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La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

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Une enquête sociologique sur le "travail de care"
[mardi 25 mai 2010 - 00:00]
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Le care entre conception "caricaturale" et conception "professionnelle"
 
En présentant plus en détail trois cas de leur enquête, Natalie Benelli et Marianne Modak montrent ainsi l’intérêt heuristique de leur démarche. Celui-ci provient surtout du décalage exploité entre une attitude "faussement naïve"   et une charge émotionnelle forte du côté des enquêtrices et en parallèle des explications précises des AS sur leur travail : "le travail de care se dévoile de deux manières : dans la difficulté de la profane à supporter le poids émotionnel énorme qu’implique la vue de la souffrance de l’usager et l’impossibilité de l’alléger ; dans l’impassibilité apparente de l’AS qui démontre la maîtrise dont il doit faire preuve en tant que professionnel"  .
 
Les AS montrent en effet, qu’ils doivent être à la fois empathiques et pragmatiques. Empathiques, puisqu’ils doivent communiquer une émotion et s’intéresser aux personnes qu’ils rencontrent dans le cadre de leur travail ; et pragmatiques, puisque leur travail ne consiste pas uniquement à réconforter ces personnes mais bien à trouver des solutions institutionnelles à leurs problèmes. Il existe donc bien une opposition entre le care vu par le profane qui reste dans le registre familial et le care "institutionnel" du professionnel qui appartient aux services sociaux de l’Etat.
 
"Si le care est visible actuellement, c’est surtout en tant que valeur éthique à promouvoir contre le "tout économique" et non comme un travail indispensable au bien-être général d’une société, qu’il est important de saisir aussi dans son économie émotionnelle"   : le care, notion politiquement importante aujourd’hui ne peut donc pas être limité aux simples relations d’aide et de soins familiales ; il est avant tout l’objet de pratiques, et donc de politiques, sociales et institutionnelles.
 
 

* Natalie Benelli, Marianne Modak, "Analyser un objet invisible : le travail de care", Revue française de sociologie, 51-1, 2010, pp.39-60.

 

A lire sur nonfiction.fr :

- Dossier "Do you care ?"

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