La phrase

Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS.

Jacques Julliard, entretien à  nonfiction.fr

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

C N L

CNL
Souvenirs de la petite-fille de Paul Valéry
[vendredi 29 juin 2012 - 16:00]
Littérature
Couverture ouvrage
La Cuisinière de Mallarmé
Éditeur : Michel de Maule
120 pages / 8,55 € sur
Résumé : Martine Rouart nous fait visiter le 40, rue de Villejuste où son grand-père, Paul Valéry, vécut.
Page  1  2  3  4 

Tout commence par une promenade nostalgique dans une rue toute désignée pour commencer ce petit voyage dans le temps : la rue Paul-Valéry… Anciennement rue de Villejust, la bien-nommée côtoie l’“avenue Victor Hugo”, sous le patronage duquel s’inscrit la collection lancée en février dernier par les Éditions Michel de Maule et ses directeurs de collection, Denise Decornoy et Marc Bressant, avec l’ouvrage Les Funérailles de Victor Hugo  (Victor Hugo est mort le 22 mai 1885 au numéro 124 de l’actuelle avenue Victor-Hugo. L’avenue d’Eylau a été rebaptisée ainsi en hommage au poète le 28 février 1881, à l’occasion du soixante-dix-neuvième anniversaire de l’écrivain).

L’objet de la collection est remarquable tant il répond au besoin actuel d’aborder le grand homme par la petite histoire, et son éminente existence par son intimité cachée. Un “Je me souviens” associé à une “scène aperçue par hasard (est) souvent plus révélatrice qu’un long commentaire”, nous prévient le texte caractérisant la ligne éditoriale du petit dernier des Éditions Michel de Maule. L’objet lui-même annonce la couleur et ne trompe personne. Fin, étroit, léger, élégant, comme un souvenir rare et précieux mais aussi fragile, un souvenir qu’on aimerait garder avec soi, tant se fait sentir l’impérieuse nécessité de préserver un grand moment. Voilà un livre modeste en somme, n’encombrant en rien la mémoire universitaire et publique du grand écrivain, mais agréablement rafraîchissant et touchant, un témoignage paisible contribuant à expliquer “Monsieur”, le maître de Charlotte, la “cuisinière de Mallarmé”.

Ce regard décalé sur le personnage historique s’inscrit de fait dans la lignée des parutions et reportages récents consacrés aux lieux et à la mémoire littéraires (collection “Maison d’écrivain”, Éditions Christian Pirot, collection “De l’intérieur”, Éditions Belin) : désir d’approcher le quotidien et l’intimité de l’écrivain en s’invitant chez lui, au plus près des secrets de l’écriture, désir de côtoyer ses proches et, pourquoi pas, de se mêler à eux (l’exposition récente consacrée à Claude Debussy est éclairante de ce point de vue : “Claude Debussy, la musique et les arts”, 22 février-11 juin 2012, musée de l’Orangerie), envie de découvrir un être inaccessible, autrement et ailleurs. On retrouve ici encore cette volonté de mettre en avant des témoins cachés, “secondaires”, moins exposés mais dont les souvenirs sont nourris d’anecdotes savoureuses.

La cuisinière de Mallarmé, donc. Comment se douter que le bref mais dense récit de Martine Rouart suit les pas de son illustre grand-père, Paul Valéry ? De même, comment identifier le profil du père de “Monsieur Teste” sur le pastel présenté sur la couverture sans avoir été initié au préalable à l’histoire de cette famille restée célèbre pour sa collection et ses liens avec les impressionnistes ? Le temps du récit, c’est bien en effet au cœur de la famille impressionniste que nous fait évoluer la petite Martine, ce foyer artistique et littéraire que Hélène Carrère d’Encausse a décrit en ces termes, lors du discours d’intronisation qu’elle a prononcé pour Jean-Marie Rouart (arrière-petit-fils des peintres Henri Rouart et Henri Lerolle) le 12 novembre 1998 à l’Académie :

On n’en finirait pas d’énumérer tous les écrivains qui ont donné vie aux mardis du rez-de-chaussée de la rue de Villejust où Berthe Morisot et Manet s’étaient installés et où la ”tante Julie” maintint la tradition de l’Impressionnisme. Que cette rue de Villejust soit devenue la rue Paul-Valéry, comment s’en étonnerait-on ? C’est un des lieux de mémoire de votre famille mais, en même temps, d’une époque de gloire pour la peinture et la littérature étroitement unies .

Marie-Clémence RÉGNIER
Page  1  2  3  4 
Titre du livre : La Cuisinière de Mallarmé
Auteur : Martine Rouart
Éditeur : Michel de Maule
Collection : Je me souviens
Date de publication : 23/02/12
N° ISBN : 2876233193
Commenter Envoyer à un ami imprimer Charte déontologique / Disclaimer digg delicious Creative Commons Licence Logo

Aucun commentaire

Déposez un commentaire

Pour déposer un commentaire : Cliquez ici