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Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 

Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.

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Un président riquiqui ?
[vendredi 10 septembre 2010 - 10:00]

"L’actuel Sarkozy, timide et réactionnaire peut croire qu’il n’a rien à gagner à poursuivre les réformes. Le Sarkozy d'avant, d'une autre stature, déciderait qu’il n’a rien à perdre à tenter sa chance. ["The current, timid, reactionary Sarkozy may judge that he stands to gain little from further reform. His grander former self would decide that he has little to lose from trying either.”] C’est ainsi que l’hebdomadaire libéral   anglais, The Economist, conclut son Edito de la semaine.

Impressionné par le Sarkozy de la rupture et son credo réformiste, le journal anglais semble effaré par le tournant pris par la présidence française. Celui qui n’hésitait pas à prendre des risques en affirmant que la France devait rompre avec son système centralisé et socialement hypocrite s’enferre désormais dans le discours inverse. Une rhétorique qui cingle le capitalisme d’un côté et vilipende les Roms de l’autre.

The Economist ne comprend en effet guère pourquoi Nicolas Sarkozy craint la rue lorsqu’elle s’indigne devant la réforme des retraites alors que les sondages montrent que 53% pensent que le projet de loi qui repousserait l’âge légal de la retraite à 62 ans serait "acceptable".  Selon le journal, en cédant devant les 70% qui ont approuvé les manifestations de mardi dernier, le président ne ferait que se joindre au long cortège des leaders politiques français incapables de réformer, d’Alain Juppé en 1995 à Dominique de Villepin en 2006, en passant par le plus passif d’entre tous, Jacques Chirac.

Plus inquiétant encore, affirme The Economist, serait la résignation du gouvernement, décidé à ne plus rien faire d’important pour les 18 mois à venir. Aucun gouvernement français n’a réussi à équilibrer son budget depuis plus de 30 ans, et les annonces de Christine Lagarde ramenant les prévisions de croissance pour 2011 de 2,5% à 2%  laissent entrevoir une fois de plus de grandes difficultés dans la réduction des déficits.  Le chômage des jeunes persiste, les banlieues seraient "plongées dans le chômage, la violence des gangs et la rage." Les atouts de l’économie française qui la protégeaient d’une récession trop forte la minent maintenant qu’il s’agit de relancer la croissance.

Bref, Nicolas Sarkozy a abandonné ses promesses libérales les plus ambitieuses et les plus audacieuses, et The Economist en est désolé pour lui.
 

* The Economist, 'The incredible shrinking président', 11-17 septembre 2010.

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