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Critique à nonfiction.fr

La phrase

Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 

Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.

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Dieu est-il mauvais ?
[dimanche 28 mars 2010 - 16:00]
Religion, Spiritualités
Couverture ouvrage
Dieu obscur : cruauté, sexe et violence dans l'Ancien Testament
Thomas Römer
Éditeur : Labor et Fides
147 pages / 17,10 € sur
Résumé : Un essai qui met en lumière les multiples visages du Dieu de l'Ancien Testament, loin des considérations monolithiques ou apologétiques.
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Traditionnellement, les religions sont associées au Bien, à une forme de transcendance censée élever l’homme en l’épurant de ses imperfections. Que la présence du mal soit constatée au cœur de la sphère religieuse et c’est précisément cette conception, empreinte d’une certaine naïveté, qui se trouve alors écornée. Dans cette " troisième édition   d’un texte rédigé à la base pour aborder de front des questions souvent posées par le public sur le Dieu de l’Ancien Testament ", Thomas Römer, professeur au Collège de France  , se propose d’expliquer à la lumière du contexte historique certains passages de l’Ancien Testament qui mettent en scène un Dieu violent et cruel.


L’exil babylonien ou la naissance d’un nouveau Dieu


L’introduction nous rappelle que l’hostilité au Dieu vétérotestamentaire s’impose avec Marcion, théologien du IIème siècle apr. J.-C. Pour lui, le Dieu de l’Ancien Testament est un dieu mineur, responsable d’une création mauvaise. Cette introduction insiste d’emblée sur la nécessité, pour comprendre en partie la violence sous-jacente à certains textes, de "se replacer dans le contexte conceptuel et idéologique des milieux producteurs" . L’exil babylonien marque de ce point de vue un tournant décisif dans la conception que le peuple d’Israël se fait de son Dieu. Comprenons que la défaite face aux Babyloniens et à leur dieu Marduk impose le dépassement de la conception de Yahvé comme Dieu national. C’est ainsi que le milieu deutéronomiste, après l’exil, tend à présenter Yahvé sous de multiples facettes : il n’est plus uniquement le Dieu protecteur, il devient celui qui se venge de ses ennemis ou de ceux qui lui manquent de respect. Et l’auteur d’apporter cette précision capitale : "Ce sont les déportés babyloniens, qui prirent l’initiative de la publication de la Torah". Le contexte historique permet ainsi d’éclairer en partie la présence dans l’Ancien Testament d’un Dieu violent et cruel : exilé loin de Jérusalem et privé de son lieu de culte, le Temple (détruit), le courant deutéronomiste, pour maintenir la suprématie du Dieu Yahvé  , se doit d’expliquer la chute du royaume d’Israël par la seule volonté de son Dieu, lequel a choisi de punir son peuple infidèle. Ce coup de force théologique, décisif en ce qui concerne la conception divine qui prévaudra dans l’Ancien Testament, oriente définitivement le discours sur Dieu. C’est précisément au regard de ce bouleversement que l’auteur situe les six chapitres de son ouvrage : Dieu est-il mâle ? Dieu est-il cruel ? Dieu est-il despote et guerrier ? Dieu est-il moralisateur et l’homme pécheur ? Dieu est-il violent et vengeur ? Dieu est-il compréhensible ?


Un Dieu anthropomorphique


Le premier chapitre, en posant la question de l’identité sexuelle de Dieu, entend interroger la violence vétérotestamentaire dans ses fondements. Mis en forme par des sociétés patriarcales, les textes témoignent très souvent de la masculinité du Dieu vétérotestamentaire. Yahvé est ainsi envisagé tantôt comme roi (voir la mise en place de l’idéologie royale avec le livre de Samuel ou les Psaumes 74 ou 93), tantôt comme père (voir notamment Is 64, 7 ou Dt 14, 1) ou encore comme époux (voir les livres prophétiques d’Osée, de Jérémie et d’Ezéchiel). Ce qui se dessine ici en définitive, par-delà l’aspect purement sexuel de la divinité  , c’est une forme d’anthropomorphisme du personnage.

Titre du livre : Dieu obscur : cruauté, sexe et violence dans l'Ancien Testament
Auteur : Thomas Römer
Éditeur : Labor et Fides
Collection : Essais bibliques
Date de publication : 26/11/09
N° ISBN : 2830913671
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8 commentaires

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dubitatif

20/08/10 07:59
chastété ou amour du sexe sur une même Terre = mission impossible sur une seule Terre
un Dieu qu'on a appelé, je répète, qu'on a appelé Dieu de la Terre et qui souffre parce qu'il ne possède pas les cléfs de l'abîme c'est curieux.
SI CE DIEU MANQUE DE DISCIPLINE C'EST QU'IL DOIT AVOIR LA TÊTE DANS LA LUNE
ET PEUT-ÊTRE CELA FAIT-IL DES JALOUX ?

Enfin, je récapitule ce que j'ai LU sur un moteur de recherche bien connu
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Carolien

11/07/10 19:04
Ou bien dieu n'existe pas et l'affaire est réglée

ou bien il existe et alors on doit tenir compte de son caractère omnipotent : il ne peut alors être que malfaisant, pervers, sadique et criminel, puisque tout mal procède de lui, comme tout le reste.
Satan n'est qu'une invention de clerc déboussolé par l'omniprésence du mal.
Le dieu du Livre est le mal en action.
Peut être est ce sa distraction, l'éternité est si longue...
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Cavalcanti 2

13/04/10 19:59
"Sultitiat dei" St Paul " ( Dieu est fou)
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Anonyme

06/04/10 10:27
@ Sylvain Reboul
Mao, Hitler, Pol Pot...
à l'athéisme l'humanité reconnaissante...
@ Babelouest
quand Jan Assmann parle de Moïse image mythifié du pharaon est peu moins brutal, mais peut-être est-il un chercheur sérieux...
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babelouest

05/04/10 18:45
Il est certainement malaisé de se montrer aussi réducteur. Les dieux (sans majuscule, et au pluriel) dont le récit historique des premiers chapitres de la Genèse raconte les exploits pour reterraformer une planète secouée par une glaciation, n’ont rien à voir avec celui dont un Moïse nous a gratifiés. Celui-là a été assez clairement inventé pour contenir et guider un peuple turbulent, païen et sans envergure, mais globalement soumis.

Il faut se représenter les religions du Livre comme des inventions, basées pour partie sur des textes très anciens transmis à la virgule près par tradition orale. Les Adeptes qui les ont écrites, promulguées, imposées étaient plus soucieux de leur propre promotion sociale, que du salut de peuples qui n’étaient pour eux que des outils.

(ouf, j’attends des réactions salées)

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