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La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

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Emmanuel Todd continue à délirer
[mercredi 12 décembre 2007 - 02:00]
Déjà dans son livre récent, co-écrit avec Youssef Courbage (Le Rendez-vous des civilisations, Seuil/La République des Idées), Emmanuel Todd avait fait l'objet de fortes critiques, y compris par ce site (voir notre critique sur NONFICTION.FR).

Dans une interview récente au Nouvel Observateur, il continue à dire un peu tout et son contraire. Cette fois, il critique l'action de Nicolas Sarkozy. Il a raison. Mais ses arguments sont tellement excessifs qu'il perd un peu de son crédit en donnant de telles interviews.

Toute son analyse sur le sarkozysme comme "technique politique" est un peu rapide ; comme sont un peu hasardeuses plusieurs de ses formules ("Le Sarkozysme est plus instinctif que réfléchi" ; "Sarkozy incarne davantage le désordre que l'ordre"). Si Todd a raison de dénoncer "l'activisme tous azimuths" de Sarkozy - mais il n'est ni le premier, ni très original ici - il est peu convaincant lorsqu'il lance une formule comme "Sarkozy est anxiogène".

Mais, il va plus loin en disant justement que "Sarkozy va plus loin que Le Pen". Ou encore : "Pour une part, le FN est désormais au pouvoir".

Après un livre calamiteux sur les Etats-Unis (Après l'empire : Essai sur la décomposition du système américain) que l'on relit avec de la peine pour l'auteur au moment où Obama remporte le caucus de l'Iowa, après une charge injuste et misogyne contre Ségolène Royal durant sa campagne (pour faire élire Sarkozy ?), Emmanuel Todd nous confirme qu'il préfère les attaques inutiles et le défoulement verbal plutôt que l'analyse, la recherche ou le sérieux.

Dans L'Audace d'espérer, Barack Obama parle d'une "politique de l'empathie" et du besoin de renouer avec une "conversation démocratique" (voir notre critique du livre d'Obama). Emmanuel Todd pourrait peut-être le lire.


> L'interview d'Emmanuel Todd au Nouvel Observateur (22 novembre 2007).
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10 commentaires

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Pascale

07/01/12 01:35
Je relis cet article en janvier 2012 et l'évidence aveuglante s'impose, tant sur Sarkozy que sur les Etats-tUnis, que Todd avait bien vu... et que vous devriez lui faire des excuses . A vrai dire on soupçonne une rancune académique ou personnelle derrière tant de fiel.
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OXYMORE

13/08/11 15:27
Comme dit mon prédecesseur votre article est sans intérêt, j'ajouterai vide... Je m'interroge même sur la perception de votre amour propre tant le creux raisonne dans quelques lettres...

Todd n'est pas un prophète mais un des rares intellectuels qui se démarque du commentaire superficiel propre au régime flexible(R.Sennet). Ses analyses profondes portés par une expertise le rapprochent de R.Aron ou P.Bourdieu.

Lisez-le mais je sais lire c'est long...
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neasmo

17/06/11 01:52
Juin 2011 : force est de constater que M. Todd est hautement intelligent, calme, ouvert et perspicace et qu'il avait raison...vous, non.
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demos

18/05/11 12:35
Todd est un "hypermetrope": il n'y a voit pas de pres mais a une vue d'aigle de loin.
Ses analyses et ses reflexions politiques inexactes sont plus que compensées par ses previsions admirables de longs termes - en dernier, les revoltes arabes actuelles prévues il y a 4 ans.
Il y en a eu bien d'autres, comme les effets depressifs du libre-echange sur la demande en occident (L'illusion economique, 1998), sans parler de la chute finale ecrit en 1976.
Quant a Obama, il n'efface en rien le fait que la proportion de black est la meme aujourd'hui qu'il y a un siecle 1/2 à la fin de la guerre de secession.
La cloison de verre raciale est toujours la...
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rose Hélène

23/09/10 17:31
E.Todd est bien un produit du" microcosme" cher à Raymond Barre ,de la bulle médiatique ,qui finit dans le délire et l'invective.Dommage ,il aurait pu être un analyste intéressant.concernant les problèmes bancaires mondiaux (excès de liquidités etc)Il rappelle l'ex_ministre B Tapie , son mépris pour les naïfs qui l'écoutent (voir" le football qui n'est pas un sport mais un spectacle , ses cours de tir au fusil à Marseille pour les banlieues sensibles"..' ).Sa haine dépasse la modération nécessaire pour être crédible.Le délire semble atteindre certains journalistes . Quels sont donc les intérêts financiers en jeu?

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