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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Après le PS Français, les primaires en Europe ?
[vendredi 27 août 2010 - 14:00]
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La philosophie politique d’un processus de désignation


De plus, dans le choix de la désignation, se pose la question de la stratégie électorale à mener tout au long de la campagne. L’ombre des méthodes “obamiennes”, pèse alors dans le balancier des décisions européennes. Le long récit des Caucus après Caucus de l’autre rive de l’Atlantique a fait des émules non seulement en France, mais désormais semble-t-il en Europe. Avant tout, car il serait capable de rallier parfois des composantes d’alliages assez disparates.

Argument second, parmi les principaux leaders d’opinions sur la scène des e-médias européens, nous pouvons identifier John Worth, conseiller politique en la matière - également pour le PSE, faut-il le préciser - qui participe aussi à la sensibilisation européenne sur le thème désormais des primaires, car nos moyens de communications nous permettent désormais de le rendre possible.

Bien sûr, le risque est, dans une telle démarche, de ne reproduire que des débats nationaux, voire régionaux, dans un cadre européen ; mais, interrogé précisément sur ce fait, par un des principaux journaux de gauche irlandais, Politico, Desmond O’Toole rétorque que l’intérêt principal d’une primaire à l’échelle européenne est de tirer vers le haut les débats et de “galvaniser” un leader sur des enjeux plus larges et européens. Autrement, le blogueur d’Eurocitizen, Conor Slowey voit cette initiative avec une certaine distance  : certes, les systèmes de prises de décisions sont imparfaits, cependant asseoir un système de primaires permet d’abord, selon lui, de développer un mode de fonctionnement interne au PSE régulier et démocratique, afin de le contraindre à voter à chaque élection pour ses représentants; ensuite, cela changerait la nature même des euro-partis : ils devraient non plus discuter de leurs intérêts strictement vis-à-vis de l’Europe, mais délibéreraient de manière véritablement européenne. Et le plus visible des cas, pour le juriste suédois Ralf Grahn, qui se définit lui-même comme “indépendant”, est l’effet des nouvelles technologies pouvant rapprocher les débats européens, pour ceux voulant vraiment construire ensemble à l’échelle européenne. Il propose d’ailleurs une campagne online. Soutenant ce mouvement, il enjoint les autres partis européens à le suivre. Une certaine concurrence vertueuse à l’échelle européenne pourrait ainsi s’installer.

Reste la faisabilité d’une telle organisation de primaires à l’échelle européenne. Là, les soucis du réalisme et du pragmatisme ressurgissent. Aymeric Lorthiois voit une solution peu plausible sur le front uniquement européen, mais décliné par chacun des partis nationaux. Dan Luca, responsable de la section des sociaux démocrates roumains à Bruxelles, propose lui un agenda relativement précis : début mai 2011, sélection à l’automne de la même année, validation des candidats et recherche de fonds en 2012 pour un début des primaires en 2013.

Parmi une des causes de réussite du mouvement...

Cet appel des militants socialistes a été entendu par la direction du PSE, qui les a invités à participer aux travaux du parti à Bruxelles. Mais cette réussite, pour un groupe Facebook, tient à plusieurs facteurs dont l’influence des réseaux sociaux. Il n’est pas commun de rassembler aussi rapidement une foultitude de militants séparés par des frontières à la fois nationales, linguistiques et partisanes. Le deuxième élément de réponse est semble-t-il dans la nature bien particulière du PSE (parti) vis-à-vis de ses militants (activités PSE). La direction du PSE a besoin de ses militants européens pour sensibiliser et sortir les partis nationaux de leur léthargie habituelle, et du sentiment qu’ils perdent à chaque concession une partie de leur pouvoir, de leur influence, et de leurs prérogatives. Sans doute d’ailleurs, à tort. Mais ce qui est vrai pour les gouvernements envers l’UE est, sociologiquement, également vrai pour les partis politiques.

L’humain est ce qu’il est, rassuré dans ce qu’il connaît déjà, menacé par toute innovation. Même limitée, et même si cette initiative rate son objectif premier, force est de constater que l’effervescence des contributions et des liens entre européens, créés par ce mouvement, est déjà un succès en soi. Il importe donc de soutenir et d’observer de très près ce mouvement pour comprendre et connaître l’Europe politique de demain....

 

A lire aussi :

- Le site de la campagne pour des primaires au PSE.

- Les tweets de PES Primary.

- Le dossier de Nonfiction.fr sur la politique extérieure de l'Union européenne.

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