Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 
Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.
Bientôt de nouveaux résultats !
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« … l’affaire de Katyn. Sous l’intense pression de notre propagande massive, l’ennemi consent à rompre le silence. Les Soviets publient une déclaration (…) qui atteint le comble de la duperie. (…) Je constate en tout cas avec satisfaction que notre campagne de Katyn a causé une impression très profonde dans le monde entier, y compris dans les pays ennemis ».
C’est du moins ce que pense et écrit Joseph Goebbels, le ministre de la propagande nazi, le 12 avril 1943 dans son journal intime . Le crime commis par les Soviétiques dans le bois de Katyn, en Pologne, est une aubaine politique pour lui : en 1943, on découvre que les bolcheviques ont exécuté 27 500 officiers polonais, au printemps 1940. Goebbels insiste aussitôt lourdement sur ce massacre, à tel point que beaucoup restent incrédules et pensent que les nazis sont responsables, habitués aux mensonges de la propagande nazie. Hélène Berr, membre de la communauté juive parisienne, l’écrit d’ailleurs dans son journal, le 17 novembre 1943 :
« …il est fort probable qu’en reculant sur le front russe, les Allemands reviendront sur ces lieux découvriront des cadavres, et proclameront que ce sont les bolcheviks pour faire peur à nos bons bourgeois. Qui sait si Katyn n’était pas leur œuvre aussi ? » .
L’URSS, pour se défendre, crie au crime nazi, arguant qu’une partie des 230 000 polonais tombés entre les mains des Soviétiques après l’offensive de 1939 ont changé de mains pour choir entre celles des fascistes – seuls responsables de la tuerie. De chaque côté, les arguments semblent plausibles, et même en Pologne, on ne sait, du moins au départ, qui croire.
Dès la découverte du charnier en 1943, l’histoire et la mémoire de Katyn sont soumises à une pression intense, celle d’une lutte de pouvoir internationale, où la Pologne a le plus grand mal à trouver sa place entre la volonté de l’URSS d’effacer toute trace du massacre commis par le NKVD, et celle des nations occidentales, prêtes à enterrer le débat selon la conjoncture des relations avec le voisin communiste. C’est ce douloureux trajet que retrace pour le lecteur Alexandra Viatteau , journaliste et historienne spécialiste du monde slave et plus exactement des deux épisodes les plus tragiques de la récente histoire polonaise, le massacre de Katyn en 1940 et la destruction de Varsovie insurgée en 1944. Dans ce dernier ouvrage concernant Katyn, l’auteure née en Pologne en 1948 ne se contente pas d’améliorer son ouvrage de 1982 comme elle l’avait déjà fait en 1992, mais bien d’intégrer à l’histoire de Katyn tous les soubresauts de la mémoire récente de cet événement. Katyn est encore aujourd’hui au centre de l’attention, notamment en Europe de l’Est : le musée de la Terreur de Budapest (Terror Haza) consacre à Katyn une exposition temporaire en ce moment. (Katyn, Génocide, politique et moralité).
3 commentaires
François Delpla
Nicolas Patin
Je n'ai pas eu le temps d'aller voir les deux anciennes éditions du livre, mais je pense que cette troisième remise à jour a peut-être trop été faite sur le mode de l'adjonction, pas du renouvellement. Des passages ont donc peut-être été laissés à l'identique depuis les années 1980. Cela donne, je partage votre remarque, un côté assez décousu au texte.
Iba
Le livre est assez hétérogène : quelques excellents chapitres cohabitent avec des passages nettement moins convaincants, et pour tout dire, vieillis.
Je partage votre critique générale, même si les différents chapitres auraient parfois nécessité un toilettage, voire une refonte : le récit n'est pas linéaire, et malheureusement pour le lecteur, ce n'est pas pour des raisons de plan, mais plutôt de collage.