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L'existence même de la réunion du 28 juillet sur les Roms était indigne d'un gouvernement qui se réclame de la République, les annonces faites par Brice Hortefeux sont dans la continuité.

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[mardi 26 janvier 2010 - 05:00]
Histoire
Couverture ouvrage
Hermann Goering. Le deuxième homme du IIIe Reich
François Kersaudy
Éditeur : Perrin
800 pages / 25,65 € sur
Résumé : La première biographie en langue française d’Hermann Goering, le second d’Hitler.
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Depuis la biographie d’Hitler par Ian Kershaw, en 2000, peu de recherches ont été éditées en langue française concernant les principaux acteurs du IIIe Reich. La biographie de Heinrich Himmler, par Richard Breitman, n’était qu’une traduction très postérieure d’un ouvrage anglo-saxon  . Cela invite à souligner avec d’autant plus de force l’importance de l’ouvrage de François Kersaudy, qui offre aux lecteurs non seulement une nouvelle biographie de qualité, mais plus encore, la seule biographie française sur Hermann Goering, le deuxième homme du Reich après Hitler. Il existait évidemment des biographies en français, mais il s’agissait de traductions d’ouvrages assez anciens (celui de Mosley date de 1974   celui de David Irving en 1991  …). Voici donc la première « biographie française », comme l’indique le quatrième de couverture, écrite par un spécialiste de ce genre historique, puisqu’il a déjà livré de nombreuses œuvres concernant Winston Churchill.
Cette somme de plus de 700 pages nous offre une fresque de la vie de l’homme, sans jamais perdre de vue les contextes plus larges dans laquelle elle s’inscrit : celui de l’évolution du parti puis du régime nazi, d’une part ; celui de la société allemande, d’autre part. Mais dans un champ très documenté, elle pose aussi toutes les questions du genre biographique.


Turpitudes et démesures

François Kersaudy décrit de manière chronologique l’ascension puis la chute d’un homme à qui le diptyque « turpitudes et démesures » s’applique particulièrement bien, que ce soit pour décrire son addiction à la morphine ou sa carrière d’aviateur. En effet, avant d’être le bedonnant plénipotentiaire du IIIe Reich, Hermann Goering fut un as de la Première Guerre mondiale, pilote d’élite de l’escadre Richthofen. L’aviation de combat n’en était alors qu’à ses débuts. En pleine guerre de matériel, alors que les soldats meurent en masse sous les obus anonymes de l’artillerie, les jeunes et téméraires aviateurs sont auréolés d’un prestige presque chevaleresque. L’amertume de la défaite n’en frappe Goering que plus durement. Il peine à trouver un travail stable. La politique, en revanche, l’enivre, et il prête très tôt allégeance à un petit parti bavarois, le NSDAP, ou plutôt à son dirigeant charismatique, un certain Adolf Hitler. Cela le conduit à participer, le 9 novembre 1923, à la tentative de putsch à Munich : il est blessé par balle. En voulant soigner ses graves blessures, les médecins lui administrent celle qui devient alors sa compagne pour de nombreuses années : la morphine. Malgré cette dépendance, et des cures de désintoxication de plus en plus violentes, Goering n’en continue pas moins son chemin : représentant dans la vente d’avion, politicien à ses heures, il est toujours secondé dans ses tâches par sa compagne, Carin. Quand le NSDAP, profitant de la crise économique et du chômage de masse, se hisse au rang de premier parti du Reich, Goering voit ses efforts enfin récompensés : il devient député et même président du Reichstag. Cette ascension ne s’arrêtera plus, tant la soif de pouvoir de Goering est forte. Il a fallu la guerre, la défaite et la condamnation à Nuremberg pour faire comprendre au ministre du plan de quatre ans que les périodes fastes étaient définitivement terminées. Condamné à la pendaison par le tribunal, il se suicide dans sa cellule le 15 octobre 1946.

