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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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CNL
Éléments pour une appréhension globale du phénomène migratoire
[vendredi 22 mai 2009 - 00:00]
Afrique-Maghreb
Couverture ouvrage
Le Sénégal des migrations. Mobilités, identités et sociétés
Momar-Coumba Diop
Éditeur : Karthala
440 pages
Résumé : Des regards fort instructifs sur les migrations au Sénégal dans un ouvrage collectif qui brise plus d’une idée reçue.
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Cet ouvrage est bâti autour de trois études dont l’objectif était de promouvoir le rôle des migrants dans le développement urbain et l’habitat au Sénégal. Les contributions – au nombre de quatorze – auraient pu faire perdre à l’ensemble sa cohérence mais sous la direction de Momar-Coumba Diop, l’unité a pu être conservée. La sociologie, l’anthropologie, la psychologie, l’économie et les études du développement ont été mises à profit pour saisir le processus migratoire au Sénégal sur plusieurs échelles et espaces. À noter que l’ouvrage a fait l’objet d’une gestion éditoriale tripartite assez originale entre les éditions Karthala, l’ONU-Habitat commanditaire des études et le Centre de recherche sur les politiques sociales (CREPOS) de Dakar. Quant au contenu proprement dit, Le Sénégal des migrations fait figure de contribution importante dans l’étude pluridisciplinaire du phénomène migratoire.


Les différentes facettes du phénomène migratoire au Sénégal

Le Sénégal des migrations prend à rebours les études centrées sur le pays d’installation et la diaspora en ce qu’il s’intéresse délibérément aux migrations en tant que phénomène social, économique et symbolique qui interconnecte des univers, des ressources, des individus et des communautés dans les espaces de départ, de transit et d’arrivée, pour autant qu’un point d’arrivée puisse être identifié. Exit également le présupposé que migration rime avec international (ou transnational dans le cas de l’"insertion simultanée des migrants dans plusieurs sociétés"), même si cet aspect existe et demeure important.

Le phénomène migratoire est ainsi replacé dans son contexte et les différentes contributions appréhendent le Sénégal : 1) comme pays d’arrivée d’une migration sous-régionale (Maliens, Guinéens, Mauritaniens, etc.) ou internationale (Chinois, Libanais, Français, etc.) ; 2) comme pays d’émigration (historiquement vers l’Afrique occidentale puis centrale, ensuite vers l’Europe méditerranéenne et de plus en plus dernièrement vers l’Amérique du Nord) ; 3) enfin comme espace de transit en vue d’une progression future.

L’intérêt pour les migrations internes, de l’intérieur du pays vers les villes côtières et singulièrement vers Dakar, est particulièrement instructif même si en l’occurrence la notion de "circulation", peu convoquée, aurait pu ici utilement compléter celle de "migration". Autre petit détail dommageable, l’évocation de ces mouvements régionaux n’est malheureusement pas replacée dans le cadre de la Grande Sénégambie précoloniale, ce qui aurait contribué à donner un point de vue pertinent et une profondeur historique au phénomène migratoire du pays.


Ce qui peut se cacher derrière le fameux "désir d’ailleurs"

Le fait important demeure cependant que les migrations sont ici décrites comme un processus dont le terme ne semble nulle part identifiable. Cette caractéristique est reflétée par les déterminants que les différentes contributions attribuent au "désir d’ailleurs".

Il est par exemple montré par des études statistiques que les ménages qui envoient certains de leurs membres à l’étranger ne sont pas les plus démunis car le projet de migration nécessite la mobilisation de ressources financières et sociales conséquentes.

Même le phénomène récent des pirogues "clandestines" montre que le montant déboursé pour la traversée est important, d’où l’émergence d’une classe de "promoteurs en immigration piroguière" de moins en moins informés et compétents mais qui font des affaires en or sur cette niche d’activité.

Titre du livre : Le Sénégal des migrations. Mobilités, identités et sociétés
Auteur : Momar-Coumba Diop
Éditeur : Karthala
Date de publication : 05/05/09
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