La phrase

Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS.

Jacques Julliard, entretien à  nonfiction.fr

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Nohant ou l’utopie sandienne
[lundi 16 juillet 2012 - 19:00]
Littérature
Couverture ouvrage
George Sand à Nohant. Drames et mimodrames
Éditeur : Belin
144 pages / 11,40 € sur
Résumé : Ella Balaert nous fait visiter la célèbre maison de George Sand par les coulisses.
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“Ce n’est pas une maison, ni une ferme, ni un château, ni une forteresse. Mais c’est tout cela à la fois” . Cette citation tirée de l’ouvrage de Ella Balaert résume à elle seule la fascination qu’exerce depuis le XIXe siècle l’étrange demeure de George Sand dans la Vallée noire, ainsi que l’esprit de toute la littérature parue depuis lors sur ce petit château.

Car ce n’est pas la première fois, loin de là, que Nohant se retrouve exposé sur les pages d’un livre. Les guides se sont succédé, livrant aux promeneurs, charmés par la visite des lieux, les secrets de la vie de l’écrivaine dans son refuge berrichon . Mais il est une autre sorte de littérature sur Nohant, bien plus étonnante cette fois : la fiction théâtrale.

Exceptionnellement bien conservée par le maintien de la maison dans la famille, puis le legs public, la maison de Sand a été préservée des vicissitudes que connaissent bien des maisons d’écrivains après le départ de leur illustre occupant. Bien plus, “Nohant explique George Sand comme George Sand implique Nohant”, comme dirait un célèbre ami de l’auteure de La Mare au diable, dont la source d’inspiration se situe non loin du parc de l’imposante bâtisse… Et cela, tous les auteurs de fiction qui ont visité Nohant puis écrit sur la relation si particulière qui lie la maison à sa maîtresse, l’ont immanquablement constaté . Plus largement, l’ouvrage s’inscrit dans l’effervescence éditoriale qui entoure les maisons d’écrivains depuis une bonne dizaine d’années  : le génie des lieux d’un génie littéraire n’est-il pas en effet propice à la rêverie et à la belle photographie d’art ? Mieux, à la fiction 

Le récit d’Ella Balaert se fonde sur le regard biographique que ses prédécesseurs ont porté sur les lieux qui ont vu grandir  et se métamorphoser en “George Sand” la jeune Aurore Dupin. L’auteure a bien compris que la maison, maintes fois réaménagée par sa méticuleuse propriétaire, s’apparentait à une forme de palimpseste de la vie de sa propriétaire. Le titre programmatique de la collection “de l’intérieur” prend tout son sens.

L’ouvrage est construit autour de la succession de tableaux, au sens théâtral et presque pictural du terme, dont chaque décor est planté par une pièce de la maison et dont chaque scène donne à voir un aspect particulier de la vie de l’écrivaine. Au début du “drame”, la “chambre des parents” présente les origines généalogiques de la famille de la petite Aurore et le traumatisme de la perte d’un nouveau-né qui alimenta, avec la série lugubre de décès qui suivit, l’imaginaire morbide mais aussi la soif de vie et le besoin de maîtrise de George. Défilent ensuite sous nos yeux la salle-à-manger et les festins animés de l’impressionnante ribambelle d’amis (tous aussi célèbres les uns que les autres !), la chambre bleue, antre de l’écrivain.

Dramatique, théâtrale, pittoresque, la vie d’Aurore-George l’est assurément. C’est ce qu’a su rendre Ella Balaert avec audace et discernement. Car, plus qu’un récit biographique romancé, qui n’hésite pas à faire parler une marionnette de Maurice (le fils d’Aurore) et un “je” (qu’on identifie comme étant l’auteure du petit livre en personne), la fiction imaginée franchit allègrement les limites de la vraisemblance et les convenances romanesques, au point de ressusciter Mme Sand du fond de son tombeau, dans le parc de la propriété, et de la faire converser avec eux. Ella Balaert réalise là un fantasme partagé par nombre de visiteurs et admirateurs de Belphégor : agile, elle a réussi à se faire enfermer dans le musée à la nuit tombée…

Marie-Clémence RÉGNIER
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Titre du livre : George Sand à Nohant. Drames et mimodrames
Auteur : Ella Balaert
Éditeur : Belin
Collection : De l'intérieur
Date de publication : 16/03/12
N° ISBN : 2701159822
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