tard, à l’instigation de Sylve-anne Goldberg, Albin-Michel vient de publier coup sur coup deux ouvrages présentant pour l’un les souvenirs de disciples et d’amis, pour l’autre un regard rétrospectif du maître sur son parcours et sur son œuvre.

En réinscrivant la genèse et la réception de Zakhor dans l’ensemble d’une œuvre élaborée à la croisée de l’histoire, de la théologie et de la philosophie, l’actualité éditoriale donne ainsi à redécouvrir un monument de la pensée qui, bien au-delà des frontières américaines, a irrigué la réflexion de l’ensemble des penseurs intéressés à la question de la mémoire.

 

SOMMAIRE

- Yosef Hayim Yerushalmi, Transmettre l'histoire juive. Entretiens avec Sylvie-Anne Goldberg, par Frédéric Ménager-Aranyi

- Yosef Hayim Yerushalmi, Serviteurs des rois et non serviteurs des serviteurs, par Fabien Sobecki

- Sylvie-Anne Goldberg (dir.), L’histoire et la mémoire de l’histoire. Hommage à Yosef Hayim Yerushalmi, par Benjamin Caraco



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Pierre-Henri ORTIZ
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