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Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes. 
Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.
La polémique entre Claude Lanzmann et Yannick Haenel à propos du héros de la résistance polonaise, Jan Karski, continue. Lanzmann a repris sa plume dans Le Monde du 30 janvier pour répondre point par point à ce qu’il considère comme des insultes du jeune romancier. Il s’indigne qu’on puisse l’accuser d’avoir froidement calculé sa colère contre le livre de Haenel, Jan Karski, de façon à ce qu’elle coïncide avec la rediffusion de Shoah sur Arte. Il rappelle, à la suite de son article dans Marianne, qu’il avait été profondément agacé par les deux premières parties de l’ouvrage, y voyant un ‘parasitage’ de son propre travail, et n’avait pas lu la troisième partie avant le mois de décembre 2009 parce qu’il ne pouvait concevoir qu’on puisse romancer la vie d’un homme comme Jan Karski, et a fortiori l’action risquée qu’il a menée pendant la guerre pour infomer les autorités occidentales du drame vécu par les juifs.
Lanzmann regrette d’avoir autant attendu pour découvrir ce récit. " Je n'ai lu ces 72 pages que quelques jours avant Noël. Le portrait qui y est brossé du président Roosevelt, le récit de la rencontre Karski-Roosevelt, les pensées prêtées à Karski, etc., ont fait se lever en moi la honte et la colère, honte de m'être tu, semblant ainsi cautionner Haenel, colère devant le culot idéologique et la bassesse d'imagination de l'auteur. " Cette honte et cette colère auraient donc inspiré la décision de diffuser Le Rapport Karski, documentaire monté à partir des rushes de Shoah, et censé rétablir la vérité. De plus, Lanzmann juge méprisables les accusations de censure dont l’affuble Yannick Haenel , lorsqu’il affirme qu’en coupant toute une partie de son entretien avec Karski, il aurait volontairement empêché qu’on voit un Polonais qui ne soit pas antisémite dans son film. Pour Lanzmann, l’emotion de Karski, qui transpire à chaque instant de son apparition à l’écran, suffit à traduire l’immense compassion qu’il éprouvait pour le peuple juif.
Jamais Lanzmann n’aurait eu le moindre sentiment de gêne ou de jalousie vis-à-vis de Jan Karski. Leur longue correspondance et leur relation de confiance en attesteraient. Néanmoins, le cinéaste concède qu’il a piégé Karski pour mieux le convaincre de tourner dans son film : " J'ai piégé des nazis, j'ai eu un faux nom, des faux papiers, et je n'ai reculé devant rien pour percer la muraille d'ignorance et de silence qui enfermait alors la Shoah. J'ai en effet répété à Karski ce que j'avais dit à Varsovie : que la question du sauvetage des juifs serait importante dans mon film, celle de la responsabilité des Alliés aussi. Cela, c'était au début de mon travail. " Ensuite, les promesses initiales ont cédé le pas devant la complexité de ce phénomène si difficile à représenter à l’écran. Dans une conclusion pleine de hargne, Claude Lanzmann assure que c’est précisément sa conception de la littérature comme source de vérité qui lui fait dire que Jan Karski n’est pas de la littérature. La littérature qui ment trahirait sa fonction véritable. Et Yannick Haenel mentirait.
Celui-ci a en quelque sorte répondu par anticipation à ces critiques. Dans Libération du 30-31 octobre, le protégé de Philippe Sollers raconte sa semaine et la manière dont il a vécu cette controverse. Il assume pleinement la part de scandale que comporte son récit d’un Franklin Roosevelt somnolent et grivois, ne prêtant que très peu d’attention aux avertissements de Karski, venu à Washington chercher de l’aide. " Claude Lanzmann trouve que c’est scandaleux d’avoir inventé cela. Mais c’est justement ce que je désirais : attirer l’attention sur un scandale, celui de la surdité politique des Alliés. " Même si le vrai Karski, exilé et naturalisé américain, n’aura cessé de dire du bien de Roosevelt, Haenel prétend que ce n’est ni son livre de mémoires, ni le documentaire à venir de Lanzmann qui permettront de tenir cette version pour crédible.
70 commentaires
de Saussure
Quoi qu'il en soit, vous ne sauriez indéfiniment nous gonfler les bits et les octets.
Aussi je propose qu'à votre intention, soit créé un néologisme : on définira comme HISTORION tout historien, qui là même où il est pris la main dans le sac, a l'imp(r)udence de prendre à témoin tout le quartier.
François Delpla
je fais appel aux éminents linguistes qui se pressent en ces lieux.
François Delpla
je ne parlais pas des mêmes personnes !
vous voyez que l'anonymat brouille tout et nous nuit à tous : vous devriez à votre tour en sitgmatiser la pollution.
ln
"c'est au moins la deuxième fois dans le cadre de fil, monsieur Delpla, que vous vous amusez à ça : le 24/02/10 à 11:51 déjà vous n'aviez pas hésité à recourir aux majuscules (!!!) pour parler du SILENCE DE WYMAN, sic, à propos de Jan Karski. Or j'ai sous les yeux la rééd. 2007 de l'excellent ouvrage de David S. Wyman : Jan Karski est mentionné en page 322 (et n.), ainsi qu'en page 329 ; et encore p. 415 en Bibliographie. Encore la faute à pas d'chance, j'imagine..."ln
François Delpla