La phrase

Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS.

Jacques Julliard, entretien à  nonfiction.fr

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Pierre Joxe à la Cité des Livres
[mardi 27 avril 2010 - 14:00]
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Ministre de la Défense

En 1992, alors ministre de la Défense, Pierre Joxe s’opposa à l’envoi de l’armée en Somalie. Selon lui, les seules opérations de maintien de la paix possibles étaient celles décidées par les Nations Unies dans un cadre déterminé. La situation en Somalie ne justifiait pas l’arrivée de troupes étrangères, principalement américaines. Pierre Joxe est revenu sur ses divergences avec Bernard Kouchner qui défendait l’opération militaire au nom d’un "devoir d’ingérence humanitaire". François Mitterrand avait suivi l’avis de ce dernier tout en laissant son ministre de la Défense maître de "l’exécution de cette mauvaise décision". Pierre Joxe a expliqué qu'il lui était alors difficile de démissionner puisque Jean-Pierre Chevènement l’avait fait un an plus tôt au moment de la première guerre du Golfe. Maître des opérations, il choisit de ne pas envoyer les troupes françaises à Mogadiscio, mais plutôt à l’Est vers la frontière où ces soldats ont plutôt joué un rôle de gendarmes locaux, sans prendre part aux massacres de Mogadiscio en octobre 1993.

Casinos et jeux d’argent

En 1988, Michel Charasse, ministre du Budget, voulait faciliter la légalisation des jeux d’argent. Pierre Joxe, alors ministre de l’Intérieur, s’était opposé à cette loi. Selon lui, si l’Etat encourage les jeux d’argent, il encourage aussi le blanchiment d’argent et les gros trafics (prostitution, drogue...).

Le droit pénal spécial des mineurs

La dernière partie du débat- grâce aux questions du public- a permis à Pierre Joxe de revenir sur les "cas de conscience" qui ont émaillé ses neuf années de mandat au Conseil constitutionnel. Il a avant tout rappelé que s’il ne peut pas diffuser les avis des autres membres et le contenu des débats au Conseil pour respecter le secret du délibéré, il peut sans enfreindre son serment publier et s’exprimer sur ses propres "opinions divergentes", régulières dans un Conseil où il a toujours été en minorité face à une majorité de droite.

Il a aussi évoqué son activité présente d’avocat qui lui permet d’assister à des procès de mineurs et de faire une étude sur la situation en France du droit pénal des mineurs avant d’aller analyser la situation dans d’autres pays européens. Pour lui, ce droit pénal spécifique aux mineurs est indispensable puisqu’on ne peut pas juger un enfant ou un adolescent comme s’il était un adulte. Il ne doit pas être jugé uniquement selon ses actes mais aussi selon sa personne. Son intérêt pour cette question a été éveillé par l’un de ses "cas de conscience". En 2002, le Conseil constitutionnel a progressé en érigeant en Principe fondamental reconnu par les lois de la République (PFRLR) le principe d’un droit pénal spécial pour les mineurs, principe issu d’une ordonnance de 1945 sur le sujet. Mais le Conseil a paradoxalement régressé en validant la loi Perben I qui renforçait la sévérité envers les mineurs et rapprochait le droit pénal des mineurs de celui des adultes. En 2004, la loi Perben II accentuait ce glissement en autorisant la garde à vue pendant quatre jours pour les mineurs, dans un texte contraire à l’ordonnance de 1945 et donc anticonstitutionnel, puisque cette ordonnance avait été érigée en PFRLR à valeur constitutionnelle.
Clémence NIERAT
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