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La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

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Claude Lanzmann contre Yannick Haenel, suite et fin...
[mercredi 03 février 2010 - 14:00]
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Ce qui le serait plus, c’est l’article écrit par Jan Karski dans la revue Kultura en 1986, et traduit dans Esprit, où il déplore que les gouvernements alliés n’aient rien fait pour venir en aide aux juifs, alors qu’ils étaient les seuls à pouvoir le faire. Haenel prétend donc qu’il défend une vérité, et que Lanzmann ne peut s’appuyer sur son chef-d’œuvre cinématographique pour balayer d’un revers de main toutes les autres hypothèses qui viendraient s’opposer à sa version des faits.


C’est à ce stade du débat que Yannick Haenel semble sortir de son rôle de romancier. Marc Weitzmann fait remarquer dans Libération du 2 février toute l’ambiguïté de cette position. " Tout comme Karski hurlait, dans l’indifférence, la Vérité sur le Mal, Haenel dévoilerait, via la Shoah, nous dit-il, la vraie nature du monde contemporain. En d’autres termes, son livre se présente moins comme un roman que comme une thèse intellectuelle mise en fiction. » En ce sens, pour Weitzmann, dire que les juifs ont été abandonnés à leur sort tragique par les Alliés, et énoncer comme thèse principale de son livre qu’ " il n’y a pas eu de vainqueur en 1945, il n’y a eu que des complices et des menteurs "  , c’est absolument différent.


Le problème dans l’argumentaire de Haenel serait donc qu’il appelle fiction dans son livre ce qu’il nommerait vérité dans un article  . La littérature, dénuée de tout statut heuristique, pourrait-elle donc se raccrocher à une vérité extérieure lorsque sa construction même se trouverait menacée ? Si l'on s'en tient à cette hypothèse, pense Marc Weitzmann, on ne verrait dans le livre de Haenel qu'une dénonciation injustifiée d’une complicité supposée entre Hitler et Roosevelt, ou le simple ressassement des thèses des nostalgiques de la Collaboration. C’est dire la perte de crédibilité du romancier.


Weitzmann critique ainsi chez Haenel la prétention à lever des tabous qui n’existent pas. A commencer par celui des rapports entre la fiction et la Shoah. Il n’y aurait pas de tabou à écrire sur la Shoah, mais un véritable problème de savoir comment écrire sur un événement dont la portée historique déborde l’imaginaire du romancier de toutes parts  .


Néanmoins, il serait absurde de clouer au pilori, comme le fait Lanzmann, l’ambition littéraire qui consiste à librement " s’emparer par l’imagination de personnages historiques " pour les réincarner. Avec de tels arguments, Guerre et Paix de Tolstoï ne vaudrait pas grand-chose. Le Shoah de Lanzmann est aussi une oeuvre d’art construite, affinée et conforme à l’imaginaire de son auteur. On ne saurait donc reprocher à Haenel de prendre les mêmes libertés dans son œuvre simplement parce qu’il invoque une conception différente de l’art. Au-delà de son contexte contemporain, ce débat semble poser une question fondamentale sur la nature de la littérature. Dans l’Art du Roman, Milan Kundera affirmait que " le roman qui ne découvre pas une portion jusque là inconnue de l'existence est immoral ". Peut-on considérer, à l’inverse, qu’une démarche scientifique qui ne prétend pas absolument découvrir cette part inconnue de l’existence y puise sa moralité même ?.

 

 

A lire sur nonfiction.fr :

- ' La fiction battue en brèche, ou l'affaire Jan Karski ', par Pierre Testard.

- Claude Lanzmann, Le Lièvre de Patagonie (Gallimard), par Ophir Lévy.
 

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111 commentaires

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Luc Nemeth

21/04/10 12:48
mon dieu, quel langage... Je ne "ferraille" pas monsieur Delpla : je tente, de m'exprimer. Et si ça vous dérange tellement alors c'est peut-être que vous êtes mieux placé que moi, avec vos allusions à l'Italie fasciste.
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Luc Nemeth

21/04/10 12:01
je crois surtout, Jean-Pair, que monsieur Delpla est revenu parmi nous pour se gratter là où ça le démange. On voit mal en effet pourquoi j'aurais donné on-ne-sait-quels "liens informatiques" puisque c'est sur ce site, et nulle part ailleurs, que se déroulait cette discussion. Et c'est bien lui, qui lorsqu'il s'est vu mis en difficulté, a tenté de placer sa mauvaise quenelle en d'autres lieux.
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Jean-Pair Monlatin

21/04/10 10:00
Non mais c'est pas vrai ? Alors que le 16/04/10 à 19:33, juré promis, il avait promis d'arrêter de squatter, le voilà déjà de retour ?
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Luc Nemeth

19/04/10 14:14
Et celle-là, mère Denis, il faut que je vous la raconte : une réponse que j'avais adressée ce matin à 9h 51 à "www.extremecentre.org", un des deux sites de propagande atlantiste sur lesquels monsieur Delpla aime à aller se faire plaindre, s'est retrouvée indiquée postée à... 01.51 ! Bref : les amis américains de monsieur Delpla, ne prennent même plus la peine de remettre les pendules à l'heure !

Il nous faut donc remercier monsieur Delpla de nous avoir permis, en allant se faire plaindre, d'affiner le regard : en effet une tournure de français fautive que j'avais signalée ici le 8/3 à 11h52 (et que j'avais relevée sur www.jcdurbant.wordpress.com, l'autre site qui travaille en binôme avec www.extremecentre.org) trahissait sans ambiguité sa provenance anglophone -mais pas forcément, "américaine".

Quoi qu'il en soit j'espère surtout que vous n'aurez vu ici aucun anti-américanisme de ma part : celles et ceux des américains qui luttent pour toutes libertés sont tout autant américains, que tout ce qui s'abrite derrière les officines avec lesquelles monsieur Delpla fait à Miami...
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La mère Denis

17/04/10 11:43
alors comme ça vous nous quittez, monsieur delpla ?
au moment où ça commençait à devenir intéressant ?
c'est pas très gentil à vous...


PS. vous en avez omis de préciser votre source, concernant l'usage ici fait du verbe squatter... J'ai trouvé ça, sur le site http://blog.passion-histoire.net/ :

ln 13 avril 2010 at 18 h 53 min | Permalink
Se voir poser une pareille question par monsieur Delpla est déjà assez plaisant quand on sait comment il squatte sans scrupules toute discussion, pour venir y soigner sa publicité…
Quoi qu’il en soit sa question est précise, et elle m’oblige à une réponse précise.
Sauf cécité de ma part cette discussion a pour objet : l’an 40.
Et, puisque monsieur Delpla s’est posé ci-dessus en… autorité morale, sur ce terrain, j’ai cru bon de rappeler ce qu’il en était encore à écrire, dans un livre paru en 1998 il me semble bien.
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