La phrase

Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS.

Jacques Julliard, entretien à  nonfiction.fr

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Manifeste historique pour une Révolution présente
[jeudi 25 février 2010 - 12:00]
Histoire
Couverture ouvrage
Les émotions, la Révolution française et le présent : Exercices pratiques de conscience historique
Éditeur : CNRS
380 pages / 23,75 € sur
Résumé : Un ouvrage-manifeste qui s’efforce de montrer les liens entre le passé révolutionnaire et le présent le plus contemporain.
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Le nouvel ouvrage de Sophie Wahnich paru aux éditions du CNRS n'est pas tant un livre sur la Révolution française qu'un essai portant sur le sens de la discipline historique et du métier d'historien à l'heure actuelle. L'auteur reprend les thèmes qui lui sont chers et qu’elle a  déjà explorés dans ses ouvrages précédents  . Des concepts tels que l’universel, l’individu ou la notion d’étranger à l’époque révolutionnaire, ainsi que l’analyse des émotions populaires, forment la trame de l’ouvrage et se retrouvent d’un chapitre à l’autre comme des leitmotive. L'originalité de l'ouvrage réside dans la volonté de faire se répondre le passé et le présent et de montrer que les débats qui ont déchiré la France de la Révolution entrent en résonnance avec notre temps. A mi-chemin entre la science et la poésie, le livre de Sophie Wahnich se veut à la fois ouvrage historique, manifeste littéraire et essai politique.

Le paradoxe de la Terreur ou les origines du "conflit d’intolérables"

Sur le strict plan historique l’auteur n’apporte pas de conclusions nouvelles. Le livre Les émotions, la Révolution française et le présent doit se lire comme des miscellanées. Il s’agit d’un bon résumé de toutes les thématiques explorées par Sophie Wahnich lors de travaux antérieurs. L’analyse des émotions populaires, au cœur de son précédent ouvrage,  occupe à nouveau une place centrale. L’historienne s’intéresse à tous les témoignages qui permettent de faire entendre la voix du peuple : journaux, pétitions adressées aux assemblées révolutionnaires, pamphlets. Depuis la Longue patience du peuple, le propos de la chercheuse n’a donc pas changé. L’enjeu demeure d’analyser les mécanismes de la violence populaire et de tenter de comprendre comment les idéaux révolutionnaires, ceux de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, ont conduit trois ans plus tard à la prise des Tuileries, aux massacres de septembre 1792, à la Terreur. Il semble en effet que nombre des tragédies de la fin du XVIIIe siècle soient marquées du sceau de ce paradoxe : on peut produire l’horreur avec des idéaux dont l’ambition est de conduire au bonheur de l’humanité. Ce paradoxe, qui est au cœur de la période de la Terreur, se retrouve à plusieurs reprises aux XIXe et XXe siècles, notamment dans les sociétés communistes. Est-on certain du reste que les démocraties occidentales, dont l’ambition, telle qu’elle est formulée dans la Déclaration universelle de 1948 – est d’assurer le bonheur des populations-, échappent à ce paradoxe ? Cette ambiguïté cruelle, que Sophie Wahnich choisit de nommer "conflit d’intolérables" dans son ouvrage, a suscité le questionnement de nombreux écrivains, penseurs et philosophes depuis l’époque même de la Révolution. La réponse à la question : "pourquoi la Terreur, après la Déclaration des Droits et l’abolition des privilèges ?" varie en fonction des sensibilités politiques. Depuis le XIXe siècle une tradition de penseurs s’est employée à trouver un équilibre entre les positions contre-révolutionnaires (condamnation des idéaux révolutionnaires et de la Terreur) et les positions extrémistes, jacobines ou communistes (les idéaux révolutionnaires justifient la Terreur). Sophie Wahnich rappelle ainsi les positions de Kant et Hegel, qui condamnent la Terreur tout en sauvant les droits de l’homme   ; elle fait également plusieurs fois référence au roman 1793 de Victor Hugo dans lequel l’écrivain montre comment le paradoxe révolutionnaire conduit la Révolution à dévorer ses propres enfants.

Cécilie CHAMPY
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Titre du livre : Les émotions, la Révolution française et le présent : Exercices pratiques de conscience historique
Auteur : Sophie Wahnich
Éditeur : CNRS
Collection : Histoire
Date de publication : 01/10/10
N° ISBN : 227106743X
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