Titre du livre : Hermann Goering. Le deuxième homme du IIIe Reich
Auteur : François Kersaudy
Éditeur : Perrin
Date de publication : 25/10/09
N° ISBN : 2262026173
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12 commentaires

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Nicolas Patin

22/02/10 23:05
Merci de vos remarques et de votre promptitude !
Je comprends mieux votre position, qui vise à ne pas mettre la charrue avant les boeufs, et à ne pas faire d'un aviateur nationaliste un nazi avant le nazisme. Effort très louable ! J'en parlais avec un collègue, et je ne suis pas un fanatique de l'égo-histoire, que ce soit pour vanter le courage ou la lâcheté. Mais cela donne son épaisseur au livre. Merci à vous.
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AVTOR

22/02/10 16:43
Cher Nicolas Patin,

A vrai dire, vous n'étiez inclus ni dans les grincheux ni dans les lecteurs trop pressés (les membres de ces deux catégories se reconnaîtront aisément). J'ai au contraire trouvé votre analyse du livre fort complète, pertinente et équilibrée. (Il y manquait peut-être la mention des deux cents et quelques livres en cinq langues et des dix-huit archives de six pays qui me paraissent placer ce Goering au-delà de la simple synthèse d'ouvrages existants, mais c'est un détail).
Sur la question de l'antisémitisme, il faut distinguer deux périodes: il me paraît évident que l'antisémitisme était étranger à Goering avant sa rencontre avec Hitler. Le livre ne dit pas autre chose. Naturellement, Les ouvrages nazis de commande en font un antisémite d'élite dès l'âge de huit ans, mais ce n'est pas à prendre au sérieux. Une fois dans le parti, il a pris à son compte le dogme officiel, et fait d'innombrables déclarations antisémites, tout en aryanisant son secrétaire d'Etat juif et en faisant discrètement libérer les Juifs qui lui avaient rendu service ou les amies juives de sa femme inquiétées par Himmler. Je pense qu'on peut en conclure qu'il ne s'agit pas d'un antisémite fanatique comme Hitler, Goebbels, Rosenberg, Streicher ou même Staline. On sera sans doute intéressé par ce commentaire de l'aide de camp d'Hitler, von Puttkammer (qui détestait Goering): "Dans l'entourage du FÜhrer, on considérait que Goering ne prenait pas son antisémitisme au sérieux", ce qui était très mal vu à la chancellerie du Reich. Goering lui-même semble l'avoir confirmé en claironnant: "Wer Jude ist, das bestimme ich!" (C'est moi qui décide de qui est juif et de qui ne l'est pas !"). Insupportable aujourd'hui, certes, mais tout aussi insupportable à l'époque - pour la raison inverse.
La lâcheté morale n'est liée à cette question que dans la mesure où elle a empêché Goering de s'opposer à la solution finale. C'est d'ailleurs un des éléments qui a motivé sa condamnation à mort au procès de Nuremberg - que l'auteur semble d'ailleurs approuver sans réserves, ce qui lui mettra inévitablement à dos les adversaires de la peine de mort.(De la difficulté d'être historien: on est attaqué quoi qu'on dise. Il vaut mieux être garçon coiffeur, comme disait le général de Gaulle).
Pour le reste, il me semble que les médecins de Stockholm en 1926 et ceux de Nuremberg en 1946 sont parvenus à une conclusion identique, et puisque l'historien ne paraît pas avoir le droit de porter un jugement, il faut laisser le dernier mot aux psychiatres: "Grand courage physique, grande lâcheté morale." La lâcheté morale s'étale tout au long du livre. Le courage physique reste celui de tout pilote de chasse du Kaiser, dont l'espérance-vie était de six mois en 1915 et de trois mois en 1918... Je ne crois pas que j'aurais pris les mêmes risques à la place de Goering, et je ne suis pas sûr que vous les auriez pris vous-même. Et dans les deux cas, nous n'aurions sans doute pas survécu pour nous en vanter !
Plus sérieusement, je vois mal ce qu'on peut reprocher à Goering avant 1922: il ignorait jusqu'au nom du nazisme (normal, c'était une petite secte parmi d'innombrables autres, et Goering arrivait de Suède, où le mot même n'existait pas), il était patriote, travailleur et plutôt idéaliste. Bon, il avait tendance à boire un peu avant de décoller et beaucoup après avoir atterri, et il avait la mauvaise habitude d'enlever les femmes des autres, mais sauf pour quelques bigots, ce ne sont pas là des cas pendables - sinon, on verrait beaucoup de monde accroché aux réverbères. Mais j'arrête là, car je vais certainement susciter beaucoup d'indignation chez les grincheux sus-mentionnés (on m'a vertement reproché dans le passé d'avoir dit que le maréchal Pétain était gâteux pendant la dernière guerre, et aussi d'avoir "sciemment dissimulé le génocide du général de Gaulle contre les pieds-noirs" - pas moins ! C'est dire que je suis prêt à tout entendre... Hasta luego, compañero !
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Nicolas Patin

