La phrase

Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS.

Jacques Julliard, entretien à  nonfiction.fr

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Philopolis ou phobopolis : attention, faux débat !
[mardi 09 octobre 2012 - 09:00]
Philosophie
Couverture ouvrage
"Faut-il aller vivre dans les bois ?", Lettre à M. Philopolis
Éditeur : Hermann
146 pages / 14,06 € sur
Résumé : Rousseau, pris à parti par un certain Philopolis, répond dans une Lettre célèbre. Les deux textes sont ici commentés.  
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En 1755, Charles Bonnet (1720-1793), citoyen de Genève et savant reconnu en Europe, prend la plume pour s’adresser, d’ailleurs brièvement et sous le pseudonyme de Philopolis  , à cet autre citoyen de Genève qu’est Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), alors que ce dernier vient de publier son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes (1754). Ce sont la Lettre de M. Philopolis, au sujet du Discours de M. J.-J. Rousseau de Genève, sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, et la réponse, pourtant non publiée avant 1782, de Rousseau, Lettre de J.-J. Rousseau à Monsieur Philopolis, qui composent cette édition ; deux lettres autour desquelles sont articulés un essai de Roger Bruyeron sur Etre et temps dans la pensée de Rousseau, une introduction aux Lettres et des notes explicatives, de la part du même auteur.

Précisons néanmoins, pour ne pas y revenir, que l’ordre des textes publiés est contestable. On pouvait en changer, et laisser venir d’abord la publication des deux Lettres, afin de faciliter dans la tête du lecteur la mise en place de ce débat historique. Puis faire place aux notes explicatives, avant d’engager ce lecteur dans l’essai d’interprétation ou d’accentuation proposé par l’éditeur. Mais laissons cela.

En 1754, Rousseau vient en effet de publier son II° Discours, non sans souligner, dans la dédicace, qu’il est bien citoyen de Genève. Comme chacun le sait, il a raconté aussi dans Les Confessions la genèse de cet écrit, et la manière dont il l’a composé. Il avait bien pris la précaution, dans ce Discours, de préciser dans une note (portant le numéro 9) : "Quoi donc ? Faut-il détruire les sociétés, anéantir le tien et le mien, et retourner vivre dans les forêts avec les Ours ? Conséquence à la manière de mes adversaires, que j’aime autant prévenir que de leur laisser la honte de la tirer" ! C’était déjà compter sur la malveillance et les malintentionnés, au nombre desquels Voltaire ne se fera pas faute d’appartenir. Mais la même malveillance se redéploye non moins vite avec Philopolis, qui écrit : sans doute, cet écrivain (Rousseau) préfère-t-il "d’aller passer sa vie dans les bois" !
C’est de cette querelle que le titre de ce recueil est tiré.

De la polémique à l'attitude hostile

En effet, de la confrontation de ces deux lettres, tirera-t-on l’idée qu’il s’agit-il simplement d’une dispute entreprise entre deux citoyens de Genève ? Certainement pas. Encore les registres d’agression s’empilent-ils, en commençant par des arguments visant effectivement la vie personnelle : Bonnet fait remarquer qu’il demeure encore dans la République de Genève, alors que Rousseau se donne alors à voir dans les salons parisiens dans lesquels la plus grande inégalité règne manifestement. Puis viennent des arguments plus "politiques", puisque Bonnet souligne appartenir au Grand Conseil de Genève, ce qui indique une origine patricienne, et s’adresse avec condescendance à un citoyen à la réputation de va-nu-pieds. En montant encore d’un cran, la polémique vire à l’attitude hostile, puisque Bonnet s’opposera quelques années plus tard (1762) à la diffusion à Genève d’Emile et du Contrat social. Il faut relire à cet égard dans Les Confessions, le livre XII consacré à cette affaire.

Mais il convient de s’arrêter à des choses plus sérieuses encore, notamment sur le plan théorique. Rappelons en effet que dans ce II° Discours, la référence à la nature ne cherche pas du tout à dessiner des faits ou à raconter une histoire. La nature est origine, mais pas commencement. A ce titre, de la nature, on peut dire tout au plus qu’elle constitue un modèle de réflexion à partir duquel penser un champ de possibles infini. Si ce qui a été entrepris jusqu’à présent par les hommes, à partir de la nature, est possible et mauvais, il y a encore d’autres possibles dans la nature, et les hommes peuvent donc changer leur existence. Ce n’est donc ni le modèle du péché originel et de la chute qui commande l’histoire, ni celui d’une pure nécessité. Il y a place pour une histoire.

Christian RUBY
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Titre du livre : "Faut-il aller vivre dans les bois ?", Lettre à M. Philopolis
Auteur : Jean-Jacques Rousseau, Roger Bruyeron
Éditeur : Hermann
Collection : Philosophie
Date de publication : 15/08/12
N° ISBN : 2705683577
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