Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 
Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.
Bientôt de nouveaux résultats !

Dans un article récent du Monde (novembre 2009), Hans Küng, théologien catholique suspendu de ses fonctions en 1979, s’insurgeait contre la volonté papale de réintégrer certains prêtres anglicans dans le giron de l’Eglise catholique. Depuis maintenant près de quarante ans, Küng critique énergiquement les positions selon lui dogmatiques et traditionnelles du Vatican qu’il entend reconsidérer à la fois à la lumière des Evangiles et des évolutions sociales du monde moderne. C’est précisément dans cette perspective que sont rédigés ses Mémoires. Après avoir évoqué dans un premier ouvrage (Mémoires I, Mon combat pour la liberté, novembre 2006) la première partie de sa vie (1928-1965) qui mettait l'accent sur la notion de liberté, le théologien poursuit son travail en relatant la période de son existence couvrant les années 1966-1980.
Une réflexion sur les dogmes au nom de la liberté et de la vérité
Dans ce second tome, il entend déplacer l’accent au profit d’une « vérité en discussion » dans l’Eglise. Aussi le titre même de l’ouvrage, Mémoires, est-il à considérer dans une perspective universaliste, Küng se proposant, à travers la narration de sa vie, de relater le développement de la théologie catholique et de l’Eglise au cours de la seconde moitié du XXème siècle. Que le lecteur ne soit donc pas surpris de découvrir tout au long du livre, parallèlement au parcours du théologien suisse, l’évocation de la carrière de Joseph Ratzinger, ces deux hommes reflétant deux visages de l’Eglise au XXème siècle. D’emblée, le prologue pose une des problématiques essentielles de la théologie de ce siècle : " Le dogme se situe-t-il au-dessus ou en-dessous de l’Ecriture ? " ; autrement dit, le message christique des Evangiles peut-il être relu à la lumière de l’exégèse historico-critique ou est-il définitivement gravé dans le marbre de la théologie dogmatique et traditionnelle ?
C’est véritablement à l’aune de cette problématique que se définit l’ensemble des treize chapitres du livre. S’ouvrant précisément après la clôture du Concile de Vatican II (1962-1965), porteur d’espérance et de promesses de réformes pour nombre de catholiques et de théologiens, l’ouvrage souligne, notamment à travers la crise de 68, le durcissement d’un pouvoir romain toujours plus centralisé, contrairement à la décentralisation et à la réforme de la curie que souhaitait Vatican II. Dès 1967 apparaissent les premiers germes de résistance : l’élection de l’évêque de Bâle se fait indépendamment de la volonté romaine et Charles Davis, théologien le plus influent d’Angleterre, décide de quitter l’Eglise catholique en raison de son magistère autoritariste et centralisateur. Ainsi naissent, dans le creuset de cette période postconciliaire, tous les termes d’un conflit qui ne cessera d’opposer jusqu’à nos jours certains théologiens catholiques et le Vatican. C’est d’ailleurs dans cette situation de tension extrême qu’intervient l’encyclique de Paul VI sur le célibat sacerdotal, rédigée en juin 67. Contre toute attente, cette loi du célibat, " d’ordre purement ecclésiastique ", n’a rien à voir avec " un célibat librement consenti selon l’esprit de l’Eglise " puisqu’elle trouve son origine au XI ème siècle sous l’influence des ordres religieux et de Hildebrand, un moine qui devint plus tard pape sous le nom de Grégoire VII.
2 commentaires
traintrain11
Un peu triste votre propos, voire délétère...Où est le Christ et son Amour?..
J'avoue que j'ai bien ri de vos propos peu orthodoxes et écrits pour dégrader l'homme KÜNG...
Vous défendez un appareil dont bcp s'éloignent, soit, mais, au moins, soyez élégants si vous ne pouvez être dans le respect de l'autre.
bypo