Rédacteur

La phrase

Chaque fois que le politique dit se battre contre "les marchés" et se félicite d'avoir évité le pire, la puissance se place au même niveau que l'intendance : qu'elle gagne ou qu'elle perde, peu importe, elle a déjà perdu par le fait même de se battre, tel un instituteur qui s'abaisserait à rendre les coups que lui portent des élèves déchaînés. 

Jean-Pierre Dupuy 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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'La gauche et la fatigue d'être soi', par Aquilino Morelle
[mercredi 27 janvier 2010 - 14:00]
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Une gauche « morale » ? Avec Julliard, on peut voir dans la collusion avec l’establishment financier, politique et médiatique une forme d’immoralité et un piège dans lequel la seconde gauche est souvent tombée- avec délices pour certains de ses hérauts. La vraie immoralité, pour la gauche toute entière, a été d’accepter la coupure avec les classes populaires. La « désinflation compétitive » qui provoqua la montée du chômage de masse, l’abdication de sa responsabilité- « contre le chômage, on a tout essayé »-, sa résignation devant l’explosion des inégalités sociales et sa faiblesse devant l’impudence de ceux qui tentaient de justifier l’injustifiable : telles furent les principales étapes de cette coupure.
Au cœur de ce mouvement historique : l’Europe. Face aux difficultés de l’action, une large part de la gauche a abandonné  le socialisme pour lui substituer un credo européiste. Or, si le socialisme du XXIe siècle ne peut se définir et agir qu’au niveau de l’Europe, l’Europe telle qu’elle a été pensée et conçue dès le 1957 et telle qu’elle existe désormais est de nature libérale : son code génétique est inscrit dans le traité de Rome et il est libéral. L’« Europe sociale » n’est qu’un slogan de campagne et restera une illusion tant que les fondements politiques et juridiques actuels de l’Europe n’auront pas été changés. Quant à l’indispensable régulation du capitalisme et à la maîtrise de la mondialisation, comment même les imaginer sans une Europe différente ?
L’idée socialiste doit rester vivante, doit être défendue et non évacuée. L’exigence que porte cette idée, cette exigence de transformation réelle des conditions de vie et de propulsion dans l’avenir, est certes très difficile à satisfaire. Nombreux sont ainsi ceux qui se contentent avec soulagement d’un réformisme tiède, insipide, mais « de gauche ». Il y a une « fatigue d’être soi » propre aux socialistes. Mais sans cette exigence, plus rien n’a de sens. C’est cette exigence que vient de retrouver Jacques Julliard. Tant mieux. Il n’y a jamais assez de talents pour construire la « social-démocratie de combat » à laquelle- c’est sa conviction et je la partage- appartient l’avenir. A ce propos, cher Jacques Julliard, la « social-démocratie de combat » porte un beau nom, inscrit dans l’histoire : le socialisme. ".

 

* Aquilino Morelle, 'La gauche et la fatigue d'être soi', Libération, le 27 janvier 2010.    
 

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2 commentaires

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drtournesol

29/06/11 09:27
A ma belle soeur qui me disait : " je vote à gauche parce que je crois aux valeurs de gauche ", je lui ai simplement demandé : " C'est quoi les valeurs de gauche ? " . Incapable de me répondre .... Parce qu'il n'y a pas de " valeurs de gauche " : il y eu dans le passé des valeurs de gauche contre un droite des propriétaires capitalistes . Cette époque est révolue : on en est aujourd'hui au capitalisme financier , qui est a-moral (c'est à dire : exclusif de toute morale) . Et parlons de "valeurs humanistes" , celles qui remettent l'homme au centre des préoccupations . C'est une première ligne de conduite : imposer au capitalisme financier des règles strictes qui replacent l'homme au centre des débats tant au point de vue de sa condition (destruction et création d'emplois , conditions de travail , ce pourquoi on vit - culture , recherche - , écologie etc...) .
L"Europe sociale est un slogan de campagne . L'Europe , telle qu'elle est perçue , s'occupe du calibrage des carottes et du tampon " CE" des modes d'emploi qui nous cassent tant les pieds : personne ne lit les 10 pages d'un mode d'emploi qui nous explique qu'il ne faut pas mettre la prise électrique dans l'eau ... Autrement l'Europe est une construction technique , sans tête . Peu importe que cette tête soit un Roi , un Président , un Conseil : il y faut une tête , pas nécessairement avec un pouvoir , mais une institution qui donne un élan , une direction . Alors , on pourra espérer une Europe sociale . C'est une autre ligne de conduite .
Dernière ligne de conduite : un parti , qui se dit porteur des valeurs de gauche , se doit d'être exemplaire .
A ce titre , Arnaud de Montebourg a fait acte de conduite par ses rapports sur les paradis fiscaux , la corruption de prétendus socialistes etc... Et Bayrou , qui porte également des valeurs humanistes sans être de gauche , fait aussi acte de conduite - symbolique - en proposant une baisse des salaires des décideurs politiques . Mesure sans intêret économique , mais de valeur morale , qu'on la trouve inutile ou non .

Les socialistes nous fatiguent , parce qu'ils n'ont plus , pour certains , d'exigences morales .C'est ce qu'on attend d'eux .
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de la mata jeanpaul

29/01/10 19:17
N'y en aurait-il pas une 3è car les 2 premières ne représentent vraiment pas l'archétype de la réalité de l'essence même de la gauche...des élus vivant dans un univers de petits privilégiés aux rémunérations trop importantes,les avantages les accompagnant encore plus,non préoccupés de la hausse régulière des prix ,sans soucis pour payer leurs loyers,complètements disjonctés de la situation sociale et économique des électeurs qui les mettent en place une fois élus,ne cherchant pas à changer les choses,simplement pour goûter l'ivresse du pouvoir,les syndicats serviles et lâches ,quel que soit le pouvoir en place, les motivants et les excitant dans leur soi-disante mission humaine du changement...quel dégoût m'inspirent la plus grande majorité d'entre-eux ?

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