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critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

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Google Books de A à Z
[mercredi 08 décembre 2010 - 08:00]
Politique culturelle
Couverture ouvrage
Google Livres et le futur des bibliothèques numériques
Alain Jacquesson
Éditeur : Editions du Cercle de la Librairie
224 pages
Résumé : Le point sur Google Livres par un bibliothécaire suisse, éminent spécialiste des bibliothèques numériques, et qui présente une synthèse exhaustive, objective et stimulante de la question. 
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Il est non seulement normal, mais sain et même indispensable que l'ambitieux projet de bibliothèque numérique universelle annoncé par Google fin 2004 provoque un débat. Malheureusement ce débat a aussitôt pris en France un tour fâcheusement polémique attisé par l'antiaméricanisme rageur dont les hommes politiques et hauts fonctionnaires français ne sont que trop coutumiers. On saluera donc la parution d'un ouvrage non partisan dont le propos est d'informer ses lecteurs sur l'historique du projet, d'en dresser un bilan provisoire et de faire le point sur les problèmes – techniques, conceptuels, juridiques – qu'il pose. Nul n'était mieux qualifié qu'Alain Jacquesson pour l'entreprendre : ancien directeur de l'École de bibliothécaires de Genève, du réseau des bibliothèques municipales de Genève et enfin de la bibliothèque de la ville, il a déjà consacré plusieurs livres à la question de l'informatisation des bibliothèques et à celle des bibliothèques numériques.

 

 

Comme l'auteur le souligne à juste titre, Sergey Brin et Larry Page, fondateurs de Google, sont des chercheurs et des inventeurs avant d'être des hommes d'affaires : la société qu'ils ont fondée en 1998 – et dont le nom, nous est-il rappelé, résulte d'une confusion sur l'orthographe de "googol", mot fantaisiste inventé en 1938 par le jeune neveu du mathématicien Edward Kasner pour désigner le nombre formé par le chiffre un suivi de cent zéros – est sorti de leurs projets de thèse en science de l'informatique à l'université Stanford. L'idée même de bibliothèque numérique universelle découle naturellement de la mission que s'est donnée Google, "organiser l'information du monde entier et la rendre universellement utile et accessible". Cette haute ambition, dont on peut sourire si l'on y tient, a l'avantage de s'appuyer sur des moyens techniques et sur une conception d'ensemble qui surpassent, quels que soient leurs mérites individuels, tous les autres projets de bibliothèques numériques qui avaient vu le jour auparavant – le Projet Gutenberg remonte au début des années 1970 – et qu'A. Jacquesson a étudiés plus en détail dans son ouvrage Bibliothèques et documents numériques  . C'est donc en pleine connaissance de cause, et muni d'un outil plus performant qu'aucun autre, que Larry Page prenait un premier contact en 2002 avec la bibliothèque de son alma mater, l'université du Michigan. Des contrats étaient ensuite discrètement négociés avec celles de Stanford et Harvard, puis avec la Bodléienne  et la bibliothèque publique de New York, avant que soit officiellement révélé dans un communiqué de presse de décembre 2004 ce qui s'intitulait alors, pas de la manière la plus claire, "Google Print for Libraries" avant de devenir Google Books.

 

Dénoncé aussitôt par Jean-Noël Jeanneney, alors président de la Bibliothèque nationale de France, dans un article du Monde en janvier 2005, puis dans un pamphlet aux accents gaulliens dont nous avons rendu compte dans ces colonnes, comme une entreprise d'impérialisme culturel destinée à imposer par le biais de l'internet une "vision américaine du monde", Google Books a aujourd'hui des bibliothèques partenaires dans plusieurs pays : Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie, Japon en plus du Royaume-Uni dont il a été question plus haut. La BnF elle-même, désormais dirigée par Bruno Racine, est entrée en pourparlers avec Google, avec la bénédiction, semble-t-il, de Christine Albanel, même si aucun accord n'a été officiellement annoncé depuis que le cabinet de Frédéric Mitterrand s'est saisi du dossier.

 

 

L'un des grands enjeux de toute bibliothèque numérique, sinon le principal, est ce qu'on appelle le  contrôle bibliographique, en d'autres termes la qualité, l'exactitude, la précision, l'exhaustivité et (critère important pour une bibliothèque mondiale) la cohérence des données, dites "métadonnées", qui sont derrière chaque image et permettent de repérer sans risque d'erreur tout ce que l'on cherche et rien que ce que l'on cherche. Il est probable que Google ait mésestimé l'ampleur et la complexité du problème. Il l'a partiellement résolu en s'alliant, en 2008, avec le catalogue collectif OCLC (WorldCat), alimenté au départ par les bibliothèques américaines, en vue de créer un lien entre ses notices et Google Books. Mais il faut bien reconnaître que Google – de même qu'OCLC d'ailleurs, instrument précieux mais nullement parfait   – a encore un long chemin à accomplir pour maîtriser un problème que les grandes bibliothèques du monde sont elles-mêmes loin d'avoir maîtrisé, comme le montre, par exemple, l'insuffisance chronique de la recherche par sujet au catalogue en ligne de la BnF.

Titre du livre : Google Livres et le futur des bibliothèques numériques
Auteur : Alain Jacquesson
Éditeur : Editions du Cercle de la Librairie
Collection : Bibliothèques
Date de publication : 01/05/10
N° ISBN : 978-2-7654-0980-9
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2 commentaires

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menqSsTX

05/10/11 19:47
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chris77

08/12/10 17:50
"Pour une bibliothèque universelle dont la plus richesse principale..."
Il n'y a pas que la copie qui est génératrice d'erreur, parfois elle peut provenir de l'original... De l'information il en est de même que toutes choses, elle se dégrade inexorablement après avoir été émise.

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