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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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CNL
Non, les Juifs ne sont pas des victimes éternelles !
[mercredi 24 mars 2010 - 15:00]
Religion, Spiritualités
Couverture ouvrage
La souffrance comme identité
Esther Benbassa
Éditeur : Hachette Littératures
305 pages / 8, 55 € sur
Résumé : Un livre incisif, qui illustre une thèse qu'il est hélas encore nécessaire de défendre.
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Pourtant, ces souffrances, bien réelles, vécues pendant deux millénaires, ne sauraient occulter des périodes où des hommes de confessions différentes ont pu inventer un "vivre ensemble", comme en Turquie, dans les Balkans ou en Afrique du Nord. C’est ce qui fait la richesse de l’histoire du peuple juif - peuple historiquement construit, certes, peuple également fait de conversions, mais peuple tout de même, d’où la majuscule dans le livre au substantif "Juif". Ces souffrances, bien réelles, ont souvent développé chez de nombreux Juifs une sensibilité particulière aux injustices, expliquant la sur-représentation des Juifs dans de nombreux mouvements de solidarité ou de protestation, comme cela est détaillé dans Le Siècle juif de Yuri Slezkine. Peut-être Esther Benbassa aurait-elle pu insister sur ce point, dans une démarche plus constructive, opposée à la conception "doloriste" de l’histoire juive.
Déjà paru en édition de poche, le livre d’Esther Benbassa se présente comme une référence, probablement indispensable à toute personne intéressée par le judaïsme ou simplement par le rôle de la souffrance dans les constructions identitaires. L’index général, la longue bibliographie et les notes précises situées en fin de volume, permettent également une consultation de l’ouvrage sur des points particuliers. Un seul regret, peut-être, l’absence de référence à des sources non écrites, comme les chansons ou les films (on peut penser au formidable documentaire d’Yves Jeuland, Comme un juif en France, 2007). Aussi, en guise de complément, c’est une histoire juive qui servira de fin à ce petit compte-rendu, illustrant une dimension psychologique peu présente dans ce livre : un Juif appelle sa mère "Allo Maman, comment ça va ?". Sa mère : " Ça va, merci ". Le fils : "Ah... excusez-moi, j’ai dû me tromper de numéro !".

 

A lire aussi sur nonfiction.fr :

 

Jean-Christophe Attias, Penser le Judaïsme, par Jérôme Segal.

-  Esther Benbassa, Etre juif après Gaza, par Jérôme Segal. 
 

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3 commentaires

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Jean

09/08/10 00:06
"Etre juif après Gaza" comme on questionnait "être allemand après Auschwitz". Analogie ignoble que Jérôme Segal relaie sans recul critique.
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MAO

07/04/10 17:36
Fantasmée ou non ce sentiment d'appartenance à tant de souffrance constitue pourtant quand meme une identité même en négatif!
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Sylvain Reboul

01/04/10 17:28
La culte de la souffrance est une passion triste qui ne peut que nous conduire à l'impuissance et/ou au culte de la mort de soi et de l'autre.

Spinoza, au nom de la joie active, a rompu radicalement avec ce judaïsme politico-religieux.

Puissent ceux qui se disent juifs ne pas l'oublier.

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