Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 
Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.
Bientôt de nouveaux résultats !
La gravure demeure incontestablement l’un des médiums parmi les plus originaux de l’histoire de l’art mexicain. Son développement a non seulement laissé au fil du temps des œuvres religieuses d’une profonde dimension sentimentale, mais il a également joué un rôle significatif dans la tournure prise par certains événements politiques . De l’illustration évangélisatrice à la satire, l’originalité et l’inventivité des graveurs mexicains nous permettent d’apprécier toute l’authenticité culturelle de ce pays ; et sinon de comprendre ses complexités, du moins de faire l’expérience occasionnelle de ses fables, de son humour, de son autodérision.
A ce propos, la très récente parution de la version française du Nouveau catéchisme pour Indiens insoumis , ouvrage issu d’une alliance débridée entre l’écrivain récemment disparu Carlos Monsiváis et l’artiste Francisco Toledo, est le prétexte parfait pour revenir sur la question de son univers graphique. L’iconographie sui generis qui accompagne ce petit recueil de paraboles irrévérencieuses mérite donc une parenthèse.
Les planches du Nouveau catéchisme pour indiens insoumis signent un épisode unique dans l’art de l’illustration mexicaine moderne comme dans l’œuvre gravée de Francisco Toledo. Contrairement aux pratiques d’usage, cet ensemble d’illustrations voit le jour avant les textes, devenant ainsi la source même d’inspiration des allégories de Carlos Monsiváis et non l’inverse. La formule associant image et texte inaugure ici un genre tout à fait inédit dans la production graphique de Toledo, à savoir, la parodie religieuse.
A l’origine de ce projet, une heureuse trouvaille de l’artiste : neuf matrices de cuivre des XVIIe et XVIIIe siècles, en provenance de Tlaxcala et de Puebla, contenant des images religieuses. Semblables à celles qu’illustraient autrefois les frontispices des catéchismes novo-hispaniques, elles titillent son œil espiègle. Insatisfait par l’idée d’une simple réédition ou annexion à sa collection d’arts graphiques , davantage audacieux, Toledo décide d’intervenir une nouvelle fois sur ces matrices, se réappropriant chacune des images de sorte que, de leur minutieuse reprise naît un ensemble profondément original. Il grave par-dessus à l’eau-forte, à la pointe sèche, au burin, au mezzotinto et imprime ses épreuves dans l’atelier de Mario Reyes à Mexico. L’artiste demande alors à Carlos Monsivais d’écrire neuf fables pour ses onze illustrations et le Nuevo Catecismo para Indios Remisos paraît sous forme d’une première édition de 31 exemplaires en 1981 .
Au fil des rééditions, le nombre d’illustrations et de textes augmente. Des neuf planches d’origine résultent quinze épreuves (les deux dernières étant uniquement retouchées à la gouache), dont seulement huit sont intégrées dans la réédition de 1996 . Actuellement, l’édition française propose une douzaine de planches en noir et blanc.
1 commentaire
Adisan
Dans l'attente de votre réponse, je vous souhaite un bon week end
Adrien