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critique à nonfiction.fr

La phrase

Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 

Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.

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Mike Davis et son public rêvent-il de moutons marxistes ?
[vendredi 27 mars 2009 - 09:00]
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Est-il encore nécessaire de présenter l’iconoclaste Mike Davis ? Figure intellectuelle hybride à la croisée des sciences sociales et du militantisme trotskiste, cet empêcheur d’enclaver et de militariser à tout va nos existences urbaines est de nouveau sollicité par de nombreuses revues, avec pour ambition de présenter son dernier ouvrage, Les paradis infernaux. Récemment, c’est la revue Vacarme qui nous propose un entretien de l’auteur de City of Quartz. Disons le tout de go, l’article "peur sur la ville" est intéressant non pas en raison des informations nouvelles sur Mike Davis, mais dans la mesure où il est révélateur de la bienveillance et du capital symbolique dont il jouit.

Dès l’introduction, c’est la tonalité très complaisante à l’égard de l’inclassable professeur de l’université de Californie qui pose problème. En effet, le portrait dressé est profondément laudateur, mettant en avant pêle-mêle le diagnostic avant coureur des émeutes de 1992, l’érudition pluridisciplinaire de ce "chercheur", dont les ouvrages font "autorité". Quid des nombreuses critiques formulées par le monde universitaire spécialiste des questions qu’il aborde ? De la réception très mitigée des Paradis infernaux ? De sa conception si particulière des recherches, au service du militantisme, bien loin d’une quelconque neutralité axiologique ? L’entretien proprement dit modifie à peine la gêne provoquée dès l’introduction. Au niveau formel, les très longues réponses de Davis, sans rebondissement de la part des journalistes, étonnent ; ce qui pousse à nous interroger sur les conditions dans lesquelles a été réalisé cet entretien. On peut émettre l’hypothèse qu’aux yeux de ces interlocuteurs, Mike Davis fait suffisamment "autorité" pour ne pas voir questionner ses propos. D’ailleurs, son dernier ouvrage, Les paradis infernaux, n’est qu’à peine esquissé, et constitue le plus court passage de l’entretien : signe de la volonté de ne pas froisser un auteur sympathique ?

Évoquons à présent les thématiques chères à Davis qui émergent de cet entretien. À propos du continent américain, il rappelle à ses interlocuteurs l’importance de la militarisation de la frontière mexamericaine et de la chasse aux migrants comme une conséquence de l’après 11 septembre. Mais c’est surtout l’expansion des bidonvilles à l’échelle planétaire et ses nouvelles logiques sociales et urbaines qui l’interpellent : économie informelle, croissance des violences interethniques, structuration de l’espace par les gangs et surtout possibilité de mettre à mal l’économie-monde par le blocage des villes.  Et c’est peut-être le thème de la "ville vulnérable" qui est le plus intéressant. Malgré les politiques urbaines ultra-sécuritaires et le réflexe obsidional des classes dominantes s’enfermant dans leur "zone verte", la violence, et surtout son expression paroxystique qu’est le terrorisme, pourrait renverser les villes mondiales et avec elles le système économique mondialisé. Un discours alarmiste donc, mais habituel.

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9 commentaires

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Rudi

03/05/10 00:19
Cet article est un magnifique exemple de "deplacement" du debat pour au final simplement calomnier.
Je connais peu l'oeuvre de Davis, je ne vais donc pas la defendre ici. Simplement faire remarquer que l'auteur de l'article n'explique absolument rien de cette oeuvre, mais "allume" Davis, ce qui etait visiblement son unique but. Donc lecteur, voici un article qui t'explique qu'un certain Mike Davis, dont tu ne connaitras rien des analyses qui l'ont rendu celebre, est un "totem" intellectuel, son seul crime aux yeux de l'auteur de l'article semblant bien etre son marxisme et son militantisme.
Le milieu universitaire est tombe decidement bien bas, et le temps des intellectuels militants a la Sartre ou Bourdieu est bien loin. Ca sent la frilosite, la bien-pensance et depolitisation.
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Anonyme

05/06/09 10:41
j'apprécie beaucoup l'auteur mais aussi sa critique (enfin celle de l'article)

"le mur de berlin est il tombé ?"
assez étonnant que certains se complaise encore dans ce genre d'analyse; je vous recommande la critique la plus pertinente du communisme jamais faite
(par marx lui meme d'ailleurs amusant) en 3 pages.
manuscrits economiques et philosophiques 1844; editions sociales, chap 3 proprieté et communisme, disponible gratuitement sur le web
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Au pays des bisounours avec Da

22/05/09 09:37
Le Mur de Berlin est-il tombé ? A-t-on fait le bilan de communisme ? Il semblerait que non puisque des types comme Davis jouissent d'attitudes fort complaisantes à leur endroit, malgré l'abjection de leur idéologie. Un peu comme notre facteur totalitaire de Neuilly invité chez le gentil Mimi Drucker pour y exposer sa Haine de classe, comme si de rien n'était... Au passage, il faut tout de même préciser que Vacarme est un torchon d'extrême gauche (désolé pour le pléonasme).
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Prairies Ordinaires

28/03/09 13:12
Le ton laudateur / complaisant de l'entretien paru dans Vacarme ne résulte-t-il pas, tout simplement, du fait qu'il a notamment été conduit par son éditeur français ?
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Voigh-Kampf

28/03/09 13:00
Nietzsche a écrit des choses intéressantes sur la tendance à interpréter toute forme d'admiration comme de la complaisance, ou l'ironie vis-à-vis de soi comme un aveu de faiblesse académique (Ainsi parlait Zarathoustra, passim) ; mort trop tôt, il n'a par contre rien écrit sur les personnes qui éprouvent le besoin de mettre des guillemets à "sans-papiers". C'est à ce genre de détails qu'on s'aperçoit combien les grands auteurs nous manquent.

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