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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Le libéralisme en question
[mercredi 21 octobre 2009 - 09:00]
Philosophie
Couverture ouvrage
Le Sens du politique. Essai sur l'humanisme démocratique
Laurent de Briey
Éditeur : Mardaga
284 pages / 18,05 € sur
Résumé : N’est-il pas temps de redécouvrir le libéralisme politique comme pensée de l’émancipation ?
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D’une lecture aisée, avec un réel souci didactique, l’ouvrage de Laurent de Briey manifeste une vraie profondeur. Après avoir exposé les principes généraux du libéralisme politique (liberté comme autonomie et comme indépendance, conception instrumentale de l’Etat, neutralité axiologique de celui-ci, priorité du juste sur le bien, contractualisme), l’auteur entreprend de montrer sa capacité à s’autotransformer. Dans un chapitre II très informé, il montre comment les critiques républicaines, socialistes et communautariennes ont été intégrées dans la réflexion libérale et ont conduit à un dépassement du libéralisme politique. Les engagements de Laurent de Briey sont largement les nôtres et l’on aimerait être totalement convaincu par son argumentation. Cependant, malgré une réelle attention à la diversité des libéralismes, on a, au fil de la lecture, le sentiment que nous est proposée une reconstruction dont l’objet principal est de montrer que, sur des points fondamentaux, l’humanisme démocratique est en opposition frontale avec le libéralisme politique. Du point de vue de l’auteur, l’humanisme démocratique apporterait une attention particulière à l’intérêt général que le libéralisme ne saurait prendre en compte. Pour répondre aux défis de notre présent, il serait donc nécessaire de retrouver le sens du politique, c’est-à-dire de se préoccuper de la relation que nous entretenons avec les autres, d’affirmer des valeurs communes et de souscrire à l’obligation de solidarité et de participation. Mais le libéralisme ignore-t-il réellement ces impératifs ?

Sur la question de la compatibilité du libéralisme et de l’attachement communautaire, on ne peut que remarquer l’absence de référence aux réflexions de Ronald Dworkin. L’idée que les citoyens doivent identifier leurs intérêts avec ceux de leur communauté politique, c’est-à-dire que la réussite de chaque vie individuelle constitue un aspect du bien de la communauté et, par conséquent, en dépend, n’est pas, en elle-même, opposée au libéralisme. C’est ce qu’a clairement montré Dworkin avec son argument de l’intégration. En tant qu’individus, nous sommes normalement l’actant des actions et des décisions que nous avons prises et nous en assumons la responsabilité. En revanche, l’intégration suppose que pour certaines actions affectant le bien-être d’un individu, "l’actant adéquat n’est pas l’individu, mais une communauté à laquelle il appartient" . On peut songer au cas, cité par Rawls, d’un orchestre : c’est la performance réussie de l’orchestre comme tout qui permet à chaque musicien d’éprouver de la fierté, indépendamment de la qualité de sa prestation individuelle. Le caractère déterminant est attribué, non à l’individu, mais à la communauté. Cette conception est dite pratique parce qu’elle présuppose que les actants collectifs sont constitués par les pratiques sociales. 

Titre du livre : Le Sens du politique. Essai sur l'humanisme démocratique
Auteur : Laurent de Briey
Éditeur : Mardaga
Date de publication : 05/03/09
N° ISBN : 2804700100
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