Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 
Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.
Bientôt de nouveaux résultats !
Ce qu’il y a de fascinant en Europe, est que tout le monde y vit, mais peu, voire personne, semblent se préoccuper de son avenir. C’est encore cruellement le cas en matière politique, non seulement à l’échelle européenne, mais de manière transnationale. L’actualité nous donne hélas tous les exemples possibles : l’Europe des Tsiganes est une réalité, mais ce sont des politiques nationales qui prévalent ; la régulation des banques et des dettes sont des réalités européennes, mais il s’agit toujours et encore de jouer les nations les unes contre les autres.
Si l’Europe est bonne ou mauvaise, c’est désormais de son fait par le biais des élections, depuis le traité de Lisbonne : on ne le dira jamais assez, dans les textes, le parti européen gagnant dispose du choix pour la présidence de la Commission. Cette innovation avait pour but de développer l’intérêt pour la vie politique européenne, pour l’instant, admettons que nous en sommes encore aux balbutiements.
L’émergence ou le recul de la politique européenne ?
Si nous devons être objectif, le décollage de la politique n’est aucunement inscrit dans les faits, à s’en tenir aux participations des élections à l’échelle européenne : de 61% de participation en 1979 à 43% en 2009, dans une descente continue (tel que le note une contribution de la FEPS, sous la plume de la politologue Ania Skrzypek). Si les faits sont têtus, les explications sont plurielles. Il est indéniable que la défaite cuisante des partis progressistes en 2009 relève essentiellement d’une abstention croissante depuis 30 ans de leurs électeurs traditionnels, c’est en tous les cas l’explication officielle que le PSE met en avant. Et un an après la défaite, il est enfin temps de construire une stratégie pour regagner le coeur de l’opinion progressiste européenne. C’est en tous les cas, les thèses qui fleurissent sur de nombreux blogs, et autres sites partisans généralement progressistes. La toile européenne progressiste est pour le moins un phénomène émergent, mais existe, cela dit. Ne manquent que les débats de fond, alors qu’une demande se fait jour au sein de la vie politique européenne, celle d’un débat sur les moyens à entreprendre pour faire renaître l’adhésion populaire pour le parti social-démocrate à l’échelle européenne.
La quête du modèle Obama pour l’Europe progressiste
La référence est assez facile. Quel parti politique peut aujourd’hui éviter de reprendre à son compte les fameuses méthodes de l’équipe Démocrate outre-atlantique ? Peu, il faut l’avouer, mais à population comparable, il est vrai que la remarque peut susciter de l’intérêt. José Reis Santos fait ici directement part de cette inspiration.
Au commencement, il y a le réseau des militants socialistes européens, ceux qui suivent le PSE tout au long de ses pérégrinations au travers l’Europe. A vrai dire, les partis européens de part et d’autre réunissent régulièrement leurs troupes. Mais la manière diffère. Le PPE se réunit beaucoup, mais cela avec un cartel de dirigeants ; les écologistes peinent pour trouver leurs interlocuteurs dans l’Europe entière. La particularité des militants de gauche tient semble-t-il à leur histoire : elle est une volonté de fédérer un véritable parti européen, capable d’unifier toutes les singularités des partis socialistes et sociaux-démocrates, avec de vrais divergences entre les nations, cela dit.
La PSE a officiellement affirmé ses ambitions à Prague, en décembre 2009. Tirant les leçons d’une cuisante défaite aux européennes de juin 2009, Poul Nyrup Rasmussen a mis la reconduction de son mandat en jeu dans la promesse, désormais statutaire, de nommer un leader européen pour la prochaine campagne, lui-même devenant le candidat naturel des 27 partis socialistes nationaux.
Rappelons, puisqu’un rappel n’est jamais superflu en matière européenne, que ce principe avait particulièrement mal fonctionné en 2009 lors de la précédente élection. De notoriété publique : les Portugais ne voulant guère du retour de Barroso ; les Espagnols jouant une certaine solidarité ibérique comme monnaie d’échange ; les Allemands emmenés par Martin Schultz s’étant ralliés au dernier moment, dit-on pour monnayer des postes et des présidences décoratives.
Et tel que l’explique le blog du collectif “27roses”, article retranscrit sur le nouveau think-tank Eurocité, une fois voté cet engagement de principe d’un choix commun pour les 27 partis membres en 2014, le processus de désignation n’est en rien décidé. Et pour tout dire, le débat ne fait ainsi que commencer. Mais désormais, les militants PSE mènent une très large campagne de sensibilisation, ayant débuté leur mouvement, comme il est d’usage dorénavant, par un groupe Facebook. Une des plus sérieuses sources de presse sur les informations politiques européennes, EUObserver, fait ici le récit relativement fidèle de la dynamique enclenchée.
Aucun commentaire