On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.
Patricia Crifo enseigne à l’Ecole Polytechnique. Elle répond ici aux questions de nonfiction.fr dans le cadre d’un dossier consacré aux nouveaux économistes français.
Nonfiction.fr- Pouvez-vous nous rappeler brièvement votre parcours universitaire et professionnel ?
Patricia Crifo- Après une maîtrise d’économétrie à Lyon, j’ai intégré l’Ecole Normale Supérieure de Cachan en 3e année où j’ai préparé et obtenu l’agrégation d’économie et gestion, puis un DEA d’Analyse et modélisation économique appliquées à l’Environnement et la R&D à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne. J’ai effectué mon doctorat à Lyon et soutenu ma thèse sur les liens entre Inégalités, Innovation et Croissance en 2001. Après un post-doctorat à l’Université Catholique de Louvain, j’ai été reçue au concours de chargé de recherches au CNRS puis quelques mois plus tard au concours d’agrégation pour le recrutement des Professeurs d’Universités.
Je suis actuellement Professeur des Universités à Paris Ouest La Défense Nanterre. J’enseigne également à l’Ecole Polytechnique, et suis chercheur associé au CIRANO (Centre Interuniversitaire pour l’analyse des organisations) à Montréal. Je suis membre du Conseil Economique du Développement Durable depuis 2009. En 2010 j’ai été nominée au prix du Meilleur Jeune Economiste (Le Monde/Cercle des économistes).
Nonfiction.fr- Quand et comment avez-vous décidé de devenir économiste ?
Patricia Crifo- L’idée a commencé à germer quand j’ai préparé le concours d’entrée à l’ENS Cachan durant mon année de maîtrise. J’ai dû approfondir un programme assez large et cela m’a donné le goût pour l’analyse économique dans ses différentes dimensions (micro-économie, macro-économie, politique économique, économie internationale etc.).
Mais l’élément déclencheur a réellement été la thèse : j’ai choisi un sujet - les liens entre inégalités, innovation et croissance – sur lequel beaucoup d’économistes se sont penchés et qui a donné lieu à de nombreux débats qui m’ont passionnée.
Nonfiction.fr- Quels ont été vos maîtres à penser et en quoi le furent-ils ?
Patricia Crifo- Les auteurs qui m’ont influencée lorsque j’ai décidé de me lancer dans la recherche sur le thème du progrès technique, la dynamique économique et la croissance sont notamment J.Schumpeter, P. Romer, R.Solow, P.Aghion.
Nonfiction.fr- Sur quoi portent actuellement vos travaux ?
Patricia Crifo- Mes recherches portent sur la Responsabilité sociale et environnementale des entreprises, la croissance verte, le progrès technique, l’organisation du travail et le capital humain.
Je viens notamment de co-éditer avec JP. Ponssard un ouvrage sur la responsabilité sociale et environnementale des entreprises : Corporate social responsibility : from compliance to opportunity (Editions de l’Ecole Polytechnique).
Nonfiction.fr- En tant qu’économiste, quel rapport entretenez-vous avec l’écriture ? Pourquoi les économistes écrivent-ils souvent à plusieurs mains ?
Patricia Crifo- Les travaux de recherche en collaboration sont d’une grande richesse, ils font naître des complémentarités et des synergies, et permettent d’échanger et confronter ses positions ou méthodes pour faire advenir un travail collectif qui est plus que la simple addition des contributions individuelles.
J’y trouve personnellement une source de motivation très importante.
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