22/02/10 12:46
Cher Avtor,

Vous avez un ton véhément et ça me plaît. Tout comme pour une critique, mes commentaires sont calibrés, et je suis loin d'être un lecteur "pressé". Kersaudy utilise en effet de nombreuses sources de "première main", comme les mémoires de François-Poncet, ou les minutes de Nuremberg. La proportion de note renvoyant à des ouvrages de "seconde main", en font pourtant, ne vous en déplaise, une synthèse, et une bonne synthèse. Je n'ai jamais nié les apports concernant la Lufftwaffe, et je l'ai d'ailleurs souligné dans mon article. Nous pouvons nous battre des heures pour savoir si le livre de Kersaudy est une synthèse ou pas, l'important est qu'il soit bon, et que chacun y trouve son compte. Je crois que c'est le cas. Sur le suicide de Goering, le livre répond, et j'ai répondu dans les commentaires par une citation. Sur l'aspect novateur, je vous rejoins aussi, on ne renouvelle que rarement, et c'est tant mieux.

Pour la question que vous évoquez dans votre deuxième commentaire, je suis forcé d'être en désaccord. Vous mélangez de nombreuses questions. Savoir si Goering était un "lâche" ou pas n'est ni une question historique, ni d'un grand intérêt : c'est une question de morale. Hitler était Caporal, et de nombreuses personnes restées dans l'ombre de l'histoire ont eu la "Pour le mérite" : et alors ? Le courage est-il une vertu suffisamment perméable pour influencer l'antisémitisme ? Il ne s'agit absolument pas de ne pas "mettre ses préjugés au vestiaire". Dépeindre Goering en Néron, en l'appelant "incorrigible fanfaron" (page 709), pourquoi pas, il s'agit du fil de la narration. Écrire, comme le fait Kersaudy à la page 149 : « Il est vrai que les premiers camps de concentration de Goering ne sont pas encore les effroyables usines de mort qu’ils deviendront sous Himmler : on en ressort le plus souvent, même si rarement en bon état. Mais une chose au moins est certaine : le courageux, le chevaleresque, le patriote Hermann Goering a désormais franchi la frontière qui sépare l’engagement politique du banditisme pur et simple. Pour servir son Führer ? Pour assouvir ses propres ambitions ? », pourquoi pas.
Mais on peut très bien écrire des choses différentes sans tomber dans ce que vous appelez "les camps de concentration étaient inscrits". Sans même rentrer dans le débat de l'antisémitisme de Goering, votre argument qui consiste à dire que Goering adorait son parrain juif, et qu'il n'était donc pas antisémite, est irrecevable. Il renvoie au "mais vous savez, je ne suis pas raciste, j'ai un ami noir".

Je ne suis pas un grincheux : j'ai vraiment apprécié ce livre. Mais je ne pense pas jouer le petit garant de l'orthodoxie de l'histoire scientifique quand je critique non pas le fond, mais une forme qui a mon goût porte trop à la moralisation de questions historiques. Discutons-en !


