On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.
Christian Paul présentait hier soir à la Maison des Métallos (Paris, XIe), aux cotés de Martine Aubry et de Patrick Bloche, le tout nouveau Laboratoire des idées du Parti socialiste qu'il préside, le "Lab". Un nouveau logo, de nouvelles têtes, un volontarisme tourné vers l'ouverture. Premier succès : une salle pleine pour cette première sortie. Pêle-mêle, on notera la présence d'Olivier Ferrand, président de Terra Nova, Gilles Finchelstein, président de la Fondation Jean Jaurès, Jean-Pierre Azéma, Sophie Wahnich, Daniel Lindenberg, Philippe Bataille, Rémi Lefebvre, Robert Castel, etc.
Car c'est bien connu : le PS s'est depuis un certain temps déjà coupé des intellectuels. L'expérience du pouvoir et le glissement de celui-ci vers les cabinets ministériels, l'approche gestionnaire des problèmes publics, la notabilisation du parti, tout cela a contribué à creuser un fossé entre Solférino et les universitaires, chercheurs ou autres experts. On les invitait bien de temps à autre, à l'Université d'été de La Rochelle notamment. Mais la portée de leurs propos ne franchissait que rarement la clôture de telle conférence ou de tel colloque. Le PS s'est "désintellectualisé" dira, lors de cette réunion, Jean Le Garrec. Mais les intellectuels, de leur coté, se sont aussi dépolitisés, désidéologisés.
Alors, pour remédier à tout cela, pour renouer le fil, la nouvelle direction du PS, sous la houlette de Martine Aubry, a lancé le Laboratoire des idées. Mais attention, nous dit Christian Paul, il ne s'agit pas là d'un énième think tank de gauche, mais d'un "hub", très simplement. C'est-à-dire, pour reprendre les termes d'un intervenant, d'un "receptacle, sur le mode d'un percolateur". Avec un double mot d'ordre : ouverture sur la société civile de gauche, au-delà des frontières du PS, et faire le lien entre le terrain et les idées.
Plusieurs groupes de travail sont déjà en place, comme "Crises et changement du modèle de développement" ou "Civilisation numérique". Nombre de participants n'ont pas manqué, après la présentation liminaire, de souligner l'absence de tel ou tel thème, pourtant au cœur de ce qu'est le socialisme : le travail, l'inégalité, les rapports Nord/Sud, mais aussi l'entreprise, les relations du PS avec les syndicats, etc. Mais là ne résident pas les vraies problématiques qui se posent au Lab, celui-ci étant voué par ailleurs à s'agrandir à de nouveaux groupes de travail pour compléter son offre thématique.
3 commentaires
jean fravar
La rédaction
C'est ce qui justifie un compte-rendu de lancement d'une telle plateforme, de même que nous suivons le lancement du club de réflexion de Jean-François Kahn et beaucoup autres think tanks, revues, etc.
Poil à gratter