On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.
Les questionnements portent plutôt sur la nature de ce nouvel instrument et son positionnement. Certes, Christian Paul veut parler de "hub" et non pas de think tank. Mais il est bien difficile de se stabiliser entre ce que peut être, par exemple, Terra Nova, et une simple confédération ou collectif de divers groupes de réflexions, associations ou clubs qui gravitent dans la galaxie socialiste. Qu'est-ce qu'un hub ? Un noeud de communications, une zone de transit et de brassage, dirons-nous. Mais alors, comment décliner ce concept au niveau des structures de production de connaissance et d'idéologie ?
De même, le Lab sera-t-il le nouveau lieu, le temps d'une saison, de la République des experts, ou bien parviendra-t-il à aller chercher sa matière dans la diversité de la société, parisienne, française et même européenne et internationale ? Trouvera-t-il une troisième voie entre socialisme technocratique et expertise intellectuelle ? La salle a fait écho à cette inquiétude, et a sollicité le PS à regarder du coté du privé, des praticiens.
Evacuer certaines fausses polémiques, fruits de l'immédiateté télévisuelle, et nourrir l'espace public de débats structurants, tel est l'objectif assigné au Lab par Christian Paul. Mais le Lab trouvera-t-il son tempo, par définition de moyen et long termes, au sein du principal parti d'opposition qui se doit de réagir quotidiennement à la politique du gouvernement ?
Par ailleurs, les chercheurs en sciences sociales présents se sont alarmés de la dégradation des outils d'observation de la société, nécessaires à toute analyse de celle-ci. Les sciences sociales en général, ainsi que les outils de recueil de données statistiques en particulier sont durement touchés par la politique du gouvernement actuel. Ils clament l'urgence d'une réaction du PS, trop atone à leur goût. La Lab pourra-t-il, sur ce terrain, jouer un rôle de contre-offensive ?
Dans son discours de clôture, Martine Aubry, qui a été "élevée entre la revue Esprit et les Cahiers du cinéma" dit-elle, a replacé l'enjeu du chantier intellectuel du PS dans le combat des valeurs, celles de la gauche. "Changeons tout", dit-elle très simplement. Et cela passe avant tout par un aggiornamento des fondements de cette civilisation qui vacille, qui se découvre décidément bien laide. L'individualisme, oui, mais celui qui émancipe, non celui qui enferme l'homme dans le matéralisme. Et quel rapport de l'individu à la société ? Voilà les questions de fond qui devront structurer l'action du Laboratoire des idées du PS et de ses groupes de travail![]()
* Le site du Laboratoire des idées
* À lire aussi sur nonfiction.fr :
- notre dossier sur les nouveaux think tanks français.
- notre entretien avec Emmanuelle Mignon, ancien directeur des études de l'UMP.
Cet article a été écrit par Nicolas Leron, avec la participation de Barnabé Louche, responsable du pôle "Politique" de Nonfiction.fr.
3 commentaires
jean fravar
La rédaction
C'est ce qui justifie un compte-rendu de lancement d'une telle plateforme, de même que nous suivons le lancement du club de réflexion de Jean-François Kahn et beaucoup autres think tanks, revues, etc.
Poil à gratter