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avtor

20/02/10 21:55
Il y a deux autres problèmes:
- Le fait qu'un nazi ait pu être autre chose qu'un nazi avant de devenir nazi est difficile à intérioriser pour beaucoup de gens . Un biographe politiquement correct aurait écrit dès le premier chapitre que les camps de concentration étaient inscrits en filigrane sur le premier bavoir de Goering, qu'il était foncièrement méchant, cruel et antisémite dès l'âge de huit mois, etc. C'est magnifique, mais ce n'est pas de l'histoire. Un biographe consciencieux met ses préjugés au vestiaire, avance tous feux éteints et essaie de retrouver le vrai, le presque vrai et le vraisemblable. En l'occurrence, tous ceux qui ont connu le jeune Goering, y compris ceux de sa famille qui l'ont détesté par la suite, se sont accordés pour dire que c'était un jeune homme turbulent et fanfaron, certes, mais qu'il était aussi gentil, chevaleresque, courageux et... oui, pas antisémite, puisqu'il adorait son parrain, qui était juif, et son demi-frère, qui l'était à moitié. Pour ce qui est de sa carrière pendant la 1ère guerre mondiale, tous ceux qui connaissent un tout petit peu l'armée du Kaiser savent que l'on n'attribuait pas la plus haute décoration "pour le mérite" à un lâche, et qu'on ne faisait pas d'un incapable le successeur du baron rouge von Richthofen. Or, c'est consigné dans les archives de l'aviation allemande, pas seulement dans les hagiographies. Désolé, la vérité peut déplaire, mais c'est la vérité. Peut-on tout dire dans une biographie ? C'est le thème de nombreux colloques. Réponse: oui, il faut avoir le courage de dire tout ce que l'on a trouvé, sinon l'exercice est futile. De toute façon, que l'on dise une chose ou son contraire, il y aura toujours des grincheux...
- L'autre problème est celui du livre "novateur". C'est l'influence américaine. Il faut absolument que le livre fasse table rase de tout ce qui s'est dit auparavant, apporte du nouveau et du sensationnel, et s'il n'y en a pas assez... on en invente. Voir par exemple le livre d'Anthony Cave Brown sur "La guerre secrète". Un énorme best-seller avec plein de révélations à couper le souffle (Cicéron était un agent britannique, par exemple). Quand on vérifie ces allégations dans les archives, on s'aperçoit que ce sont de pures inventions, mais bon, c'est "novateur", c'est "définitif"... et c'est du bidon. Il faut s'habituer au fait que la vérité n'est pas forcément nouvelle, et que l'histoire ne se réinvente pas en permanence sauf bien sûr dans la défunte URSS, où les dissidents disaient: "L'avenir est bien connu, c'est le passé qui change tout le temps".
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avtor

20/02/10 13:53
Réponses aux commentaires sur Goering:
1) Il est bien évident que cette biographie s'appuie sur les livres écrits précédemment. Il serait arrogant de prétendre tout redécouvrir par soi-même. Il a donc été fait usage de 230 ouvrages (pas 4), écrits sur Goering par des historiens, des témoins, des acteurs, etc. Même les plus mauvais d'entre eux ont des sources, des témoignages ou des documents brillants, dont un historien doit faire usage. Même les livres hagiographiques méritent d'être lus, car ils comportent des documents originaux ou des confidences transmis par la famille Goering, qui sont souvent vérifiables et corroborés. Il ne faut donc rien mépriser.
2) "Basé sur des sources de seconde main" indique que le lecteur pressé de critiquer n'a pas vu les douzaines d'archives de six pays utilisées pour le livre (30.000 documents d'archives consultés au total, en allemand, anglais, français et suédois). Il aurait été mortellement ennuyeux d'inclure tous ces 30.000 documents dans le texte, seuls les passages utiles s'y trouvent - mais encore faut-il les lire... Même si l'on ne lit que les premiers chapitres, on remarquera qu'ils citent des documents d'archives comme les carnets de vol de Goering, qui ne sont pas exactement des sources de seconde main. L'interview de témoins comme l'aide de camp d'Hitler est également passée sous silence dans les critiques, peut-être parce que certains considèrent également cela comme une source secondaire. Mais dans ce cas, il n'y a plus qu'à tirer l'échelle...
3) Aucun critique ne semble avoir remarqué ici (contrairement aux journalistes spécialisés) qu'il s'agissait aussi d'une étude détaillée de la Luftwaffe, à laquelle Goering n'était pas entièrement étranger. Le livre doit également être vu dans ce contexte (mais là encore, il faut avoir dépassé les premiers chapitres).
4) Sur la mort de Goering: le livre indique assez précisément pourquoi il est évident que le poison n'a pas été donné à Goering par tous les soldats américains ou allemands (une bonne douzaine) qui se sont accusés de le lui avoir transmis depuis la guerre. (On ne se souvient plus que du dernier, qui n'est pas plus sérieux que les autres). Goering avait une seconde ampoule de cyanure, qui a été retrouvée après sa mort dans la salle des bagages, caché dans un pot de crème faciale. Il était absolument identique à celui utilisé par le Reichsmarschall. Voir donc la fin du livre...
5) Impossible d'écrire un livre sur un tel sujet sans s'attirer des critiques virulentes. Le plus surprenant finalement est qu'il y en ait eu si peu.
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