On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.
Le second élément intéressant abordé dans cet entretien est la spécificité biographique et intellectuelle de Mike Davis, mainte fois évoquée déjà, mais qui rappelle le capital sympathie dont il jouit. Fils de prolétaire made in USA, vivant avec une mexicaine "sans-papier", impliqué très vite dans les mouvements des droits civiques et dans le combat syndical, cet universitaire atypique a découvert à Tijuana durant son adolescence la tradition critique marxiste. Ce cheminement intellectuel si particulier rappelé par Davis a deux conséquences majeures.
Tout d’abord, une sincère modestie transparaît dans ses propos, et même la conscience d’une certaine illégitimité dans le monde universitaire ; il se qualifie en effet d’ "usurpateur", et admet qu’il est "surpayé à mener une existence très facile". En second lieu, Davis se qualifie de "révolutionnaire professionnel", ce qui se traduit par son implication dans la mouvance d’extrême gauche états-unienne. Mais surtout, sa fidélité aux thèses marxistes, présentes dans l’ensemble de ces ouvrages, est quasi-religieuse, et l’image qu’il se donne, en "Paul sur son demain de Damas", finit de nous convaincre quant à la dimension profondément militante de Davis. Malheureusement, cet aspect essentiel n’est abordé par les auteurs de cet article qu’en termes positifs, ou au mieux comme une spécificité qui romprait avec la neutralité universitaire. Pourtant de nombreux questionnement épistémologiques, méthodologique et plus généralement intellectuels auraient du être soulevés au cours de cet entretien![]()
* "Peurs sur la ville", entretien avec Mike Davis, par Joseph Confavreux, Mathieu Potte-Bonneville et Remy Toulouse, revue Vacarme n°46, hiver 2009.
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9 commentaires
Mathieu Fonvieille
Pour répondre à la corrosive remarque du premier commentaire, je n'ai jamais parler d'un auteur et d'un public comme des"moutons marxistes". Le titre, si vous aviez pris la peine de vous renseigner, est un détournement de l'intitulé originel de Blade Runner de Philip K. Dick. Or Davis a toujours revendiqué sa filiation esthétique et prospective d'avec le film de Ridley Scott.
Je n'ai utilisé le terme "marxistes" que dans l'optique de souligner la dimension hautement militante et politique des ouvages de Davis.
Ce n'est donc en aucune façon un jugement de valeur!
Que savez vous d'ailleurs de mes opinions politiques cher lecteur?
Concernant Davis je pense connaitre suffisamment l'ensemble de sa bibliographie et des incessantes remarques qui lui sont faites, et ce à juste titre.
Enfin pour répondre au dernier commentaire : j'ai la vague impression que vous n'avez retenu que la dernière assertion de mon article. C'est bien dommage car il résume en réalité, certes de manière un peu lapidaire mais c'est lié aux contraires formelles de l'exercice, l'ensemble des critiques formulées tout au long de mon article sous forme notamment d'interrogations.
Au final, j'ai bel et bien l'impression à la lecture de vos commentaires que Davis et son propos, de par le capital symbolique dont il jouit, constituent des "totems" intellectuels qui occultent des travaux bien plus sérieux.
Bien à vous,
Mathieu Fonvieille
35229
cyril
benadeb
Mike Davis n'a pas de lecteurs. Pas de lecteurs éventuellement critiques, agacés ici par des raccourcis, réjouis là, par la valeur heuristique singulière d'une pensée "polyphonique". Mike Davis n'aurait qu'un "public" …moutonnant.
Quand cesserez-vous donc de bêler Monsieur ?