On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.
La tribune publiée par Jacques Julliard dans Libération le lundi 18 janvier 2010 fait débat. L’historien et journaliste donne sa vision des conséquences de la crise économique et des leçons que la gauche doit en tirer. En vingt propositions, Julliard ébauche une critique des excès du capitalisme financier actuel et évoque les options politiques susceptibles d’y remédier.
Nous serions dans un capitalisme d’actionnariat purement spéculatif et désintéressé du bien commun. Cette absence de recherche du compromis et de la discussion a rétabli un pouvoir de classe débridé. Le capitalisme financier hyperpuissant aurait profité de la mondialisation pour mettre en concurrence les travailleurs du monde entier, faire pression sur les salaires et réduire le pouvoir des Etats. Les effets néfastes de ce "néocapitalisme" sont apparus clairement lors de la crise économique de 2008 et rien ne permettrait de dire qu’ils ont été freinés par un retour de la réglementation depuis. Dans ce système, la fin de l’industrialisation a rendu le chômage structurel et la recherche du plein-emploi dérisoire.
Il y aurait donc un "réensauvagement des rapports sociaux" dans lesquels les syndicats se trouvent acculés et obligés de défendre la préservation de l’emploi et des salaires sans la moindre possibilité de prendre des initiatives positives. L’Union européenne et la deuxième gauche en France auraient été incapables de changer le visage hyperlibéral du capitalisme et d’éviter le risque actuel de populisme. A cet égard, ni le messianisme écologique, ni la foi droit-de-l’hommiste, ni l’hypothèse communiste ne sauraient constituer des solutions pérennes pour refonder nos sociétés sur des bases plus saines. Pour autant, il ne servirait à rien de s’acharner dans la voie de l’antisarkozysme, ou de prôner un rapprochement nécessaire avec le centre sans s’interroger sur la nature du pouvoir politique en place et les aspirations de l’électorat des classes moyennes et populaires. De la même manière, Jacques Julliard considère qu'il serait incohérent de choisir une personnalité issue du monde financier telle que Dominique Strauss-Kahn pour prétendre représenter une alternative crédible au pouvoir actuel.
Ainsi, toutes les forces opposées au néocapitalisme doivent s’unir, les syndicats doivent faire front, le système bancaire doit être au moins partiellement nationalisé, et c’est alors seulement que l’espoir d’un rétablissement d’un système véritablement démocratique et juste émergerait. Certains se sont étonnés cette semaine de voir un de ses principaux inspirateurs enterrer l’idéal autogestionnaire de la deuxième gauche. D’autres, comme Martine Aubry, ont félicité Jacques Julliard pour l’acuité de son analyse![]()
* Jacques Julliard, 'Ving thèses pour repartir du pied gauche', Libération, le 18 janvier 2010.
5 commentaires
gele
Pour le PS sans leader ni programme, phagocyté idéologiquement par les partis d’extrême gauche ! Impasse entre contradiction et espoir, ce qui explique son virage politique : du à gauche toute, en contradiction avec un socialisme moderne et crédible style DSK.
La droite est, elle, tétanisée par un front national crédité d’un score à plus de 20 % résultat possible qui frise l’élimination dès le premier tour. Le spectre de la division est aggravé à l’UMP avec des candidatures possibles au centre.
Face aux mensonges, aux polémiques, face aux extrémistes liberticides, avec des surenchères démagogiques, la campagne va être d’un niveau affligeant.
Notre société française est accro à la manne étatique. 25 % de la population est à la charge de l'état. De ce fait, les réformes sont homéopathiques. Les structures, les statuts, les corporatismes règnent en maître. Ce qui explique notre déclin industriel, commercial, nos déficits et pour finir notre dette monstrueuse.
Les gauches extrémistes perdurent inexplicablement et distillent dans les esprits une propagande habile. Cela, avec des capacités de nuisance qui nous rappellent celles tout aussi toxiques du FN.
Si nos partis extrémistes bénéficient dans les sondages d’intention de vote, c’est bien que depuis 30 ans les gouvernements successifs ont fait des mauvais choix pour la France.
Dépenses publiques en folie, prélèvements et impôts mortels pour notre économie, cela pour flatter certains électeurs, plus enclins à l’assistanat qu’à l’effort.
Force est de constater qu’à droite comme à gauche, la calino-thérapie a hélas de l’avenir. Compassions, rustines, droits, du moins en promesses !
Va-t-il falloir que les Français qui, définitivement, n'en peuvent plus mais soient obligés de boire le calice jusqu'à la lie
Copie, diffusion libre vivement conseillée
Rebelle
Attendre la croissance comme nous serinent en choeur et Lagarde et DSK, c'est se moquer du monde, comme le démontre, entre autres, P.Larroutourou.
La richesse augmente et il y a besoin de moins de travail pour la produire, comme l'écrivait déjà, feu A.Gorz! Que dirait Coluche s'il voyait qu'on a de plus en plus besoin de ses restos du coeur??
Et ces élites qui bavent sur les 35 h préfèrent continuer à garder leurs emplois bien payés et peu FATIGUANTS!
Si La reine Christine avait la charge d'une classe d'élèves comme je l'ai eue toute ma carrière, elle ne s'accrocherait pas à son poste, même pour 300 000euros!
J'ai fait toutes les manifs pour les retraites, non pour moi qui en bénéficie mais pour mes enfants et petits-enfants: quel monde va-t-on leur laisser,
Et, sans être laxiste, je comprends que des jeunes au chômage , éblouis par l'abondance indécente qui s'étale , en particulier en ces veille de fêtes, se lancent dans des braquages ou du trafic de drogue!
Offrons-leur enfin de l'espoir en leur donnant du travail!
Allez, bon réveillon, tout de même!
luc
Gauchiste
esturgeon