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Exclusif : Bernard Kouchner démissionne la chercheuse Marie Mendras de la direction de la prospective du Ministère des Affaires étrangères
[dimanche 29 août 2010 - 22:00]

La spécialiste de la Russie, chercheuse au CERI, Marie Mendras a été démissionnée de la Direction de la Prospective du ministère des Affaires étrangères par Bernard Kouchner cette semaine. Elle avait été nommée il y a environ huit mois à ce poste. "Elle n'a pas su trouver ses marques, ni compris ce qu'était le métier de diplomate, ni su comment on anime une direction d'administration centrale", affirme un membre de la Direction de la Prospective (DP). "Elle a été nommée dans une logique néoconservatrice, très typique d'une partie du cabinet de Bernard Kouchner, son directeur de cabinet en tête. Mais sur la Russie, comme sur le reste des dossiers, cette philosophie a fait long feu. Si on ajoute à cela, le manque de compétence de la directrice, ses faux-pas, ses crises d'autorité, on explique aisément que Bernard Kouchner s'en débarrasse après quelques mois seulement. Elle aura été l'une des plus brèves directrices d'administration centrale de toute l'histoire du Quai d'Orsay", confirme un autre membre de la DP. Selon les personnes que nous avons interrogées au sein de la DP, Mme Mendras avait fait l'unanimité contre elle dans son équipe, et plusieurs intellectuels et spécialistes des relations internationales avaient réclamé son départ. L'un d'entre eux rappelle "l'incompétence totale et l'amateurisme grave de la directrice de la DP", alors qu'un autre parle d' "une erreur de casting manifeste".

Cette démission confirme le double échec de Bernard Kouchner, et dans sa volonté d'ouvrir les analyses diplomatiques aux chercheurs indépendants (lire notre enquête sur la Direction de la Prospective que nous publions en parallèle) et dans le choix incohérent de nommer cette chercheuse inexpérimentée pour coordonner une telle direction. Selon plusieurs sources, elle n'aurait été nommée à ce poste que parce que le ministre, qui ne la connaissait pas, voulait nommer une femme à la tête de la direction.

Pierre Sellal, Secrétaire Général du Quai d'Orsay, avait laissé entendre depuis plusieurs mois à ses visiteurs que les jours de Mme Mendras étaient comptés. "Elle a été soutenue à bout de bras par le ministre et le cabinet, mais vraiment, il n'était plus possible d'arriver à la sauver vu les gaffes qu'elle accumulait", précise-t-on dans l'entourage de Bernard Kouchner. Une dizaine de chercheurs de haut niveau avaient démissionné, ou été abusivement licenciés, depuis l'arrivée de Mme Mendras. Son départ a été accéléré à la fin de l'été. Mme Mendras aurait alors réclamé un poste d'ambassadeur, selon différentes sources, mais "elle devrait être placardisée dans un non-poste auprès du directeur de la non-encore créée agence culturelle internationale", confirme-t-on de sources proches du ministre.

C'est Joseph Maïla (chercheur, né en 1948, éminent professeur de sociologie politique et de relations internationales, d'origine libanaise, spécialiste du Moyen-Orient, ancien recteur de l'Institut catholique de Paris) qui devrait succéder à Marie Mendras. Il dirigeait, depuis 2009, le pôle religion créé au ministère des Affaires étrangères par Bernard Kouchner, dont il est proche. Mais le départ du gouvernement de M. Kouchner étant annoncé pour cet automne, sa réforme inaboutie de la Direction de la Prospective et le départ de sa directrice, confirme son échec dans le secteur des idées et des intellectuels plus qu'il n'atteste d'une volonté de reprise en main .

Barnabé LOUCHE

 

> Lire notre enquête sur la Direction de la prospective du Ministère des Affaires Etrangères que nous publions en parallèle.

Barnabé LOUCHE
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5 commentaires

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Huhu

26/06/14 14:29
"Et si vous aviez lu ses livres et ses articles sur la Russie, et/ou suivi ses cours à Sciences Po, vous sauriez que Mme Mendras est l'une des chercheuses politologues les plus brillantes de ce pays et reconnue sur la scène internationale. "

a)Des cours à Science Po, ça ne vaut pas des cours à l'ENS...
b)Quand on l'écoute parler lorsqu'elle est invitée quelque part, il ne sort qu'une infâme bouillie dans laquelle ne surnage que des lieux communs... Ce qui ne plaide pas pour la qualité de sa pensée...
c)Et pour tout dire finalement, elle ressemble beaucoup à Nicole Bacharan, qui fait des erreurs de raisonnement digne d'une enfant de 8 ans et qui enseigne aussi à Science Po...
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Moureau

22/12/11 21:24
Je suis atterrée de lire que vous décrivez Mme Mendras en termes de "chercheuse inexpérimentée" et "manque de compétence". Elle n'était peut-être pas à sa place en tant que diplomate, mais encore faudrait-il que cet article de faible niveau journalistique daigne nous donner des exemples des erreurs qu'elle aurait commise à son poste. Et si vous aviez lu ses livres et ses articles sur la Russie, et/ou suivi ses cours à Sciences Po, vous sauriez que Mme Mendras est l'une des chercheuses politologues les plus brillantes de ce pays et reconnue sur la scène internationale. Vu la qualité de la diplomatie française et le niveau de compétence/connaissance des pays constaté des ambassadeurs et autres diplomates en poste, le Quai d'Orsay serait bien avisé de recourir davantage aux chercheurs, de les écouter de temps en temps. C'est ainsi que procèdent nombre de nos voisins européens. Encore faudrait-il que les chercheurs soient respectés en France comme ils le sont au Royaume Uni ou en Allemagne.
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relnata

06/09/10 17:05
je suis effaré par le degré d'incompétence et de servilité ,la seule bonne nouvelle en prospective, sic, c'est le départ -???- de Bernard Kouchner,
un moralisateur sans éthique , il aurait ce qu'il mérite.
Quant au remplacement à la direction de la prospective, choisir J.Meyla, "théologien à , l'institut catholique de Paris, ça en dit long sur l'instrumentalisation de la religion par Nicolas Sarkozy qui pour avoir loué la figure du curé dans un célèbre discours au vatican, est un matérialiste mais de la pire espèce, ... un président de la république dont l'une des premieres mesures fut d'augmenter son salaire de 150 %, rappelons le tout de même.
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عمر م&

06/09/10 16:56
Cet article est symptomatique d'une certaine culture académique à la française : nominations et évictions sont le fait d'un prince ; la notoriété d'un spécialiste n'est pas un indicateur de sa compétence, ou alors en raison inverse ; le milieu des experts est un panier de crabes intrigants ; la prise de responsabilité va en général de pair avec des crises d'autoritarisme inconsidérées ; enfin, les comptes rendus de ces situations si drôles qu'elles ne font plus rire, tel celui dont non-fiction.fr se fait la tribune, témoignent par leur opacité du même esprit de fricotage et de manoeuvre que celui qui inspire les faits rapportés.
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Sinbad

05/09/10 15:45
Madame Marie Mendras est une excellent chercheuse . Je pourrais admettre qu'elle n'ait pas été à sa place de diplomate , si cette éviction était accompagnée d'exemples de ses bévues, voir de ses fautes .
PS je ne connais pas personnellement Madame Mendras , mais je trouve que cet article n'explique rien

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