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On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

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Internet du futur : esquisses
[vendredi 17 juillet 2009 - 10:00]

Le 20 mai dernier, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat chargé de la Prospective et du développement de l’économie numérique, lançait , une consultation publique sur l'Internet du futur. Censée se clore le 13 juillet, celle-ci s'achèvera finalement le 24 juillet. Il s'agira pour le gouvernement, à travers les réponses recueillies au questionnaire d'une douzaine de pages (29 avec les annexes), de réfléchir à "un plan d’actions destiné à positionner favorablement la France dans le développement de l’internet du Futur, et favoriser ainsi les retombées économiques et industrielles pour notre pays".

Des praticiens, et non des moindres ,  individualités ou membres de la Fing, de Silicon sentier et Isoc France se sont affranchis de ce cadre trop contraignant en publiant un "cahier des charges" de l'Internet de demain. Loin de se tenir à une liste de recommandations techniques, les auteurs s'attachent à présenter les enjeux dont sont porteuses les technologies du futur. Autrement dit, les réponses aux questions posées par l'évolution d'Internet  ne sont pas uniquement techniques, elles sont également affaire de choix, d'arbitrage, bref, politiques. Il convient donc de les mettre en perspective, ce que fait le texte qui s'articule autour de trois thèmes principaux : la tension entre l'efficience et l'universalité ; l'Internet des objets ; l'identité numérique. Parce que web n'est pas seulement l'affaire des geeks, mais l'affaire de tous.

 

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2 commentaires

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JFC Morfin

26/07/09 04:23
Dans son équilibre le commentaire de Philippe Gauthier est pertinent à une consultation publique en général. Elle ne correspond toutefois pas à la nature même de l'Internet, qui n'est pas une invention à développer mais un composant (l'aspect numérique) de l'écosystème relationnel humain à conduire à sa maturité. Il n'y a donc pas d'Internet du Futur, mais un internet au futur (puisque la loi utilise ce mot pour un élement non défini de la communication publique [et privée et des services] en ligne). La question qui se pose est donc effectivement celle de la bonne gestion des deniers publics pour aider cette croissance, mais aussi de tout ce que peut apporter l'Etat en terme de moyens pratiques, de notoriété de projets, d'orientation sociétale, etc. Pour le reste il est très regrettable que le questionnaire fasse une confusion entre l'internet et ses applications et ne fasse même pas allusion aux deux textes fondamentaux qui définissent comment l'internet réel (pas du Futur) d'aujourd'hui et qui prend tous les jours des options techniques graves sur le futur est construit (RFC 3935 mission de l'IETF et nature de la technologie qu'elle developpe) et les problèmes que cette construction rencontre techniquement du fait de la non-participation des Etats et des nécessités de l'internet au futur (RFC 3869 de l'IAB).

Il est bien de vouloir refaire le monde en français (et c'est techniquement ce qui doit se faire si nous voulons réellement faire progresser la communication publique et privée et les services en ligne mondiaux), mais la manière la plus efficace est peut-être de se préoccuper comment le monde se fait et en quoi la France peut apporter une contribution qui lui soit favorable, au lieu de s'ignorer ou de se combattre elle-même.
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pgautier

19/07/09 11:06
Tout comme la Commission Européenne, le gouvernement Français cherche ici à se projeter dans le long terme pour définir une politique d’accompagnement : en lançant cette consultation il est dans son rôle, qui pourrait le lui reprocher ?...
Cependant, compte tenu du sujet éminemment complexe (Internet), cette démarche consultative – dans sa formulation - n’est-elle pas ambigüe ?
En réfléchissant à ce sujet, j'identifie deux types de réponses possibles :
1)
La première (« gourou ») consiste à développer des visions de l’Internet du futur et, moyennant un «gap analysis», déduire les axes à développer en matière de R&D, investissements, positionnement, formation, etc.
Cette réponse est celle qui, d’ordinaire, préside au pilotage des politiques en matière de R&D des grands états, on la retrouve plus rarement dans l’élaboration des stratégies industrielles des acteurs économiques (plus pragmatiques).
Elle est utile en matière de recherche fondamentale (horizon >5 ans), peu efficace en recherche appliquée (horizon 2-5 ans) et «hors sujet» en deçà de ces délais.
Ce contexte est souvent propice à l’expression initiale des «gourous» qui disposent de la «vision du futur» (ou de bons appuis politiques) et nécessite de parier sur le futur.
L’histoire nous enseigne que la majorité de ces prédictions sont souvent réfutées par la suite…
Les réponses jugées les plus pertinentes (ou les mieux soutenues) sont alors utilisées comme objectifs et la politique mise en œuvre s’attache à définir les réponses – souvent normalisées ou standardisées - permettant de passer des «savoirs et moyens existants» aux «projections retenues comme objectifs».
Cette approche peut brider la créativité de certains concepteurs mais permet à tout un écosystème (officines de R&D, grands acteurs économiques, spécialistes du lobbying, associations, organismes de normalisation, etc.) de prospérer et (sur)vivre.
Elle occulte néanmoins une réalité souvent observée : celle de l’émergence d’innovations latentes qui créent des ruptures et se traduisent – dans le secteur marchand – par des success stories et des «standards de fait» (je ne donnerai pas de noms).
Je cite pour l’exemple l’analogie suivante : «Un enfant naît en 1950. Ses parents prédisent qu’il voudra devenir écrivain. Ils mettent donc tout en œuvre pour améliorer les moyens existants : stylo encre, papier, etc. En 1978, l’ordinateur se généralise et, qui plus est, l’enfant préfère danser plutôt qu’écrire des romans…»
2)
La seconde, plus pragmatique, consiste à faire observer par des experts objectifs les développements déjà engagés par les acteurs de l’Internet (acteurs directs et indirects).
En fonction de la pertinence de ces développements et selon un constat « a posteriori » (et non « a priori »), il s’agit donc de verser des aides adaptées (déconnectées de tout clientélisme ou lobbying) et se référant à une grille de lecture faisant référence (système de valeurs communes).
Il ne s’agit là que de favoriser des évolutions « systémiques » (ou Darwiniennes) de sélection et d’auto-organisation naturelles : les idées inadaptées ou farfelues disparaissant d’elles-mêmes.
Cette réponse (approche) est plus axée sur les écosystèmes relatifs à l’entrepreneuriat et un peu moins sur ceux qui relèvent de la « voyance ».
En parallèle, la question à poser n’est pas :
« Que deviendra l’Internet dans X années » ?
Mais :
« Comment, en avançant, nous allons identifier les bonnes opportunités et gérer la cohésion d’ensemble (sécurité, déontologie, …) » ?
Pour les lecteurs empreints de « systémique », la question est donc « comment allons-nous piloter (gérer, assister…) l’auto-développement de l’Internet » ?
Je reprends, pour l’exemple, l’analogie suivante : « Comment – en tant que parents – allons-nous piloter (assister) le développement de notre enfant ? Quelles valeurs allons-nous lui transmettre ? Comment allons-nous développer ses capacité d’adaptation ?, … »
Notre objectif est en effet de l’autonomiser afin pour qu’il puisse donner, une fois adulte, le meilleur de lui-même…
Philippe GAUTIER (www.business2any.com)

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