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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

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Victoria : portrait d’une femme ordinaire
[mardi 20 septembre 2011 - 22:00]
Histoire
Couverture ouvrage
Victoria reine d'un siècle
Joanny Moulin
Éditeur : Flammarion
570 pages / 21,85 € sur
Résumé : Une biographie qui tient davantage du roman et qui nous livre une peinture vivante, quoique réductrice, de la souveraine, symbole de la Grande-Bretagne entre 1837 et 1901.
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De Blenheim à Colombey, l’itinéraire buissonnier de Pierre Assouline et de ses invités s’était transformé en exercice de vies parallèles entre Churchill et De Gaulle, aboutissant finalement au constat d’échec, le nom du premier n’ayant fondé aucun adjectif, ni pour désigner un courant politique comme le gaullisme, ni pour qualifier un esprit du temps, comme l’ère victorienne  . Si Churchill et De Gaulle se rejoignent par leur destin, Churchill et Victoria se disjoignent par leur caractère. La reine présente un profil inverse à celui du Premier ministre, et ne prétend incarner aucune des formes d’héroïsme dont l’articulation permet de retrouver Winston Churchill : la reine est une princesse à n’en point douter, mais certainement pas au sens de Machiavel. Elle est écrivain, mais reste surtout connu pour ses impressions de vacances en Ecosse. Quant à lui prêter du génie, il n’y avait guère que Disraeli pour la surnommer "la Fée". Si l’on devait trouver un autre modèle, il faudrait davantage se tourner vers la Marie-Antoinette de Stefan Zweig, dont le sous-titre est éloquent : le Portrait d’une femme ordinaire jetée dans des circonstances exceptionnelles, et dont la dimension tragique réside dans le jeu impitoyable de l’histoire sur l’individu. De 1837 à 1901, la Grande-Bretagne agricole, aristocratique et européenne s’est métamorphosée en puissance industrielle, démocratique et mondiale. Les possibilités offertes par une telle extension marquent l’esprit du temps, émerveillé par Prométhée, effrayé par Faust. De sorte que Victoria, femme ordinaire mais qui incarne la continuité en dépit de mutations inimaginables, en vient à qualifier son siècle exactement comme Auguste ou Louis XIV avaient nommé le leur. Si l’on voulait partir à la recherche de Victoria, comment s’y prendre ? Deux possibilités qui encadrent le règne sont possibles : lorsqu’elle monte sur le trône, Thomas Carlyle écrit que "le monde est le résultat matériel manifeste, la réalisation pratique et l’incarnation de pensées qui habitèrent le Grand Homme envoyé dans le monde". Lorsqu’elle est couronnée impératrice des Indes en 1876, Herbert Spencer écrit "avant que le grand homme refasse sa société, sa société doit le faire". Dans le cas de Victoria, c’est la dernière option qui emporte l’adhésion, et c’est celle qu’adopte Joanny Moulin dans sa biographie Victoria, reine d’un siècle, parue chez Flammarion, en affirmant que la reine "était à l’image de son temps"  .

Titre du livre : Victoria reine d'un siècle
Auteur : Joanny Moulin
Éditeur : Flammarion
Collection : Biographies
Date de publication : 27/04/11
N° ISBN : 2081228815
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